‹ Le socialisme moderneChapitre 14 sur 35 · LE PATRON EXPLOITE-T-IL L'OUVRIER · texte numérisé non relu

LE PATRON EXPLOITE-T-IL L'OUVRIER

mets que vous en sortirez sain et sauf. Mais comme il y a des gens à Tesprit paresseux, les agitateurs ont maintenu, à côté de la démonstration scientifique qu'on trouvera dans le chapitre suivant, une autre argumentation, facile à comprendre, celle-là.

On se borne à dire aux gens naïfs que les patrons exploitent les ouvriers en les faisant travailler beaucoup d'heures pour peu d'argent, et que les ouvriers sont forcés de se soumettre, car ils sont affamés et doivent nourrir leurs femmes et leurs enfants.

On donne même à entendre que, s'ils n'acceptaient pas le travail tout de suite, demain ils seraient morts et enterrés.

Or cet argument ne résiste pas à l'objection des grèves. Puisqu'ils font facilement grève, les ouvriers ne sont pas si affamés que cela. La réfutation est complète. Ajoutons que bon nombre d'ouvriers ont des économies à la caisse d'épargne. Tous les célibataires devraient en avoir, car ils le peuvent, c'est reconnu par les socialistes les plus avancés. Oui, reconnu. En effet, les socialistes disent

que l'ouvrier ne peut pas faire des économies, car il ne gagne que juste de quoi vivre avec sa famille et d'élever ses enfants. Ils ajoutent : « Il faut bien que son salaire suffise à Tentretien d'une famille, car sans cela la classe ouvrière serait bientôt éteinte; il n'y aurait plus de travailleur manuel ». L'ouvrier, cependant, ne vient pas au monde tout marié, il reste, devenu adulte, pendant quelques années célibataire, et pendant ces années il peut et doit mettre de côté, ou il manque à ses devoirs envers lui et les siens,... envers sa profession et sa patrie.

Et l'ouvrier économise en effet, il peut se marier et il se multiplie visiblement. L'argument de la misère n'est donc qu'une machine de guerre peu efficace, c'est unepoudre avec beaucoup de fumée et peu de force.

Nous allons maintenant aborder les arguments scientifiques, ils ne manquent pas d'ingéniosité; mais quelle est leur valeur réelle?

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