XVIII PRÉFACE
que parfois nous reconnaissons que cetle ruine est réclamée par des aspirations vers une meilleure justice.
Par la morale nous rentrons en nous-mêmes et nous nous demandons quelles intentions supposent les actes auxquels nous avons rapporté la création soit de la nation, soit de la société. Le jugement moral est, le plus souvent, mêlé à des jugements esthétiques ; il ne saurait d'ailleurs exister sans ceux-ci, car il présuppose que toute activité a été provoquée par une détermination raisonnée i nous ne pouvons juger une œuvre qu'en nous l'appropriant et en nous demandant à quels principes nous aurions agi en la faisant.
L'homme d'Etat a besoin de trouver dans l'observation des phénomènes sociaux des systèmes susceptibles dVlrc considérés comme des expériences, sur lesquels il puisse s'appuyer pour justifier ses réformes et montrer li possibilité des résultats qu'il attend. Il ne suffit pas d'affirmer, par exemple, que la population se mettra en équilibre avec les subsistances, quel que soit le régime social existant ; il faut le prouver. Cette question de la population préoccupe beaucoup les Italiens (1) et M. Co- Jajanni Ta examinée fort longuement.
(il La Critica sociale a des tendances malthusiennes et elle a beaucoup répandu le livre de M. Kautsky sur la population, au<[iipl se réfère souvent notre auteur. M. Solari, le célèbre agronome catholique, a vivement critiqué cet ouvrage (Economat i e socioîogi di fronte ail ayricoltura, pp. 92-246;. et M. Ni lli ne lui accorde qu'une faible valeur scientifique (La population et le système social, p. 66. Giard et Brière éditeurs, Paris, 1897).