‹ Le Socialisme sans doctrinesChapitre 49 sur 86 · LE PLACEMENT GRATUIT PAR L*ÉTAT · texte numérisé non relu

LE PLACEMENT GRATUIT PAR L*ÉTAT

les sans- travail et de les aider à gagner l'endroit où on les demande.

Le système de placement gratuit s'étend à toute la colonie. Le bureau central se trouve à Sydney; sous son contrôle et en communication directe avec lui fonctionnent 42 agences provinciales ; elles envoient chaque mois des renseignements relatifs à la situation des ouvriers et de l'industrie.

Ces rapports et un rapport annuel sont soumis au ministre du travail et de l'industrie, lequel est le chef suprême du service de l'inspection ouvrière, de celui de la conciliation* et de quelques autres moins importants, tels que les Relief Works. Son département {Department of Labour and Induslry) a été constitué en 1895 ; il a toujours été adjoint jiTsqu'à présent au ministère de l'instruction publique.

Le bureau de placement fonctionnait déjà avant la constitution du ministère; il date réellement de 1891-1892. Au cours de son existence, il a inscrit, dans ses divers offices environ 75 800 unemployed et il a fourni du travail dans 83 COO cas. La différence entre ces deux chiffres s'explique par le fait qu'une même personne estinscrite une fois pour toutes, mais qu'elle peut revenir à plusieurs reprises demander du travail. Le chiffre de 75 0C0 indique donc exactement le nombre des individus qui se sont adressés au Labour Bureau, le chiffre de 83 COO le nombre des cas où il les a placés.

Le bureau ne se contente pas d'indiquer à l'ouvrier l'endroit où il sera employé ; il lui fait l'avance de son trans- (1) Voir page» i2a-l27 et l49-loo.

i86 LE CHOMAGE. TERRES CONCÉDÉES AUX OUVRIERS

port en chemin de fer (les réseaux appartiennent à l'état), par mer ou par toute autre voie; il peut encore lui procurer à crédit une licence de mineur {Miners' Right). En échange Tassisté doit signer une reconnaissance par laquelle il s'engage à rembourser les avances faites par le bureau. Les remboursements effectués en 1899 s'élevaient à £ 1 800, représentant une assez forte proportion de sommes avancées. Il faut noter du reste que les passes de chemin de fer et les Miners' Right ne coûtent en réalité rien au bureau : l'état les donnait d'abord gratuitement dans certains cas ; s'il borne maintenant sa générosité à faire crédit, c'est pour être sûr de ne pas accorder de faveurs imméritées et de rendre service simplement à des ouvriers qui ont l'intention sincère de travailler. Cette précaution prise, l'état est un créancier patient et accommodant.

Le Labour Bureau emploie dans les provinces des fonctionnaires chargés d'autres services; au centre il a un personnel composé d'un surintendant et de 7 employés, dont les appointements s'élèvent à 32 675 francs par un an^

Queensland a institué un Labour Bureau organisée peu près comme les précédents, mais qui paraît destiné à assister surtout les immigrants. On a vu, en elîetS que le gouvernement de Queensland n'avait pas cessé de subventionner l'immigration; il offre des passages gratuits ou réduits, il loge et nourrit les immigrants dans des bâtiments spéciaux

(1) Les renseignements ci- dessus sont extraits d'unç note manuscrite sur les services du ministère du travail de Sydney, note qui m'a été remise par ce ministère.

Voir Sew South Wales. Report of the Government Labour Bureau (Annuel depuis 1892-1893).

(2) Voir chapitre III, p. 102.

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en attendant qu'ils aient trouvé à s'employer ; il cherche enfin à les placer le plus rapidement possible, et c'est là le principal objet du Labour Bureau, Ce service se compose d'agences réparties sur tout le territoire, en relations régulières avec un office central, installé à Brisbane dans les mêmes bâtiments que les services d'immigration et le logement des immigrants. Voici comment une circulaire officielle de 1899 définit les devoirs des agences :

1** Envoyer par le télégraphe (dont l'usage est gratuit pour les agents) au Labour Bureau de Brisbane, des rapports hebdomadaires sur la situation du marché du travail dans la localité ;

2" Être constamment prêtes à répondre à toute demande relative au marché du travail ; le faire au besoin par télégraphe ;

3** Inviter fréquemment les patrons de la localité à faire connaître leurs besoins, la nature du travail, les salaires qu'ils offrent, le genre d'ouvriers dont ils ont besoin.

Le bureau peut accorder aux ouvriers qui se rendent à un emploi très éloigné des passes de chemin de fer gratuites ou remboursables ^

Sud-Australie a fondé récemment un Government Labour BureaUy sur le modèle de la Nouvelle-Zélande.

Toutes ces institutions ont rendu de réels services; elles n'ont pas été très coûteuses, parce que le travail qu'elles nécessitent a été presque toujours réparti entre des fonc-

(1) Queendand, Report of Ijie Officer in Charge^ Government Labour Bureau and ReZie/* (Annuel). Voir en outre, attaché à ce document le modèle servant à établir les rapports hebdomadaires et la collection des piQces à remplir par ceux qui cherchent du travail (Archives de la Direction du Travail, au Ministère du commerce).

tionnaires qui existaient déjà. Elles ont servi à placer un grand nombre d'ouvriers, mais l'emploi qu'elles fournissent n'est sûr que s'il s'agit de travaux publics. Pour les entreprises particulières, elles ne peuvent que concentrer les renseignements, donner une indication utile, faire prévoir une probabilité de travail. Même dans ce cas, elles rendent service aux ouvriers en leur procurant des passes sur les chemins de fer qui appartiennent presque tous à l'état. Si l'état n'employait pas une proportion d'ouvriers relativement considérable (supérieure dans certain cas à celle de l'industrie privée), si les chemins de fer n'appartenaient pas aux gouvernements, les Labour Dureaus ne pourraient être que des offices de statistique, comme il en existe en Europe et aux Etats-Unis. Le rôle actif qu'ils jouent en Australasie entraîne une importante conséquence ; les ouvriers, qui se considéraient depuis longtemps en droit de réclamer à l'état de l'ouvrage quand ils n'en avaient point, ont vu les gouvernements leur céder sur ce point. On peut dire que le droiL au t7'avail, comme on l'entendait en 1848, existe en Australie, quoiqu'il n'ait été nulle part formellement proclamé ni établi par la loi.

L'emploi d'ouvriers en commandite dans les travaux publics. ((( Coopérative Public Works » de Nouvelle-Zélande)

La Nouvelle-Zélande n'a pas cru faire assez en donnant des renseignements et des passes «de chemin de fer aux sans-travail. Elle a imaginé pour ses travaux publics un contrat qu'on appelle assez improprement Coopérative S y s-

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