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PRÉFACE XIX

Je vais m'y arrèler, à mon lour, parce qu'il n'y a pas de sujet que les auteurs socialistes aient traité d'une manière plus superficielle. Ils ont proposé des solutions trop souvent absurdes, tel ce collaborateur de la Revue socialiste (I) qui espère que les femmes seront dans l'avenir peu fécondes parce qu'elles aimeront passionnément leurs maris ! M. Bebel (2) connaît des recettes culinaires qui sont propres à arrêter la natalité et qui sont pratiquées dans la vieille Bavière. On sait que Fourier a dépassé tous les autres utopistes par ses solutions extravagantes ; il comptait que sous le régime de l'Harmonie la vigueur exceptionnelle, la bonne chère, les mœurs phanérogames et l'exercice physique limiteraient la fécondité ; il nous apprend que les deux tiers des femmes pratiqueront le genre d'amour « qu'on trouva bien établi à Otahiti. » Proudhon avait donc le droit d'écrire dans les Contradictions économiques : « Le fouriérisme poursuit de tous ses vœux, de tous ses efforts, la prostitution intégrale. C'est tout le secret de la solution fouriériste du problème de la population ». Il paraît qu'il y avait aussi un cinquième moyen renouvelé des Grecs, car dans Y Avertissement aux propriétaires Proudhon avait dit : « Je sais que Fourier, qu'on n'accuse pourtant pas d'avoir eu des goûts socratiques, a étendu fort au delà des barrières accoutumées les relations amoureuses et que ses spéculations sur l'ana-

(1) Revue socialiste, juillet 1897, pp. 30-32.

(2) La femme dans le passé, le présent et V avenir ; trad. franc., p. 359. M. Nitti dit que M. Bebel a traité la question de la population avec « une excessive légèreté ?•

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