‹ Le socialisme sans doctrines, la question agraire et la question ouvrière en Australie et Nouvelle-ZélandeChapitre 15 sur 98 · DEUXIÈME PARTIE. — MAISONS ET JARDINS OUVRIERS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — MAISONS ET JARDINS OUVRIERS

L'Etat, possesseur de terres, a pu essayer de résoudre luimême la question des logements ouvriers en louant ou vendant des places à bâtir autour des villes. Ce que désire l'ouvrier anglais, c'est une maisonnette à lui, un home séparé et non point un logement dans une immense bâtisse. En Australasie, où la place ne manque pas, l'habitude de vivre chacun chez soi est plus générale encore qu'en Angleterre. Il fallait donc, pour satisfaire les désirs des ouvriers, donner à tous ceux qui le désireraient une petite place dans un endroit assez rapproché de leur travail. C'est ce qu'ont fait Sud-Australie et Nouvelle-Zélande.

a Homestead Blocks » de Sud- Australie.

Sud-Australie a offert aux ouvriers dans le grand Consolidated Land Act de 1888 des blocks ou parcelles à bâtir, et le système a été perfectionné par la loi sur les avances aux détenteurs de blocks (Blockers Loan Act) de 1891.

Les blockt sont de petits lots : le maximum était d'abord de 20 acres (8 hectares) : il a été fixé aujourd'hui d'après la valeur du sol et ne doit pas dépasser 2 500 francs. Ont le droit de prendre un block toutes les personnes de plus de 18 ans qui vivent de leur travail : cette dernière condition est interprétée très largement et s'applique aux employés

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et même aux petits commerçants comme aux ouvriers. Le

/'locL-cr loin- pour *2\ ans avec druit de renouveler son bail : le loyer est de o p. 100 de la valeur du terrain au moment de la concession . Le blocker peut acheter à partir de la cinquième année et s'acquitter par versements successifs en payant les intérêts de l'arriéré à 5 p. 100. Depuis la loi de ■1891, il peut emprunte]" à l'État une somme équivalente à la moitié des améliorations qu'il a faites sur son lot, mais qui, dans tous les cas, ne doit pas dépasser £ 50 1 1.2o0 fr). L'intérêt est de o p. 100. Je fais remarquer, encore une fois, que l'intérêt de l'argent est beaucoup plus élevé en Australasie qu'en France.

L'entreprise de Sud-Australie est faite sur une très large base : les blocks sont de taille très différente et répondent à différentes aspirations que l'un des premiers rapports officiels classe ainsi :

1° Dans le voisinage des grandes villes, lots pour donner un home aux ouvriers qui ont un ouvrage assuré. (Ce sont les plus petits ; leur taille est d'un demi-hectare environ comme en Nouvelle-Zélande. |

2° Lots qui sont destinés h la résidence des familles dont le chef a un emploi incertain, intermittent, souvent très éloigné et sans emplacement fixe. Tels sont les mineurs d'or, les tondeurs, etc., qui s'en vont seuls « chercher leur chance » dans l'intérieur '.

3° Blocks propres au jardinage et à la culture d'arbres fruitiers sans irrigation.

4° Blocks. propres au pâturage et à l'élevage des bêtes à lait.

(1) Voir chapitre a . p. 98.

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o° Blocks d'ouvriers agricoles employés dans les fermes voisines et qui désirent produire le pain de leur famille, nourrir des porcs et de la volaille, élever une vache ou deux. Ces! presque la formule de ceux qui veulent reconstituer la petite propriété en Angleterre : « 3 acres et une vache ». Dans ce cas, l'institution des blocks est nettement envisagée comme un moyen de donner la main-d'œuvre aux farmers. L'auteur du rapport que je cite insiste dans sa conclusion sur l'avantage que l'institution donne aux farmers ;.

6° Blocks auxquels on donnera l'irrigation. (Ce sont ceux qui se trouvent dans le èwsAsurles bords du Murray, à la place ou à côté des Village Settlements étudiés page 64.)

