Americanum and Socialdemocracy ^ New- York
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le a atteint 5 millions de francs en 1905, celui des îcours de maladie 3 millions.
Elle est organisée selon un système absolument républicain », excluant tout accaparement de l'action )llective par des individualités remuantes et toute igérence du dehors.
V American Fédération pense que dans chaque pays BLCtion ouvrière doit être adaptée aux conditions 3onomiques, à la constitution politique, à l'esprit articulier de la race. En vain avant la grève, la eneralkommission des syndicats allemands essaya 'imposer ses directions et ses méthodes à l'unioisme américain : son secrétaire, Karl Legien, fit lème en 1912, à cet effet, un voyage d'études aux tats-Unis *, mais sans obtenir aucun résultat : très 3ttement le président de V American Fédération^ imuel Gompers, fit savoir à Legien que celui-ci perlit son temps ; « nous avons dû, dit-il, développer 1 mouvement américain conformément aux circonsnces d'ici » .
La Fédération écarte de son programme tout ce qui est point étude professionnelle ou revendication irporative. La constitution qu'elle s'est donnée en )12, mais qui ne fait que reprendre et préciser les rincipes posés dès 1881, est catégorique : « point de litiqve de parti, que ce soit celle des républicains, î8 démocrates, des prohibitionnistes, des socialistes, 0 politics in Ihe union ».
Dans ses statuts particuliers l'Union des ouvriers îs tabacs « rejette toute intrusion de la politique des irtis comme contraire aux intérêts de la profession à l'organisation ». Or cette Union a été, grâce à ictivité de Gompers, un des premiers syndicats rmés, et l'un des plus prospères ; elle a souvent pris
1. Rirl Legien, Aus Amerika's Arheiterbewegung, Berlin, >rwârs, 1913.
l'initiative de mesures que toute la Fédération a ensuite adoptées ; c'est ainsi que les cigariers de San-Francisco ont introduit l'usage du /aôeZ syndical, qui s'esL ensuite rapidement généralisé. P
Le programme de VAmerican Fédération est dirigé contre toute forme de servitude « sauf comme pénm lité pour un délit » ; il se^propose pour but l'émanci»' pation des travailleurs. Mais il repousse la « lutte des classes » et la guerre sociale. Gompers et plusieu des principaux leaders font partie de la Civic Fédéra iion qui se propose le maintien de l'Union national par le rapprochement des classes. La Fédération Lahor comprend même des organisations comme groupement catholique de la « Milice du Christ » q condamnent expressément la « lutte des classes » en 1914 les 3% 4* et 7« vice-présidents de la Fede ration étaient des membres du conseil exécutif la Militia of Christ.
On doit à l'action de la Fédération la régleme tation du travail des enfants ; la journée de dix heure pour les employés des tramvy^ays ; le contrôle d siveat shops où toute une population de travailleur et de travailleuses à domicile subissait une exploi tation sans limites. Gompers obtint aussi des pouvo publics, il y a quelques années, que le premier lua de septembre devint une fête légale : Labor Day, Jour du Travail.
Malgré les services rendus aux travailleurs par VAmerican Fédération, ses principes devaient lui attirer l'hostilité des socialdémocrates marxistes, partisans de la lutte des classes et de l'intrusion de la politique dans les syndicats. En 1893 le Soclalist Labor Party mena une violente campagne contre le « trade-unionisme conservateur » et essaya de susciter à le Fédération une concurrente révolutionaairCj la Socialist Trade and Labor Alliance fondée sur le
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principe de la lutte des classes et qui se rattacha ouvertement au Parti : mais cette Alliance n'eut aucun succès et disparut bientôt, non sans que sa création eût donné occasion à de longues controverses qui aboutirent à la scission du Socialist Labor Party.
