‹ Le Socialisme sans doctrinesChapitre 11 sur 86 · LB DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE · texte numérisé non relu

LB DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE

pourrait leur donner ce qu'ils réclament depuis longtemps : généralisation des tarifs protecteurs, en supprimant Texception de la Nouvelle-Oalles, généralisation des mesures contre le travail polynésien, en supprimant Texception du Queensland.

La Nouvelle-Zélande reste à part, et cet isolement fait mieux ressortir encore le caractère particulier de cette colonie, la plus avancée au point die vue démocratique et social.

L6 développement écoiioiiiique *.

Dans son ensemble TAustralasie est un pays d'affaires où les capitalistes viennent pour augmenter leur fortune

(1) Le service statistique de chaque colonie publie annuellement des tableaux statistiques {Statisiical Register) à l'usage du parlement.

On trouvera des renseignements plus commodément «t sous un format plus maniable dans les différents annuaires officiels, surtout : The S^ven ColQnies of Auslinlasia, publié à Sydney par M. T. A. Goghlan, chef du service statistique de Nouvelle-Galles ; The Wealth and Progress of New South Wales, public à Sydney par le même ; The New Zealand Officiai Year BooJe, publié à Wellington. par M. E. J. von Dadelszen, chef du service statistique de Nouvelle-Zélande. Ces trois annuaires sont excellents et réjçitliers.

The Viclovian Year Book publié à Melbourne par M. J. J. Fenton, chef du service statistique de Victoria, dernière édition, 1899 : The Handhook of Tasmania publié à Hobart par M. Johnson,. chef du service statistique de Tasmanie, "dernière édition, 1893, n'ont pas paru régulièrement chaque année jusqu'à présent.

Les autres colonies ne publient régulièrement que le Statisiical Register.

Le gouvernement de Sud-Australie a fait publier : G.-D. Woods, The province of South Australia^ Adélaïde, 1894. — Celui duQueensland a fait publier : Th. Weedon, Queensland Past and Présent, Brisbane, 1897, et une série de monographies intitulées : The Work and Wealth of Queensland, 1897; Picturesque Queensland; The Goldflelds of Queensland, 1897'99. Le gouvernement victorien a fait éditer un grand nombre de publications dont la plus intéressante est The Government Handhook of Victoria, publiée par le ministère de l'agriculture, Melbourne, 1898. Enfin le gouvernement de Nouvelle-

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et les ouvriers pour trouver un salaire plus élevé qu'en Europe. Même dans les lois démocratiques et ouvrières, on trouve souvent le sens de Tintérôt immédiat plus que le souci de préparer Tavenir. Ce n*est point de théories qu*est préoccupée la population de ce pays ; elle pense à l'exportation, à la rémunération du travail, et cette préoccupation constante domine d'un bout à l'autre l'histoire de l'Australasie. Aussi le développement économique de ce pays a-t-il commencé dès les débuts de la colonisation et a-t-il progressé avec une rapidité merveilleuse.

L'Australie est devenue le premier pays du monde pour la production de la laine. Cet article fournit la moitié de ses exportations. Depuis plusieurs années, on a appris à congeler la viande, les œufs, le beurre, le miel, de façon à les transporter jusqu'en Angleterre sans qu'ils perdent autre chose qu'une partie de leur saveur : cette industrie, née en Nouvelle-Zélande, se développe de plus en plus en Australie. Enfin le blé, le vin commencent à être produits en assez grande quantité (Sud-Australie, Victoria), pour pouvoir être exportés. La surface consacrée à l'élevage s'étend de plus en plus vers l'intérieur; celle des cultures a été poussée, grâce à des travaux d'irrigation, dans des régions qu'on croyait à jamais désertes.

La partie septentrionale du Queensland dont le climat est tropical, a des champs de canne à sucre. Mais les prin-

Galles a fait publier en anglais et en français, l'ouvrage intitulé : La Nouvelle-Galles du Sud, la colonie-mère des Aus traites, 1896, Sydney.

