LES BUDGETS COMMUNAUX
Combien de fois n'entend-on pas dire que la conquête des communes n'est pas si désirable, à cause des restrictions légales et budgétaires, et par conséquent des désillusions fatales des électeurs !
Pensez un peu moins, citoyens, aux rêves d^avenir. Ou plus exactement, du moins au moment des élections municipales, parlez-en un peu moins en y pensant mieux. Dites à vos électeurs que le champ d'action de la commune s'agrandira à mesure que le Parlement sera plus socialiste et que le gouvernement, au lieu de les restreindre, étendra le plus possible les pouvoirs du conseil municipal. Mais ne promettez pas à vos électeurs plus que ne comportent les budgets actuels .
Indiquez -leur les ressources qu'amènerait une législation plus libérale, d'ailleurs prévisible après des élections socialistes. Mais cantonnez- vous sur le terrain municipal,et répétez sans cesse que, même en l'état actuel, il y a intérêt général et local à socialiser les conseils communaux.
Ingéniez-vous à montrer comment l'esprit socialiste pourrait ventiler les budgets actuels, et
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en mieux répartir les détails. Rappelez les exemples de Sain^Denis, de Saint-Ouen, de Dijon, de Lille, de Roubaix, etc.
Est-ce que partout des subsides de toute nature ne sont pas venus en plus grand nombre à la classe ouvrière, soit sous forme philanthropique, soit sous forme de subvention à divers organismes?
Estrce qu'ici Ton n'a pas créé des bourses d'instruction et d'éducation pour d'autres que des fils de bourgeois insuffisamment fortunés?
Est-ce qu'il est impossible d'imiter les exemples de Ferroul à Narbonne, ou de telle commune rurale du Cher ou des Ardennes, où les biens communaux ont été jalousement gardés, sinon augmentés, et organisés en propriété collective bienfaisante ?
Est-ce qu'ailleurs l'on ne devra pas supprimer les subventions accordées aux sociétés de gens riches qui pourraient s'en passer, ou à tel ouvroir clérical? Est-ce que ne l'on peut pas partout faire des économies, qui seraient reportées sur des crédits plus utiles ou plus secourables au pauvre monde?
Est-ce qu'une municipalité socialiste ne peut pas mettre bas l'octroi? Ou bien, si l'ambiance économique la force à le garder, est-ce que, du moins, elle ne peut pas reporter «ur les objets de luxe les taxes sur les denrées alimentaires ? et ^usi^ surveiller la fraude sur ces dernières?
Est-ce que, même avec nos lois ^lcomplètes, une commune socialiste n'aurait pas plus d'ac tion efficace contre les logements insalubres et en faveur des habitations à bon marché ?
Est-ce que dans les concessions, des socialistes ne seraient pas de sévères surveillants de Pexécution du cahier des charges ?
Est-ce que dans les adjudications, r— en dehors même du devoir d'arracher cette source de profits scandaleux à la rapacité des entrepreneurs, — les socialistes ne s'empresseraient pas de rechercher les malfaçons et de passer au crible ce gaspillage honteux des deniers publics ?
Sans même aller jusqu'à la régie directe des services publics, et jusqu'à l'exécution directe des travaux publics sous la direction d'architectes communaux, la nature et l'essence des cahiers des charges différeraient sensiblement avec des conseillers socialistes.
Est-ce que le dégrèvement des petits loyers ne serait pas autre avec une municipalité socialiste ?
Enfin une municipalité socialiste choisirait des répartiteurs socialistes et supprimerait ainsi quantité d'abus commis par certains contrôleurs des contributions, d'accord avec les vieux propriétaires, très bourgeoisants, que l'on choisit comme répartiteurs. Cette mesure fermerait la porte à des dégrèvements injustifiés et à de
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nombreux oublis qui se font journellement par camaraderie ou dans un intérêt de classe .
. Répétons la forte parole de Vaillant : « Il n'est pas une question que les délégués de la réaction, jusqu'ici maîtresse des budgets communaux, n'aient résolue pour les intérêts de la gent cléricale, nobiliaire et bourgeoise, qui ne puisse être résolue contre la bourgeoisie, contre l'oppresseur et le riche, pour le pauvre et l'opprimé. »
Bref, il n'y a pas une seule commune, si petite soit-elle, qui ne puisse faire un peu de socialisme : meilleur choix des répartiteurs, surveillance des travaux, suppression des prestations, etc., voire même songer à des mesures sociales sur l'approvisionnement.
Les grandes communes urbaines, ou les communes agglomérées de banlieue urbaine, peuvent viser plus haut et plus loin et ne pas s'interdire même la poursuite des grandes entreprises de gestion directe. Mais il est mi minimum de réalisation arssignable à toutes les communes au moins de moyenne importance. Nous citons pour mémoire :
Une ventilation économique et tendancieuse de tous les crédits budgétaires ; la révision des tarifs d'octroi dans un sens favorable aux consommations populaires, et, si possible, l'abolition totale de l'octroi au moyen de taxes de remplacement frappant la propriété, dont une atteignant la pro«
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gression sociale de la valeur vénale des. biens fonciers (cela est licite et fonctionne à Paris) ;
Organisation d'œuvres scolaires et post-scolai- Tes ; ■ ■ '
Régie de Tenlèvement des boues et d^ tout ce qui concerne la voirie ;
Suppression de toute concession de marché ou places ; régie des eaux, des abattoirs, des entrepôts, des bains, des lavoirs, des pompes funèbres.
Inaîiénabilité absolue des propriétés domaniales, et leur utilisation, même pour construction d'habitations municipales, les futurs loyers devant gager les dépenses d'établissement.
Bureaux de placement municipaux et, pour les entreprises livrées par concession ou adjudication, stricte application surveillée des décrets de
Usage de la double autorisation donnée aux conseils municipaux par les lois de finances de 1903 et de 1904, — de déduire i/io de la cote personnelle et mobilière par enfant, — et d'adopter un minimum de loyer fixe non imposable permettant de dégrever de la contribution personnelle et mobilière les petits loyers, pour en mettre la charge sur les loyers supérieurs.
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