LES FONCTIONS DE L'ÉTAT. — LES RETRAITES POUR LA VIEILLESSE
Les fonctions de l'état.
Sauf le monopole du tabac et des allumettes, les gouvernements australasiens exercent toutes les fonctions de rétat français : ils ont, en outre, un ministère des Crown Lands (ventes des terres publiques) si important dans les pays neufs, l'administration des chemins de fer, déjà pratique'e par plusieurs états d'Europe, et une foule d'autres fonctions parfois inédites. Les colonies australasiennes ont créé plus de services publics que les états européens, et l'on aurait plutôt fait d'indiquer ceux qui leur manquent que d'énumérer ceux qu'elles possèdent.
L'Australasie n'a rejeté qu'une seule des charges qui grèvent nos finances publiques, le budget des cultes. Les églises et les états sont, en effet, séparés dans toutes les colonies.
L'assistance publique est peut-être moins- nationalisée qu'en France ou en Allemagne; plusieurs colonies ont peu d'asiles et d'hôpitaux a elles et préfèrent donner des subventions aux établissements fondés par le clergé ou par
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des sociétés particulières. De ce fait, T Armée du Salut* reçoit d'importantes annuités et joue un rôle considérable, particulièrement en Victoria.
Le budget de la guerre, comparé aux nôtres, est insignifiant. L'Australasie, en effet, n'entretient qu'une demidouzaine de croiseurs et canonnières, quelques dizaines de canonniers coloniaux, un seul corps de cavalerie à cadres permanents, les lanciers de la Nouvelle-Galles du Sud. Sa défense est assurée par des volontaires organisés en corps d'infanterie montée, et astreints, pour tout service, à de courtes manœuvres.
D'autre part, aucun pays ne dépense davantage — toutes proportions gardées — pour l'instruction, pour les travaux d'utilité publique et ne prend plus d'initiatives que les principales colonies australasiennes.
Partout on a abandonné l'ancien système anglais qui faisait de l'enseignement une entreprise particulière et bornait le rôle de l'état à encourager par des subventions l'initiative privée. On est allé plus loin que l'Angleterre contemporaine où l'instruction publique est confiée, dans chaque district, aux School boards élus par les contribuables. Les colonies australasiennes ont, comme dans la plupart des Etats-Unis, un ministère de l'instruction primaire, sous la direction duquel sont les écoles publiques, gratuites, obligatoires et laïques. L'enseignement confessionnel est libre, mais ne reçoit aucune sub-
(1) L'Armée du Salut publie chaque année sous un titre différent et avec le sous-titre : Social Works of Salvation Army in Australasia, une brochure sur ses œuvres australasiennes. Voira la Bibliothèque du Ministère du commerce : Uplifled (l89G-97j, Social Triumphs (1898-99). Comparez : Victoria Charitable Institutions. Report of Inspector (Rapport officiel annuel).
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vention; du reste, aucnne église; sauf la caftholique> ne fait une concurrenoe systématique aux écoles -de l'état^ et comme les catholiques sont en ' minorité, le» plus grand nombre des enfants dans chaque colonie reçoit l'enseignement primaire à l'école publique. Les eolonies australasiennes consacrent à l'instruction près d'un dixième de leurs revenus. Dans -la période d'organisation, la proportion s'est élevée, pour Victoria et Nouvelle-Galles, à près d'un tiers;
L'enseignement seeondaire et supérieur est- resté partout entre les mains des particuliers ; il n'est pas national et gratuit comme il l'est presque- partout aux États-U«is. L'Australasie donne donc un excellent enseignement pri-* maire; elle accorde des subventions considérables aux universités, corporations privées, mais elle n'assurepas encore au peuple le chemin de l'enseignement supérieur. Comme, eneffetv l'enseignement secondaire qui conduit à l'université est payant, les collèges et les universités sont fréquentés presque exclusivement par la classe bourgeoise -: l'esprit qui y règne n'est pas très démocratique ni favorable aux nouvelles lois, bien au contraire. Il est vrai qu'il n'est pas nécessaire d'avoir passé par l'enseignement supérieur pour faire son chemin dans les fonctions publiques, et qu'on va chercher à l'université plutôt un développement intellectuel et un certain air de bonne éducation. Il serait pourtant fâcheux qu'il se fit dans la société une distinction permanente entre les « primaires », comme nous dirions, et les univei^sity men. Les gouvernements y ont partiellement remédié en instituant des bourses d'enseignement secondaire et supérieur.