LE SERVICE DES RETRAITES EN NOUVELLE-ZÉLANDE
au simple jeu des fi&hes, on sait exactement, à Wellington, combien de pensions on doit servir, de quel employé et de quel bureau de poste relève chacune, enfin combien ont été payées *.
Tout retraité qui ne vient pas chercher son douzième dans un délai de 21 jours à partir de la date qui lui a été indiquée, est exposé à le perdre ; il peut pourtant le réclamer suivant certaines formes, dans un nouveau délai de 14 jours qui est rigoureusement le dernier.
Un infirme ou un malade peuvent naturellement faire toucher leur mensualité par une personne dûment autorisée.
Le service de retraites a commencé presque immédiatement après le vote de la loi, dès le 1®"* novembre 18981; beaucoup de bureaux locaux n'étaient pas encore organisés et ne le furent que Tannée suivante. Les frais s'élevèrent, jusqu'au 31 mars 1896, à £ §10.8. *. Pour l'année suivante, ils atteignirent £ 2,360.8.0. (plus de 59 000 fr.). L'augmentation des frais correspond à celle du nombre des employés; mais elle semble devoir s'arrêter, le service étant aujourd'hui suffisamment organisé.
Le nombre des retraités s'élevait le 31 mars 1889, à 7487, recevant £ 128 082, soit en moyenne de £ 17,2 par individu.
Le31 mars 1900, il s'élevait à 11 285, recevant £193 718; soit une moyenne de £ 17.3.4 par individu. L'immense
(1) Le ministère du Commerce (Paris) possède la collection des imprimés, fiches, pièces à remplir, le texte de la loi {An Act to Provide for Old Age Pensions 1898) et les rapports annuels de la direction centrale [Old Age Pensions Statement).
MÉTIN. 16
24â hE% RETRAITES POUR LA VIEILLESSE
majoritéHi«s pensions (9 650 absorbant un totedde £.173868) étaient des pensions complètes de £ 18 par an.
Sur 6 1T8 demandes présentées de 1899 à 1900, 37 seulement avaient été rejetées. Tous les vieillards au-dessus de 65 ans et remplissant les conditions légales ne réclament pas la retraite; s'ils le faisaient, Tétat devrait payer 24 800 pensions. Parmi les gens d'origine européenee ayant des droits à la retraite, 40 p. 100* seulement les ont fait valoir.
Les demandas de pensions sont nombreuses dans les régions ouvrières, particulièrement les districts miniers ; le fait n'a rien d'étonnant, car il n'existe, aux antipodes, rien qui ressemble à l'assHTance obligatoire d'Allemagne, ni h nos caisses des mineurs et des invalides de la marine; de plus, parmi les fonctionnaires de l'état, très peu ont droit à une retraite à la fin de leur temps de service. Il faut tenir compte de ces considérations quand on examine l'institution des Old Age Pensions ; mais on doit s'élever au-dessus d'elles, si l'on veut comprendre sous quel aspect le droit à la retraite apparaît à ses partisans d'Australie,
Projets de caisses de retraites en Nouvella- Galles et en Victoria.
Au sujet des retraites pour la vieillesse, je trouve demt points de vue différents dans les rapports des deune comm/iasi©ns formées, l'une en Nouvelle-Galles, l'autre en Victoria, pour étudier un projet de pensions.
Le rapport de Nouvelle-Galles déclare formellement que « la retraite doit être accordée comme unr droit, non comme une aumône, et ne saurait, en au^mae msnàère,
PROIBTS DE GÀISSBS DE RETRAITES 243-
devenir un secours humilient pour ceux qui la reçoivent ». Il affirme que « ce serait justice d'admettre tous les contribuables au bénéfice de la retraite ».
En conséquence, la commission propose d'accorder un maximum- de 10 shillings (12.fr. 50) par semaine à toutes les personnes au^-dessus de 60 ans, sans exiger d'elles aucune versement, à quelque moment que ce soit. Dana ce cas, les frais s'élèveraient à £l 400 000. Or une telle dépense serait trop onéreuse pour la colonie. Aussi la commiesioni, tout en: reconnaiesant le droit de tous les vieillards à la retraite, propose-t-elle, en s'excusant sur l 'insuffisance du budget, de faire les restrictions suivantes : les revenus des vieillards seront déduits du chiffre de la pension ; deux conjoints âgés l'un et l'autre de plus de 60» ans toucheront seulement une pension et demie ; enfîn^ seuls, ont droit à la retraite ceux qui ont résidé "quinze ans dan» la colonie (déduction faite du» temps qui aura été passé en prison).
Dans les détails du projet, comme dans le plan générai, la. commission s'inspire de motifs généreux. Elle estime, par exemple, qu'il vaut mieux payer aux vieillards une pension- que de les garder dans un asile ; elle pense qu'avec leucs 10 shillings par semaine, ils ne seront pas à charge à leurs parents, mais au contraire, les aideront à payer les impôts et leur rendront des services appréciables, surtout à la campagne; en» gardant les enfants et la maison.
Assurés de ce concours, leurs fils ou petit-fils se décideroiitsftnBdoutâplu&faeilementàxpcendi^eune petite ferme ; la colonisation sera encouiMigée et la Nouvelle-Galles