‹ Le socialisme moderneChapitre 30 sur 35 · LES SALAIBES ET LE SOCIALISME · texte numérisé non relu

LES SALAIBES ET LE SOCIALISME

mais il est évident que le patron ne peut pas donner à l'ouvrier plus qu'il ne reçoit luimême du consommateur. On ne peut pas produire en huit heures autant qu en dix.

Et si Ton disait : Le patron n'a qu'à élever de 25 pour 100 le prix des produits, on aurait le droit de demander : Le consommateur consentirait-il à payer autant? Ses moyens le lui permettraient-ils? On rappellerait à cette occasion que l'ouvrier aussi est consommateur, et qu'il ne gagnerait rien à voir monter ses salaires, si le prix do tous les objets montait en même temps.

D'autres raisonnements socialistes sont tout aussi... singuliers. Voyez cette manifestation du V^ mai : quel rapport y a-t-il entre le chômage de ce jour, la promenade dans les rues qui se termine par un ban* quet au cabaret, avec la journée de huit heures? Est-ce qu'en faisant des dépenses inutiles — et si mal placées! — les ouvriers prétendent prouver qu'ils ne gagnent pas assez? Ce serait une jolie preuve! Comment

s'appelle la maison où on l'a inventée? —

Peut-être Cbarenton. — Veulent-ils seulement montrer que leurs chefs ou meneurs ont une grande inQuence sur eux et peuvent les induire à faire des folies? Je ne vois pas trop qu'il soit si méritoire de jouer aux moutons de Panurge qui, si Ton m'a dit la vérité, suivent toujours ceux qui sont devant eux, même à travers les haies où ils laissent leur laine. Et le premier? Etaitce vraiment un mouton... ou un loup qui s'était affublé de la peau d'une de ces bonnes bètes?

En résumé, si tout n'est pas pour le mieux dans le monde actuel, ce qu'on nous offre pour le remplacer est encore pire, et entre deux maux l'humanité a toujours choisi le moindre.

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