CONCLUSIONS
Si, au point de vue révolutionnaire, il est vrai que le syndicat et la commune sont les deux cellules, les deux éléments alvéolaires de la société nouvelle en voie de formation, il faut dans le double intérêt de Tentente du syndicalisme et du socialisme, il faut que nous marchions à la conquête des communes.
Si, au point de vue politique, il est vrai que l'intérêt général exige une meilleure composition du grand conseil des communes de France, afin que l'on ne voie plus s y renouveler le scandale du rejet de la régie directe du gaz à Paris et rhypocrite ajournement de toutes les réformes, — il est utile qu'à la veille des élections sénatoriales, des élections socialistes dans les^ communes augmentent considérablement le nombre des électeurs sénatoriaux socialistes.
Si, au point de vue économique et social, il est .vrai que les dettes sociales de la commune augmentent, dont quelques-unes par le fait même des obligations d'assistance et autres imposées par l'Etat, il est nécessaire d'augmenter les res-
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sources des communes et de les doter d*un outillage industriel et commercial qui soit productif de recettes .
Il est donc nécessaire qu'il y ait des conseils municipaux socialistes qui ne sachent pas seulement administrer avec fruit et dans un large esprit social, mais qui veuillent sérieusement et non par velléités éphémères, qui veuillent augmenter leurs attributions de gestion, et aient au besoin la volonté et la ténacité de lutter contre les résistances du Conseil d'Etat ou du gouvernement, et veuillent même se révolter.
Par exemple la loi de 1880 sur les moyens de transport a prévu la possibilité de régies municipales. Il convient de les exiger des pouvoirs publics, fût-ce par des délibérations négatives, par une sorte de grève d'indications sur tout régime de concession... Il n'y a qu'à demander simplement, quand il y a lieu, la concession directe au Ministre des Travaux publics, et se refuser ensuite à toute tractation avec qui que ce soit. — Il faudra un emprunt, dira-t*on. Eh bien, un emprunt gagé sur le rendement de l'exploitation ne doit pas, avec de la bonne foi, être plus difficile à obtenir que l'emprunt de Paris pour construire le Métropolitain, ou tel emprunt pour établir un canal et qui a été gagé sur le futur paieijient des droits de péage .
Si le conseil municipal de Paris avait eu le courage, après le rejet de la régie du gaz par le
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Sénat, d'établir quand même cette régie, sans les facilités demandées par le projet de loi, qui donc aurait pu venir s'installer dans la fabrication et la répartition du gaz sans F autorisation du conseil municipal? L'on ne voit pas bien le gouvernement de Tex-autonomiste Clemenceau, envoyant des soldats garderies usines à gaz, et les mettant à la disposition de la finance qui aime les placements de tout repos. Si le conseil municipal n'avait capitulé, fatalement le gouvernement aurait fini par capituler et ordonné au préfet de se passer de l'avis conforme du Sénat.
Quoi qu'il en soit j il convient que le parti socialiste série bien les questions et que dans son programme municipal il mette chaque chose à sa place et définisse bien de qui exactement la réalisation dépend.
Là où la compétence est évidente et légale, c'est à-dire d'accord avec l'interprétation étroite du Conseil d'Etat, promesses fermes et obligation surveillée des élus afin que ces promesses soient rigoureusement tenues.
Là où la compétence et la légalité interprétée sont douteuses, simple promesse de lutte tenace.
Là où l'incompétence est pi»ovisoire, promesse de luttes encore et de collaboration parlementaire afin d'arracher aux pouvoirs publics des interprétations plus libérales, et au besoin demander aux Chambres des lois nouvelles .
Aux principes abandonnés du laisser-faire ot Veber 4
de la lutte pour la vie a succédé le concept de l'entente et de Taccord. Ainsi Têtre collectif se dresse de plus en plus au-dessus des individus. Ceux-ci conservent leur personnalité; mais ils sont confondus au sein d'une « unité organique » le syndicat et la cité, dont les services publics sont appelés à devenir croissants .
Le mouvement de la propriété publique s'avance comme un flot irrésistible. L'on connaît les nombreuses et fructueuses municipalisations de l'étranger. A notre tour de conquérir le droit au municipalisme socialiste.
Vive la commune sociale !