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LES OUVRIERS EN COMMANDITE DANS LES TRAVAUX PUBLICS

lem^. Voici dans quelles circonstances ce système a été imaginé. Des entrepreneurs qui s'étaient chargés de construire pour rétat une petite ligne de chemin de fer, trouvèrent le travail trop peu rémunérateur et l'abandonnèrent en laissant leurs ouvriers sans emploi. Ceux-ci s'adressèrent naturellement à l'état, qui leur offrit l'entreprise de la construction ; on leur demanda de s'organiser en groupes de cinquante h soixante; chaque groupe traita directement avec l'état pour une certaine partie du travail ; les salaires et le profit devaient être partagés également entre les ouvriers. La voie ferrée fut terminée dans ces conditions et l'application du système fut ensuite généralisée.

On l'a essayé d'abord dans les travaux de terrassement, puis dans les ouvrages plus délicats, les ponts par exemple en commençant par les plus simples, les édifices publics en commençant par les gares rurales et en allant jusqu'à la construction de Ministères et l'agrandissement du Parlement. Aujourd'hui presque tous les travaux publics sont faits par le Coopérative System. Depuis 1891, le service des terres et du cadastre et celui des travaux publics ont employé suivant ce système, l'un 10 598, l'autre 8 291 personnes : le nombre des ouvriers employés chaque année s'élève de 1891-1892 à 1899-1900 par une progression constante et régulière de 261 à 1 825 dans le premier service> et de 527 à 1 243 dans le second.

Les demandes d'emploi sont adressées au Labour Bureau. Si elles sont trop nombreuses, le bureau donne la

(1) H. J. Blow, The Coopérative System of Constructing Public Works (Extrait de The New Zealand Officiai Year Book, 1894). L'auteur est sous- secrétaire des Travaux publics en Nouvelle-Zélande.

préférence : 1** à ceux qui n*ont pas encore fait l'expérience du système ; 2® à ceux qui résident dans le voisinage des travaux ; 3® à ceux qui sont mariés ; 4° à ceux qui ayant travaillé pour l'état suivant le Coopei^alive System, sont restés le plus longtemps employés. Tous les postulants doivent être sans travail depuis une semaine, dans les cas ordinaires, depuis quinze jours, s'ils étaient employés par l'état suivant le Coopérative System. On tient compte aussi du genre de travail et des antécédents du postulant. Enfin si les demandes sont trop nombreuses, on recourt à la voie du sort.

Quand le gouvernement a décidé de faire exécuter un " travail par le Coopérative System, il demande à l'ingénieur local un devis qui indique les différentes catégories d'ouvrage, défrichement, terrassement, maçonnerie, etc., et la somme qui doit êtrç payée en salaires pour chacun ; ces chiffres sont établis d'après le tarif local des salaires, légèrement majoré de manière à laisser aux ouvriers une partie du bénéfice qu'aurait pris l'entrepreneur, le surplus revenant à l'état. Les devis une fois établis sont soumis à l'examen de l'ingénieur en chef; après approbation, ils sont retournés à Tingénieur local qui s'occupe de traiter directement avec de petites équipes d'ouvriers, prenant suivant leurs aptitudes tout ou partie d'une des sortes d'ouvrages indiquées plus haut. Chaque équipe se forme volontairement et désigne un délégué chargé des rapports avec l'administration. Les ouvriers apportent leurs pelles, pics et outils portatifs, et se procurent les chevaux et les bétes de somme. Le gouvernement fournit les tentes et baraques nécessaires dans les solitudes où le

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