L'Etat sud-australien s'est donc préoccupé de faire servir le système des blocks à l'établissement de la petite propriété et de la petite culture en pleine campagne. Voilà pourquoi il a concédé des blocks relativements importants ( 5 hectares 1/2 en moyenne au début, près de 6 en 1898). Mais il avait fort peu de bonnes terres à sa disposition; il ne lui restait plus guère à distribuer que de larges bandes réservées autrefois pour servir de voies aux troupeaux entre l'intérieur et la côte ; ces terrains, inutilisés, se prêtaient à la division en blocks. En 1898, une partie d'entre eux avait été détaillée en 649 lots sur lesquels vivaient 1 926 personnes.

Ce n'était pas assez pour les demandes; aussi le gouvernement a-t-il mis en blocks une partie des propriétés

(1) South Australia. Report of Inspector of Homestead Blocks, 1895, p. 4.

qu'une loi de 1890 l'a autorisé à acquérir pour les lotir. En 1898 il avait dépensé à cet effet 696 614 francs pour acheter 1820 hectares dont 1341 étaient divisés en 377 lots avec 1 696 personnes. Les loyers rapportaient 4,07 p. 100 du capital engagé. Les blockers avaient fait des améliorations évaluées à 858 000 francs.

Le système des blocks a été essayé sur tous les points de la surface de la colonie, autour d'Adélaïde et des villes dans les montagnes, dans la brousse des bords du Murray et des steppes intérieures, dans les solitudes du fond du golfe, de la côte occidentale, de l'île des Kangurous.

D'après le rapport de l'inspecteur en 1898, l'expérience semblait alors réussir. J'ai visité deux séries de blocks, une suburbaine de petits lots à bâtir, l'autre dans la campagne avec des terrains pour jardins et vergers divisés en morceaux plus larges.

La première est en vue d'Adélaïde : son emplacement est formé par une ancienne réserve d'indigènes maintenant inutile et par un morceau de terrain acheté; ça et là, on voit encore l'herbe maigre et les tristes eucalyptus du bush primitif; mais presque partout les blockers sont venus et ont commencé à construire des maisonnettes de bois blancs recouvertes de toits gris en tôle ondulée. Les concessionnaires ont chacun 80 à 120 ares : la plupart se proposent d'acheter leurs lots. Plusieurs sont des ouvriers, tous à leur travail au moment où je visite les blocks. Parmi ceux qui se trouvent présents, certains s'essaient au jardinage ; l'un fabrique des instruments d'irrigation ; un autre est un épicier qui s'est retiré avec sa femme.

A côté, un propriétaire a vendu son terrain en petits

lots analogues à ceux de l'État ; sur un morceau de ce domaine, je visite un jardinier fleuriste qui a de l'eau en abondance, des papyrus, des lotus, des fougères arborescentes, des orchidées, des orangers : le terrain est ici meilleur et mieux arrosé, mais il a coûté 4 à o fois plus cher que sur l'État, c'est-à-dire plus que la différence ne valait.

L'autre série (blocks ruraux) comprend trois hameaux, Mylor, Aldgate, Scotts Creek, établis en plein bush sur les collines qui séparent Adélaïde du désert. Le sol est pauvre et maigre, le taillis épais, les racines profondes et le bois mauvais. Il a fallu travailler avec acharnement pour défricher le sol : le feu a pris plusieurs fois et a failli tout détruire; mais, grâce à la solidarité des blockers, on l'a éteint à temps. En 1877, 300 blocks de 8 hectares en moyenne sont occupés dans le pays et forment les trois hameaux ci- dessus : plus de l 000 personnes y vivent; le terrain est propre à la culture des arbres fruitiers; c'est à produire des pommes et des poires, des légumes pour la ville, que la plupart des blockers sont occupés. L'un me montre avec orgueil la plus grosse pomme récoltée dans le district ; un autre est tout fier d'avoir découvert un champignon comestible. Quelques-uns possèdent un cheval et conduisent, soit à la station voisine, soit au marché d'Adélaïde, les produits du jardinage ou le bois de la forêt. D'autres combinent leur ancien métier avec le jardinage : c'est ce que fait entre autres un cordonnier. On trouve parmi eux des gens de toute espèce : ouvriers âgés qui se retirent à la campagne, mineurs malheureux et découragés, fermiers ruinés; certains ont cherché le repos

