‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 3 sur 222 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

ques, dépouillèrent les droits individuels, pour accaparer une partie de la vigueur et de l'utilité qu'ils possèdent, n'aperçurent point les conséquences logiques de leurs agissements ; ils n'eurent aucunement conscience delà force afférente à des précédents inspirés, à la fois, par la rudesse et la naïveté des esprits. Non pas que les apôtres du socialisme veuillent se réclamer des traditions, car ce sérail perdre le prestige et l'attrait de la nouveauté, faire évanouir l'illusion du progrès, aller à rencontre de la pensée maîtresse, qui consiste, chez eux, à prendre, autant que possible, le cootre-pied des maximes établies, pour fixer les rapports de l'individu avec ses semblables. Malgré tout, les prétendus novateurs cherchent, par instinct, dans certains errements d'un régime qu'ils réputent mauvais, des raisons de décider en faveur de leur thèse.

Indiquer les formes qu'a revêtues, dans le passé, l'intervention illégitime des municipalités, en matière économique; décrire les vestiges qu'elle a laissés; énumérer les accroissements qu'elle a reçus, c'est, croyons-nous, la plus sûre manière d'expliquer l'entraînement et le vertige qui se sont emparés d'une foule d'assemblées communales, qu'un désir de popularité a fait verser dans les spéculations du négoce.

En tête de son ouvrage, couronné par l'Académie des sciences morales et politiques, sur le rôle de l'Etat, en matière économique, Alfred Jourdan disait, avec juste raison : « L'économie politique n'est-elle pas la philosophie de Vindustrie humaine ? Et l'histoire n'est-elle pas, pour l'économie politique, ce que sont, pour les sciences naturelles, l'observation et l'expérimentation ? »

Aussi a-t-il paru convenable d'accorder aux faits plus de place qu'aux raisonnements, car, à notre époque, les esprits prétendent être « positifs » et ne s'inclinent que devant des preuves tangibles; chacun croit désirer l'amélioration de la société; en s'attachant à démontrer que des systèmes préconisés, comme nouveaux, ingénieux et bienfaisants, sont rétrogrades et nuisibles, n'est-ce pas servir pratiquement la cause du véritable progrès ?

Il y a donc accomplissement d'un devoir, dans l'essai tenté, pour désabuser ceux que l'illusion du bien entraîne, trop souvent, hors des voies qui conduisent à la découverte du vrai.

En terminant ces explications préliminaires, il

paraît nécessaire de prévenir une objection, sur le

choix des éléments mis en œuvre, dans le présent

ouvrage.

Pour que des municipalités interviennent, dans

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