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semble bien être le cas pour les autres cours et pour les conseils spéciaux.
Les hauts salaires et le développement de l'industrie.
On affirme souvent que le bénéfice des hauts salaires est illusoire parce que les patrons, trouvant le travail trop cher, iront produire ailleurs. Ainsi les ouvriers, en demandant une rémunération trop élevée, tueraient la poule aux œufs d'or.
C'est la théorie du fonds des salaires, déjà citée, qu'on invoque dans le cas présent; si elle était exacte, la somme que le patron entend consacrer aux salaires serait fixée une fois pour toutes et on ne saurait la dépasser sans mettre en péril le profit. Or, l'expérience a souvent prouvé le contraire.
Les salaires les plus hauts du monde empêchent-ils l'industrie américaine de se développer 1 Bien au contrai iv. elle lutte victorieusement contre celle des pays à salaires plus bas et produit à meilleur compte les tissus de coton, les machines-outils, le matériel de chemin de fer, les bicyclettes. C'est que les patrons, ne pouvant compter sur les longuesjournées et les bas salaires, demandent leurs profits au perfectionnement des machines qui permet une production plus intense et plus rapide. D'autre part, l'amélioration des conditions du travail maintient à l'usine des gens actifs et intelligents qui, sous l'ancien ii'unne, cherchaient à la quitter : le chef d'industrie peu! donc choisir d'excellents mécaniciens et des ouvriers adroits pour faire produire les machines perfectionnées.
Au contraire, dans les pays où les salaires sont très bas, l'Inde par exemple, l'Egypte ', le Mexique, les ouvriers sont irréguliers, maladroits; les machines sont démodées, mal entretenues, car le fabricant ne doit pas avoir besoin de perfectionner sa fabrication. Dans ces pays, il m'est arrivé plusieurs fois de voir une usine arrêtée par suite d'une avarie, le travail suspendu parce qu'un trop grand nombre d'ouvriers manquaient à l'appel. Si je disais que les capitalistes souhaitent l'élévation des salaires, je manquerais à la vérité, mais j'ai entendu des ingénieurs regretter, au Mexique, que la rémunération fût trop faible, a Au prix que nous offrons, disaient-ils, nous ne pouvons avoir de main-d'œuvre européenne, et il nous en faudrait, dussions-nous la payer très cher, pour donner un élan sérieux à notre production. » Mes interlocuteurs reconnaissaient que l'élévation des salaires n'est pas avantageuse seulement à l'ouvrier, mais aussi à l'ingénieur, au constructeur, enfin à tous les travailleurs intellectuels qu'elle force à perfectionner l'outillage et les moyens mécaniques de la production. C'est ce que prouve l'exemple des Etats-Unis, où l'on trouve côte à côte les hauts salaires, les profits considérables et le bon marché des produits.
L'industrie australasienne est bien loin de pouvoir se comparer à celle des Etats-Unis. Dans les pays que j'ai étudiés, les usines sont relativement peu nombreuses et peu importantes ; aussi les adversaires des lois ouvrières font-ils état de ce faible développement pour dire que les lois ouvrières empêchent les entreprises. L'argumentation
(1) Métin, L'Inde d'aujourd'hui, p. 2J6-284; La Transforma/ion de l'Egypte, p. 295-2
est fausse, car la production d'Australie et de Nouvelle- Zélande ne cesse d'augmenter ; mais elle est surtout agricole et minière. Si l'on constate que le beurre et le fromage de ces pays font sur le marché anglais une concurrence victorieuse à ceux de Bretagne et de Normandie, malgré l'éloignement, le prix du transport, le passage des tropiques, la différence des salaires, on sera convaincu que maintenir les salaires bas n'est pas Tunique moyen d'encourager la production industrielle et agricole d'un pays.
Les hauts salaires et le prix de la vie.
En Australasie, les prix des denrées nécessaires à la vie ne sont pas très hauts, bien qu'ils tendent à s'élever depuis le commencement du siècle. On peut s'en con-