PRÉFACE VII
« division de la population suivant le degré de fortune » ; généralement on entend par classe un groupement de gens ayant une certaine solidarité. Il dit dans le XVIII Brumaire (1) que « la grande masse de la nation française est formée de l'addition de grandeurs de même nom, à peu près comme un sac de pommes de terre est formé de pommes de terre mises dans un sac » ; et il ajoute : « En tant qu'il n'existe qu'un lien local entre les petits paysans, que l'identité de leurs intérêts n'engendre parmi eux aucune solidarité, aucune association nationale, aucune organisation politique, ils ne forment pas de classe. » Cependant il parle de la classe des paysans comme d'un groupe susceptible d'avoir un représe?itant, placé au-dessus d'eux, qui donne satisfaction à certains intérêts communs. Au cours de lettres réunies sous le titre : Révolution et contre-révolution, il distingue dans l'Allemagne de 1848 cinq classes : noblesse féodale, bourgeoisie capitaliste, petite bourgeoisie, ouvriers, paysans ; — et à celte époque les groupes sociaux allemands étaient encore moins solidaires que ceux de France ; — dans la classe des paysans il sépare quatre parties: grands et moyens propriétaires occupant des salariés, petits propriétaires indépendants, fermiers de la noblesse féodale, travailleurs ruraux. Tl s'agit là d'une division analogue à celles qu'emploient tous les auteurs, qua id ils ont à étudier la constitution sociale d'un pays tant au point de vue juridique qu'au point de vue économique.
(ljTrad. lranç., p. 105 (Delory imprimeur, Lille* 1891)*