LES SALAIRES ET LE SOCIALISME
guer, car on ne pourra rien mettre de côté, comme on le fait fréquemment de nos jours : le gouvernement socialiste ne le permettrait pas, ou il s'arrangera pour que le travailleur économe n'en profite pas.
Ce serait donc le « salariat » sans compensation, le salariat à perpétuité, le salariat avec rinscription qui, selon le Dante, se lit sur les portes de l'enfer * :
Laisse derrière toi tout espoir de t'élevcr audessus de ta position.
Oui, voilà ce qu'offrirait le socialisme, s'il pouvait s'établir. Il aurait contre lui d'abord les plus capables et les plus vigoureux, les plus entreprenants, les plus raisonnables, et bientôt tout le monde. Ce qui est contre la nature des choses ne peut pas durer.
Certains socialistes semblent croire qu'ils peuvent braver la nature, des choses qt
1. Le Dante a écrit en italien {Laêciatc.y etc.), maiâ comme Tenfer reçoit des gens de tous les pays, je suppose que chacun lit l'inscription dans sa langue; je me suis donc permis de la traduire librement en français»
qu'ils n'ont pas besoin d'agencer les causes pour obtenir les effets. Nous avons vu qu'ils prétendent payer une heure de travail à un taux fixe, sans tenir compte de la qualité du travail. Et pourtant ils parlent de réduire la journée, d'abord à huit heures et ensuite à moins, quatre heures, trois heures, deux heures, cela dépend de l'imagination de l'auteur. Si l'on réduit le nombre des heures, on ne veut pas en tirer la conséquence raisonnable : qu'il faut diminuer les salaires en proportion. Non, on prétend les augmenter encore. On peut écrire sur le papier ce que Ton veut, mais réaliser une utopie, c'est tout autre chose. On sait que les utopies ne se réalisent pas. Or, le patron ne peut pas donner pour une heure de travail plus que Theure ne lui rapporte.
Tous les jours, et dans toutes les professions, les ouvriers ont l'occasion de constater que le salaire est proportionnel au résultat du travail — il l'est souvent très exactement, d'autres fois par à peu près, -—