après quelques expériences malheureuses. Deux étrangères, jadis à La tête d'un pensionnat fort en vogue de Melbourne, se sont retiréesici après une faillite. Elles vont à la ville donner des leçons de dessin et de musique, et, entre temps, cultivent leur jardin. Les premières dépenses faites, il ne leur restait que ToO francs, trop peu pour bâtir une maison ; aussi ont-elles fait élever une charpente en bois recouverte en toile; à mesure que les ressources arrivent, on remplace dans les cloisons la toile par du bois. La tille d'un blocker voisin les aide à faire leur ménage et leur demande en échange des leçons de dessin. Ces dames me font le plus grand éloge de la population au milieu de laquelle se passe leur existence. Elles me citent, à ce propos, plusieurs traits dignes des troglodytes de Montesquieu. Un voisin leur a offert sa voiture pour une course qu'elles devaient faire un jour de pluie. Un autre a renoncé pour elles à abattre un arbre qui leur donnait un point de vue. Je dois dire que ces récits idylliques s'accordaient assez bien avec ce que j'ai vu au cours de la journée passée dans l'un des hameaux fondés par les bloch&rs.

On comptait en 1 898, dans toute la colonie 2 539 blocks avec droit d'achat, et 683 avec bail perpétuel, en tout 3 22:2. soit 272 de moins qu'en 1896. Au 31 décembre 1907, on n'en trouvait plus que 130 de la première série avec 19'. de la seconde. En 1899, le loyer était en moyenne de 44 francs par hectare et par an; tous les blockers que j'ai vus trouvaient leur loyer moins coûteux que celui qu'ils auraient payé à un particulier dans les mêmes conditions. Les blocks étaient peuplés de plus de 8 144 personnes, en majorité des gens mariés (2 126, en augmentation de 473

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sur I8!)!i l En 1907, on n'y compte pas le quart de ce effectif.

La plupart des blockers ont dû quitter parce qu'ils n'arrivaient pas à s'acquitter envers l'État et aussi parce que la vie champêtre ne leur convenait point. Ceux qui restent paient mieux leurs arrérages que les anciens. Au 80 juin 1D07 l'Etat avait prête 980 675 francs sur lesquels 745 425 avaient été remboursés. Le total du loyer annuel payé à l'Etat était de 25 050 francs.

D'après le rapport que je viens d'analyser et d'après les renseignements que j'ai recueillis surplace, il parait évident que le gouvernement, avec les blocks (urbains ou ruraux) comme avec les Villages Seulement*, ne rentrera pas complètement dans ses dépenses : d'autre part, il est incontestable que ces deux expériences, — les blocks ruraux surtout, — pour peupler les terres désertes, ont partiellement réussi. Le gouvernement eût préféré sans doute de- résultats plus considérables. Dans tous les cas, il se déclare satisfait de ceux qu'il a obtenus. D'après ses partisans, la population agricole payerait plus tard et au-delà ce que son établissement coûte aujourd'hui à la colonie.

Un système analogue à celui de Sud-Australie a été introduit en Ouest-Australie au commencement du xxe siècle sous le nom de Working Mens Blocks. Dans cet Etat on comptait, en 1901, 7 bénéficiaires, sur 12 hectares I 2. en 1907, 401 sur 196 hectares.

« Workmens Homes » de Nouvelle-Zélande.

En Nouvelle-Zélande, une loi sur les logements ouvriers

( Workmen's Homes) permet de concéder aux ouvriers des villes de petits lots d'un acre ou 40 ares en moyenne. Les conditions de résidence, d'amélioration, les loyers, le droit aux avances sont à peu près les mêmes qu'en Sud- Australie. Mais il n'y a pas de blocks ruraux d'une certaine étendue pouvant servir à établir une petite exploitation comme en Sud-Australie. Le Home néo-zélandais est fait simplement pour améliorer la condition de l'ouvrier des villes (c'était d'ailleurs, au début, l'unique objet du block sud-australien).

Le Home s'établit généralement dans un faubourg ; d'après un amendement récent à la loi sur l'expropriation, une certaine portion des domaines repris doit être divisée en petits lots pour les ouvriers.