Plus tard un certain nombre de socialdémocrates lancèrent une nouvelle organisation de guerre sociale sous le titre de « Travailleurs industriels du monde » [Industrial Workers of the World) \ l'appel, signé des noms de Debs, Haywood, Untermann, et du secrétaire W. E. Trautmann, proclamait qu'« il n'y a rien de commun entre la classe des travailleurs et celle des employeurs ».
En dépit de leur agitation les Industrial Workers ne purent gagner beaucoup de terrain aux Etats-Unis, et leur action a été faible : les admirateurs mêmes de leurs principes sont obligés de le reconnaître en le regrettante
En 1917, à l'occasion du Congrès socialiste « interallié » de Londres, les partis socialistes et les Fédérations syndicales de l'Europe occidentale ont dû reconnaître pour unique et authentique représentant de la classe ouvrière américaine la Fédération of Labo}\ en la convoquant seule à cette réunion.
Beaucoup d'Américains, probablement la grande majorité, nient la possibilité même d'un « socialisme américain » ; c'est à leurs yeux une véritable contradictio in adjecto] socialisme et américanisme seraient incompatibles. « Le socialisme, en tant que parti, est
1. Bolgar, Die Entwicklungsgeschichte des modernen Sozialismus in den Vereinigten Staaten von Amerika, Budapest, 1910, p. 2. Cf. P. Brissenden, The launching of the I. W. \V. University of California Press, 1910; M. A. Aldrich, Amenca7z Fédération of Labor, New-York, Macmillan, 1908.
chez nous sans racines ; nous sommes un peuple conservateur et individualiste», dit le sénateur Lodge, historien et politique éminent ^,
Il est certain que la génération qui fonda la République des Etats-Unis était passionnément libérale^
Elle l'était en vertu d'une tradition : les puritains qui avaient quitté l'Angleterre à bord de la Mayfloirer avaient tout sacrifié à leur profond amour de la liberté religieuse, et ce sont surtout des quaker^ des non-conformistes de diverses sectes qui colonisèrent les Etats de la Nouvelle-Angleterre. L'influence des idées puritaines est très reconnaissable dans les constitutions des Etats particuliers comme dans la constitution fédérale.
D'autre part ce sont les pratiques abusives de l'administration et les théories autoritaires du gouvernement anglais qui suscitèrent la Révolution d'où sortirent les Etats-Unis.
L'interventionnisme bureaucratique, « le gouvernementalisme » qui régnaient au xviii^ siècle dans tous les pays d'Europe apparurent aux républicains d'Amérique comme l'âme même du despotisme qu'ils avaient secoué. La liberté fut leur idéal, la loi fondamentale de leur vie politique et sociale.
La Constitution fédérale promulguée à Philadelphie le 17 septembre 1787 proclame qu'elle a pour but « d'assurer les bienfaits de la liberté » . Pour cela elle ne se contente point de donner au gouvernement une forme républicaine et de conférer le pouvoir législatif aux élus de la nation. Elle énumère limitativement les objets sur lesquels les Chambres ont le droit de statuer ; elle leur interdit expressément de légiférer sur les droits naturels et primordiaux de l'homme y
1. Cit. André Tardieu, Le socialisme à V étranger, p. 346. — Cf. N. P. Nilman, Socialism and the American spirit, Boston^
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elle donne à tout citoyen le droit de faire annuler par la Cour suprême, non seulement tout acte de l'Exécutif, mais toute toi votée par le Congrès qui porterait atteinte à ces droits essentiels.
La vie religieuse est libre : il n'y a jamais eu de religion « établie » ; il n'y a pas de police des cultes : les associations, les sectes, les Eglises se constituent, se dissolvent, fusionnent ou se séparent en dehors de toute ingérence de l'Etat. L'éducation est libre : il n'y a point d'Université nationale ni de collèges entretenus par l'Union; les universités les plus célèbres sont des fondations privées librement administrées par leurs trustées.
Comme le dit Bryce * « autant que l'on peut parler de théories dans un pays qui marche fort bien sans théories, le laisser-aller a été la doctrine orthodoxe et acceptée dans la sphère de la législation des Etats aussi bien que de la législation fédérale ».
