fr
La situation financière et locale, dans les pays où s'est implanté le socialisme municipal, n*a rien de brillant ; elle se trouve, de plus en plus, obérée.
Dans son beau livre sur VEtat moderne et ses fonctions, M. Paul Leroy-Beaulieu a mis en relief la progression des budgets communaux, dans le Royaume Uni, « qui ne mérite plus, dit-il, son renom d'être l'adversaire de l'intrusion gouvernementale »
Années Sommes perçues
1868. . . 913 millions
1873. .. 1.025 » dont 337 par l'emprunt
D'après lord Avebury (op. cit.), de 1894 à 1900, les dettes communales ont subi un accroissement redoutable ; elles s'élèvent à plus de 6 milliards.
M. Montet (op. cit.) arrive, pour 1897, à 6.300.000.000 de francs. V., aussi, Journal des économistes, n° de juin 1896, étude de M. François, sur le socialisme municipal, en Angleterre, d'après M. Sydney Webb (article paru dans ÏAnnual of the coopérative Society ,1896). M. François donne un chiffre plus élevé que celui de lord Avebury : 300 millions de livres, soit 7 milliards 1/2.
L'étude de M. Kàhler, sur les dettes communales, en Prusse, tend à établir que l'accroissement survenu n'a point été corrélatif au progrès du socialisme municipal, mais à. l'extension des villes et aux besoins des services édilitaires. Mais, il faudrait savoir si les mesures prises ont été réalisées, dans des formes et conditions susceptibles d'obtenir les résultats poursuivis, en conciliant l'économie avec la qualité des ouvrages.
Aucune ventilation n'est faite, entre les prix de revient, suivant que les cités ont procédé à des travaux avec concurrence et publicité ou en régie ; de sorte qu'on ne saurait se rendre compte de la manière dont le mode d'exécution a réfléchi sur les dépenses faites. Sans doute, pour établir un parallèle exact et suggestif, il serait nécessaire d'entrer dans certains détails ; mais le nombre des éléments de comparaison ne serait pas élevé : le prix de la main-d'œuvre et des matériaux suffirait, pour donner un aperçu des conséquences financières de la gestion directe opposée à l'entreprise normale.
M. Montet {op. cit.) objecte, à la vérité, que l'endettement des communes, en France, où la loi et la jurisprudence ne favorisent pas le socialisme municipal, a suivi une marche aussi rapide qu'à l'étranger, dans les pays où le systèmes de régies officielles s'est implanté ; les chiffres relevés, dans la Situation financière des communes, sont, en eflet, peu rassurants ; nous avons fait distraction de la part qui incombe à la Ville de Paris,
car elle jette une certaine équivoque dans les résultats d'ensemble :
341 millions.
mr
Les dettes de Paris sont ainsi énoncées, par le ministre de l'intérieur :
343 millions (on devait réellement plus de 500 millions).
1 .426 millions (insuffisance de plus d'un milliard ; v. notre Histoire de P administration parisienne au xix* siècle).