J'ai visité, dans les environs de Christchurch, les différents emplacements de Worhmeris Homes. Le premier où j'arrive (Opawa) est un domaine de 9 hectares que le gouvernement a acheté en 1805 pour le lotir. Chacun des petits lots est enclos d'une barrière; partout les maisonnettes coloniales seront élevées, avec leurs murs de planches, leurs toits de bardeaux peints en rouge, leurs vérandas. Sauf les dimensions, il y a peu de différence entre ces habitations et celles des far mer s : en Australasie, les conditions sociales ne s'accusent point par des différences extérieures; au contraire, c'est un des traits de la démocratie australasienne que l'ouvrier veuille être logé et vêtu comme le bourgeois. S'il sait construire, il fera sa maison avec tout le soin et le fini possibles. Sinon, il emploiera son petit capital ou les avances du gouvernement à payer un ou deux charpentiers et il achètera ses

meubles à la ville. Rien de maladroit, de mesquin dans cette cité peuplée d'ouvriers. La première où j'entre possède une table de cèdre et ses murs sont décorés de moulures dorées : elle a quatre chambres spacieuses. Le propriétaire est actuellement joaillier ; autrefois il a été marin.

Son voisin est un peintre qui travaille de son métier et gagne 8 fr. 75 par jour. Il boite, car une vache qu'il vient d'acheter lui a luxé la jambe; il semble aimer les travaux de ferme; il a une basse-cour avec des poules dont il vend les œufs à la ville de 0 fr. GO à 3 fr. 60 la douzaine, suivant la saison : devant la maison il cultive un carré de fleurs destinées aussi à être vendues.

A Pawaho i, dans un joli vallon, je visite un ensemble de lots (20 hectares en tout) destinés aux ouvriers qui travaillent a Lyttleton, le port de Ghristchurch. A la première barrière, l'inspecteur qui m'accompagne trouve une figure nouvelle. Le concessionnaire qu'il connaissait vient, en effet, de transférer son droit, et est retourné à Lyllleton ; le terrain (60 ares : loyer, 100 francs par an) n'était pas assez grand pour lui, me dit-on. Le nouveau détenteur est un ouvrier peintre qui prend chaque jour le train pour aller travailler à Ghristchurch.

A côté, une maison assez considérable avec quatre grandes pièces, plus une cuisine et un débarras : sa construction a coûté o 000 francs. Elle est habitée par le père et le fils, tous deux ouvriers selliers à Ghristchurch. Le fils

(1) The Pawaho Uamlet. Canlerbury, Wellington, 1898 (brochure publier- par le Ministère <les terres). Les plus importants des Workmens Homes ont été ou seront l'objet de publications officielles du même genre.

va se marier. Le père, jadis fermier, veut se consacrer au jardinage et faire valoir son petit terrain.

Plus loin, deux lois de 40 et de 70 ares dont les pos- -< — i-u rs. célibataires et ouvriers du port, sont à leur travail. L'un a semé de l'avoine, l'autre des pommes de terre dont ils comptent retirer quelque argent.

La seule personne qui m'exprime ouvertement une déception est la femme d'un ouvrier tanneur de Lytlleton. « Le sol est trop humide, dit-elle, les pommes de terre que nous avons semées ont pourri. Le loyer (66 fr. 25, pour 80 ares environ) est trop cher. » « Transmettez vos droits », conseille l'inspecteur. La dame avoue que son mari n'y consentira pas; il se plaît dans la vallée de Pawaho; elle regrette Lyttleton et ne s'en cache pas.

Les autres personnes dont je visite les concessions sont un vannier et des ouvriers du port. Tous les lots sont occupés et presque partout les premiers preneurs sont demeurés.

A Tamaï1, sur 12 hectares 1,2 lotis en juin 4899, deux mois avant ma visite, seuls deux lots sur 40 n'ont pas trouvé preneur.