Emerson, le plus grand penseur américain, traduisait la conviction de toute une nation quand il écrivait, dans son essai sur la Politique : « Moins le gouvernement gouverne, moins il y a de lois, moins on a foi dans le pouvoir, mieux cela vaut ».
Cette conception devait naturellement trouver son ipplication dans la vie économique : la puissance mblique se restreignant rigoureusement à ses foncions de police, de justice et de garde de la sécurité xtérieure du pays, la libre concurrence fut le régime énéral de l'existence nationale 2. M. Hall le disait nement aux enquêteurs de VIndustrial Commission^ : Le principe qui règne sur le continent européen st : que tout ce qui peut être fait par le gouvernenent soit fait par lui. La maxime anglaise et améri-
1. American Commonv^ealth^ II, P- 541. — 2. Cf. OIncy, North .merican Reciew, oct. 1905. — 3. Vol. ix, p. ccxxxiii.
caine est : que tout ce qui peut être fait sans le gouvernement soit fait sans lui. »
Même chez certains socialistes américains on retrouve cette crainte de l'Etat, « de l'autorité qu'il incarne, de la contrainte qu'il pratique, de la démoralisation qu'il provoque ». Sans le gouvernement et les monopoles qu'il institue ou protège, enseigne Benjamin R. Tucker, sans le monopole monétaire,,] le monopole douanier, le monopole foncier, etc., lai propriété se répartirait spontanément en raison du travail : les plus graves inégalités sociales disparaîtraient, et il ne subsisterait d'inégalité qu'autant qu'il en faut pour stimuler l'activité.
Les critiques européens ont souvent rangé B. R.j Tucker parmi les anarchistes; lui-même cependant; se classe parmi les socialistes. Seulement, dit-il, « il y a deux socialismes, l'un est communiste, l'autre! solidariste. L'un est autoritaire, l'autre libertaire.! L'un est métaphysique, l'autre positif. L'un est dog matique, l'autre scientifique. L'un invoque la souve-j raineté sociale, l'autre n'accepte aucune souveraineté.} L'un montre une foi absolue dans la violence, l'autr n'a confiance que dans les efforts personnels. Le' premier entend que l'on prenne à chacun ce qu'il possède, l'autre veut que chacun possède ce qui lui appartient. Le premier n'a confiance que dans la lutte des classes, le second ne voit le progrès que dans la coopération des classes. Le premier dit :' « La terre à l'Etat, la mine à l'Etat, la machine à| l'Etat, les produits à l'Etat ». Le second répond : « Laj terre au cultivateur, la mine au mineur, la machine' au travailleur, le produit au producteur ». J
La formule de socialisme libéral, solidariste eHJ pacifiste de Tucker est certainement la mieux adaptée! à la psychologie de la nation américaine. J
L'on pourrait, il est vrai, nous demander de quel
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droit nous rattachons cette psychologie à celle des premières générations de colons des Etats-Unis. Après l'immigration en masse d'éléments européens au cours du xix"^ siècle, que peut-il rester de ces deux types du yankee et du virginien^ du marchand et du planteur, du puritain et du country gentleman dont la juxtaposition et l'union imprimaient au caractère américain une originalité si marquée ?
La statistique et la psychologie répondent à cette question. L'immigration n'a^pu adultérer le caractère national parce qu'elle a été tardive : lorsque les Etats-Unis proclamèrent leur indépendance ils comptaient 3.900.000 habitants ; pendant plusieurs années l'immigration fut extrêmement faible. De 1820 à 1830 encore elle ne fut que de 140.000 personnes : « A cette date il y avait en Amérique une société très fortement constituée de douze millions d'âmes, ayant une histoire, des traditions, un type très vigoureux et particulier. Lorsqu'après 1840, l'immigration devint beaucoup plus forte, les nouveaux venus furent absorbés sans peine par la population préexistante et rapidem.ent américanisés. Même dans la décade qui suivit la découverte des mines d'or californiennes, l'immigration totale n'atteignit que 2.600.000 personnes, moins d'un huitième de la population américaine au commencement de cette décade ; c'est la proportion la plus forte qu'on ait eu à enregistrer 1 » .
