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CHAPITRE II

La situation générale.

En Australie et Nouvelle-Zélande, la plus grande partie de la population habite les villes. Cette prédominance de r élément urbain explique les progrès de la démocratie et le développement de la législation ouvrière qui sont les caractères les plus frappants de l'histoire australasienne à la fin de notre siècle. On se tromperait, cependant, si l'on ne voyait dans TAustralasie que « le paradis des ouvriers ». Il ne faut pas oublier, en effet, que les principaux revenus du pays sont fournis par l'exportation des produits agricoles, la laine, la viande, les beurres et fromages, le blé. Depuis plusieurs années, la superficie cultivée, la production des céréales augmentent d'une façon continue, et en même temps s'accroît le nombre des personnes qui cherchent à s'établir dans la campagne. L'industrie la plus importante avec l'agriculture, celle des mines, dépend beaucoup des lois sur la propriété foncière. Aussi plusieurs colonies ont-elles séparé la propriété du sous-sol de celle de la superficie, suivant les principes de la loi française de 1810 et contrairement à la tradition anglaise. Mineur ou agriculteur, c'est à la terre que l'Australasien demande sa fortune ou sa subsistance. C'est sur elle que se fixent

les désirs de la plupart des électeurs, c'est du gouvernement qu'ils réclament non seulement des lois foncières, mais la propriété elle-même.

Dans les colonies en effet, l'état a été et demeure le principal dispensateur des terres. Toutes les terres vacantes lui appartiennent de droit, depuis le commencement de la colonisation ; son domaine, bien que la meilleure partie en ait été aliénée, est encore* plus étendu, sinon plus fertile que tous ceux dés particuliers. A quelles conditions le cédera4-il aux calons ? Telle a- été, telle est encore la question la plus controversée de la politique australasieanie : il serait impossible d'écrire l'histoire des colonies, saos lui doiMfter la première place. A chaque évo-liatioa nouvelle coFfespond, en effet, iau systèaie particulier d'aliénation des terres publiques.

Oa a vu dans le chapitre pi^cédent* quelle était la situaticya au momeat où s'ouvre lai période démocratique. La plus grande partie des terres ea valeur appartenait à de grands propriétaires où avait été louée à des squatters avec des baux renouvelables et le droit de préemption. D'autre part, une masse de nouveaux immigrants réclamaient des concessions. Oa?, l'administration des terres publiques venait d'être abandonnée par TAngleterre aux parlenaeats colonia;ux récemment créés. Ceux-ci accordèreat aux électeurs tout ce qu'ils denaandaient. Une série de lois dont la première est adoptée par Victoria en 1860, accordent aux coloas le libre choix, même avant l'établissement du cadastre {Fnee' Sélection hefore Sui^ey).

(i) Yok p. 7-9.

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