A Braco, en pleine campagne, mais toujours à portée de Christchurch, les lotsqueje visite sont de taille différente. Plusieurs, d'environ 40 ares, sont occupés par des familles ouvrières dont le chef travaille en ville ; elles ont cherché là un logement sain avec un carré de pommes de terre et quelques fleurs. D'autres lots d'à peu près l hectare 12 appartiennent à de vieux ouvriers qui élèvent de la volaille,

(1) The Tamai HainleL Ganterbury (brochure). Voir la note précédente.

cultivent des groseilliers, des framboisiers, comptant abandonner le travail d'autrefois, devenu trop pénible, et vivre de la vente de leurs produits.

Autour de chaque ville, le gouvernement, a loti des lerrains pour donner aux. ouvriers l'emplacement d'une maison et un petit jardin. A Dunedin, j'ai passé une aprèsmidi chez un vieux tailleur, homme très influent dans Le mouvement syndical : lui et ses voisins habitent sur des parcelles de 30 à 40 ares, concédées en vertu de la loi. et leurs maisonnettes de buis s'étageat sur une colline en face de la mer. Le tailleur est un chaud partisan des Workmeris Homes. Il se plaint seulement qu'il n'y en ait pas assez pour répondre à la demande. Beaucoup de ses amis qui voulaient avoir un home confortable hors de la ville ont dû louer le terrain à des particuliers. La plupart des petites maisons, où l'ouvrier 'et remployé vont retrouver leur famille le soir, après leur besogne dans la cité, appartiennent à des particuliers : ceux-ci font h leurs locataires des conditions moins bonnes que l'État. Le tailleur, sur ses trente ares de terre, vante la législation foncière de la colonie, demande qu'on taxe à mort tous les landlords, déclare la guerre à la grande propriété, et me fait l'apologie la plus sincère et la plus touchante de la petite qu'il croit indispensable à la moralité et au confort de l'ouvrier.

Le gouvernement de Victoria a introduit chez lui en 1901 les Warkmen's Homes; il avait concédé sous cette forme à des travailleurs urbains 28 hectares en 1901. I90en 1908. en 1000, il assura aux ouvriers ruraux des Agricultural Labourers Allotments, dont le total faisait 14o hectares en 1906. 190 en 1908.

En 1906, le gouvernement de Nouvelle-Zélande a adopté un antre système en appliquant aux ouvriers qui veulent posséder leur maison une loi semblable à celle qui accorde des avances aux colons l.

Cette loi s'appelle Goverment A avances to Workers Act. Elle dispose que « tout salarié de l'un ou l'autre sexe, gagnant moins de 5 000 francs par an, qui veut se construire une maison sur un terrain acheté ou loué peut empruntera l'Etat jusqu'à un maximum de 8750 francs en donnant hypothèque sur le terrain ou sur la maison. L'intérêt à payer est de 5 p. 100 et peut être réduit à 4,5 p. 100. Pour les débiteurs qui paient à l'échéance ou du moins avec un retard inférieur à deux semaines, l'emprunt est amorti au moyen de 73 remboursements qui ont lieu 2 fois par an et qui sont calculés de manière à demander 3 fr. 10 par semaine pour chaque fraction de 2 500 francs.

D'autre part, un ouvrier ou une ouvrière qui n'a pas encore pu se procurer de terrain à bâtir peut emprunter sur ses dépôts à la Caisse d'épargne dans les mêmes conditions que précédemment. Le gouvernement accorde un prêt triple du montant de l'épargne jusqu'à ce que le maximum de 8 750 francs soit atteint.

La nouvelle loi est entrée en vigueur en janvier 1907. Depuis cette date jusqu'au 31 mars 1908, le bureau compétent a autorisé 1 179 avances' s'élevant à un total de 7 407 625 francs. Presque tout, soit 7 882 875 francs, avait été demandé par les ouvriers propriétaires, et

(I) Voir pp. 59-6i.

21 550 francs seulement par des locataires. Dans le premier cas, la moyenne de l'avance a été de 6 800 francs par personne; dans le second, 4 370 francs.

Le bilan montrait que les retards des paiements semblaient tendre à s'accumuler. Néanmoins, on ne pouvait établir une conclusion sur une aussi courte expérience, bien que l'indication qu'on ait à en tirer soit conforme, on l'a vu. à celle que donnent les résultats de tous les efforts tentés en Australie, pour fonder la très petite propriété et pour établir les ouvriers urbains à la campagne.

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