Parmi les annuaires publiés par des particuliers : The Year Book of Australia, Sydney ; Tke Australian Handbook {incorporating New- Zealandy Fiji and New-Guinea), Londres, ce dernier fait surtout à l'usage des commerçants et gens d'affaires.

LE DÉVELOPPEMKNT ÉCONOMIQUE 17

cipales ressources du pays sont les moutons, le bétail et les céréales introduits par des Européens. Sud-Australie, Tasmanie et Queensland sont restés presque entièrement agricoles.

Dans les autres colonies, l'industrie s'est développée à la suite de la première découverte des métaux précieux. La production de Tor avait baissé après 1867; mais elle a remonté en Victoria, et de nouveaux gisements ont été découverts récemment en Queensland et surtout en Australie occidentale. L'Australie produit aujourd'hui pour 230 millions dlor environ et vient sous ce rapport après les État-Unis et sur le même rang que le Transvaal. L'argent a été aussi récemment découvert en Nouvelle-Galles et Tasmanie. Près de 5 millions de tonnes de houille sont extraites chaque année principalement à Newcastle (Nouvelle-Galles). La Nouvelle-Zélande a, elle aussi, des gisements houillers. Une partie du combustible extrait est vendu aux navires, le reste consommé dans le pays. Des usines à vapeur ont commencé à s'installer pour la fabrication du suif, la filature, la métallurgie. Mais l'industrie ne s'est véritablement développée qu'autour de Melbourne, de Sydney et des villes néo-zélandaises. Les usines travaillent pour la consommation locale, mais ne suffisent pas à l'alimenter; leurs produits doivent être protégés par des droits de douane contre la concurrence anglaise et étrangère.

La population de TAustralasie est très peu dense. Victoria, la colonie la plus peuplée relativement à sa superficie n'a que 5 habitants au kilomètre carré, moins que le Haut- Gévaudan. Les campagnes surtout sont peu peuplées, car

MÉTIN. 2

la plus grande partie des habitants sont concentrés dçins les villes. C'est le cas des 3/5 de la population de Victoria. Melbourne, la plus grande cité de TAustralasie renferme presque les 2/5 de la population de la colonie. lia moitié au moins des habitants de la Nouvelle-Galles et de ceux de Sud-Australie, colonie pourtant agricole, vivent en agglomérations de plus de 5 000 habitants. Cette prédominance de l'élément urbain a beaucoup contribué à rendre l'Australasie de plus en plus démocratique, à mesure que le nombre des habitants augmentait.

Depuis 1871 la population de l'Australie s'est élevée de 1 600 000 habitants à 3 535 430, celle de la Tasmanie de 9» 000 à 182300, celle de la Nouvelle-Zélande de 256 000 à 756505. Pourtant l'immigration a beaucoup diminué. Du reste toutes les colonies, sauf Queensland, ont cessé de l'encourager aux frais de l'état. Les chiffres des immigrants sont devenus très irréguliers d'une année à l'autre. Ainsi, vers 1891, l'immigration devient presque nulle dans plusieurs colonies, surtout en Nouvelle-Zélande ; elle reprend ensuite, mais lentement. Dans ces dernières années, la seule colonie qui attire une masse d'étrangers est l'Australie occidentale, à cause de ses champs d'or ; sa population a triplé en dix ans. Victoria, au contraire, perd plus d'émigrants qu'elle n'en reçoit ; dans cette colonie l'excédent des départs sur les arrivées s'est élevé à 9 015 pour 1899-1900 : dans la même époque TAustralie tout entière n'a gagné que 7 335 habitants par immigration.

En même temps la proportion des naissances baisse dans toutes les colonies d'une manière continue. Queens-

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land qui vient en tête de liste est tombé de 37>15 naissances pour 1000 habitants en 1890 à 27,31 en 1900. La Nouvelle-Zélande^ qui vient en queue, est tombée de 29,44 p. 1000 en 1890 à 25,12 p. 1000 en 1«99.

Voici le tableau de la population des différentes colonies et de leurs capitales (avec leurs faubourgs) pour Tannée 1899-1900.

COLONIES

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