Et puis le nombre n'est point tout dans les choses humaines ; il ne suffît point de compter des individus pour mesurer la puissance des courants sociaux. Des minorités peuvent exercer une influence hors de proportion avec leurs effectifs, parce que la masse cherche
1. Cf. p. Leroy-Beaulieii, Les nouvelles sociétés anglosaxonnes, p. 72.
à s'approcher d'elles en les imitant. Les fils des fondateurs de la République, justement fiers de leurs traditions, n'auraient jamais songé à prendre modèle sur les immigrants qui débarquaient dans les ports de l'Atlantique ; ces immigrants au contraire, quittant des pays où régnaient la misère et l'oppression, n'avaient pas de plus haute ambition, en mettant les pieds sur la Terre promise de la liberté, que de s'assimiler à la race d'hommes qui y avait fondé une civilisation nouvelle.
De là vient qu'en dépit de l'apport considérable fourni par l'immigration, la société est restée une société anglo-saxonne par les croyances, les idées et les mœurs.
Or, si le socialisme étatiste trouvait un obstacle formidable dans le caractère libéral de la philosophie et de la morale nationales, la formule de la lutte « de classes » n'était pas en moindre désaccord avec les idées et les mœurs démocratiques du pays. Aux Etats- Unis il n'existe point de castes fermées, ni même de classes sociales stables. La naissance d'un homme ne lui crée point des obstacles qui l'empêchent de parvenir aux situations les plus hautes si son énergie et son intelligence l'en rendent capable. Le président Jackson était un homme de la plus humble origine ; Abraham Lineoln avait été valet de ferme, bûcheron, marinier, employé de commerce, boutiquier. « Dans le Trust de l'Acier, peut-être la plus puissante Société qui existe, jamais le fils n'a succédé au père comme président. Au contraire le président a toujours débuté comme ouvrier, comme petit apprenti au bas de l'échelle, montant en grade par ses propres efforts. C'est comme simples ouvriers, avec une paie de quelques dollars par semaine, que la plupart des millionnaires ont commencé leur carrière. Dans certains pays le travailliste veut détruire le capitaliste,
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aux Etats-Unis le travailliste veut devenir capitaliste. Et il le devient! ^ »
Les éléments de cet état de choses sont à la fois économiques et psi/rhologiques. Il n'y a pas d'erreur plus grave que celle des théoriciens qui imaginent une évolution industrielle uniforme sous tous les climats et chez tous les peuples, et prétendent que « le capitalisme est partout semblable à lui-même ». La croyance à de prétendues « lois économiques universelles » engendre les plus sérieux mécomptes.
La Convention de Chicago de 1911, premier Congrès du Socialist Parti/, avait mis à son ordre du jour la question agraire : « Les socialistes américains croyaient avoir rédigé un programme suffisant en traduisant, résumant et commentant les études de Vandervelde, de Kautsky, d'E. David, sur la question. Mais à peine eut-on commencé à causer, que de tous côtés des protestations s'élevèrent : mais ce n'est pas du tout cela. Les choses ne se passent pas comme ça en Amérique] Vous dites que l'introduction des machines agricoles a pour effet la disparition des petites et moyennes exploitations agricoles : c'est le contraire qui est vrai, le nombre n'en a jamais été si grand, les petits fermiers ont trouvé le moyen d'utiliser les machines agricoles, etc., etc. Bref, après discussion entre les « intransigeants » et les « opportunistes », les délégués convinrent que, dans l'ignorance où l'on était de la question agraire, il valait mieux ne prendre aucune décision, et ils renvoyèrent le problème à un prochain congrès* ».
Ce n'est pas seulement l'évolution agricole qui a reçu, de la présence de vastes espaces libres, des
1. Discours de M. Walter Bcrr>', président de la Chambre de Commerce américaine de Paris, République française, 5 juillet 1918. — 2. E. Laskine, Le mouvement socialiste aux Etats-Unis, Revue Socialiste, 15 juillet 1911.
caractères spéciaux. Quand un homme n'arrivait pas à vivre convenablement dans une ville, il lui était toujours possible d'aller plus loin chercher un emploi de son activité; pourvu qu'il fût sain et vigoureux, il pouvait, sans capitaux ou presque, devenir un paysan indépendant en allant coloniser les terres sans occupants. De la sorte, « l'armée de réserve industrielle », pour parler comme les théoriciens marxistes, ne pouvait se former.
Les marxistes américains en conviennent : « L'ouvrier américain ne croit pas que ce soit aux conditions économiques qu'il doive d'être salarié plutôt que patron ; il croit que c'est un manque de chance qui le tient abaissé et il espère devenir patron dans un avenir plus ou moins prochain^ ». Rien n'est plus naturel, puisque le patron est, dans l'immense majorité des cas, un self-made man.
Si le travailleur américain n'a point la « conscience de classe », c'est aussi que le travail n'est pas aux Etats-Unis le fait d'une « classe ». Il n'y a pas eu, là, une aristocratie que le travail faisait « déroger » : l'homme « qui n'a pas besoin de travailler » n'y a jamais été entouré d'une auréole de haute naissance ou de bon ton. Le riche oisif n'y est pas objet d'admiration; le multimillionnaire américain peine jusqu'au dernier moment, et il meurt souvent jeune, usé par le labeur ininterrompu et la continuelle tension de Tesprit.
L'ouvrier américain ne se sent pas membre d'une classe inférieure. La comparaison que Sombart établit entre le standard of life du travailleur américain et celui de l'allemand ^ est à cet égard suggestive. Les salaires en argent sont de deux à trois fois plus
1. Vlag, dans The Call du 10 mai 19il. — 2. Sombart, Warum gibt es in den Vereinigten Staaten keinen Sozialismus'i 1906.
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élevés qu'en Allemagne. L'ouvrier américain n'épargne guère ; non pas qu'il soit très porté aux dépenses somptuaires, mais il tient à satisfaire les besoins réels : nourriture, logement, vêtement. Il mange trois fois plus de viande et de farine, quatre fois plus de sucre que l'Allemand (sous forme notamment de pies et de puddings) : son alimentation se rapproche beaucoup plus de celle des classes moyennes que de celle du prolétariat allemand. « Le socialisme, dit plaisamment Sombart, s'est brisé sur le roastbeef et Vapplcpie ^K
Les ouvriers et les ouvrières d'Amérique recherchent le confort dans le logement; ils s'habillent comme des « messieurs » et des « dames », gentlemanlike et ladylike. Le taux des salaires ne suffît pas à tout expliquer; il faut faire intervenir les mœurs : « Ce que l'ouvrier allemand « économise » sur les dépenses de logement, d'habillement et de nourriture, il le boit. Toute la différence entre le revente libre de l'ouvrier américain et de l'allemand, — plus, même, que cette ditférence — est absorbée sous forme de boissons alcooliques. L'ouvrier américain ignore donc les inconvénients qui « à la longue doivent nécessairement provenir de l'alliage des pommes de terre avec l'alcool ^ ».
L'usine américaine est une entreprise purement économique, d'où les rapports de souveraineté sont absents. Le patron est un employeur, non « un maître », l'ouvrier un vendeur de travail, non un inférieur. On a remarqué que s'il manque quelque chose dans l'usine, ce sont parfois les instruments de protection contre les accidents. Mais toujours on a veillé avec soin au « confort », aux lavabos, aux appareils de bains, aux armoires ; généralement l'ou-