‹ Le soldat de la République;Chapitre 14 sur 29 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Les Mêmes, excepté CAROLINE.

M. ROBERT, examinant avec empressement et à part, le paquet qui vient de lui être remis. Elle ne m'a pas trompé , et grâce à ce vêtement... [Avec la plus grande surprise et apercevant des mots écrits sur ta doublure de l'habit.) Qu'ai-je vu! n'est-ce pas une illusion... Jules Robert!., cet habit... par quel événement, quel prodige... Ah! il faut que je revoie cette femme, il faut qu'elle m'explique...

SOLDATS. Aux armes!

CHOPART. Eh ! eh ! l'appel avance , par là-bas ; à nous autres, les amis !

M. ROBERT, qui a fait quelques pas vers la maison et s'arrête tout à coup. L'appel... Ah! le devoir d'abord, et la nature après...

Il entre précipitamment et 6ans être vu, dan» la cour à gauche , dont il referme la porte sur lui. Les tambours battent un rappel.

schnk xu.

SOLDATS, FALKNDIUN, PICHARD, ALBANI, Quelques

Villageois, aux fenêtres, puis LE COLON KL, LYONNIS, LE CAPITAINE, OFFICIERS, et M. KOBEttT, en costume de soldat.

Les troupes ont couru prendre leurs armes qu'elles avaient mises en faisceaux, et se rangent diagnnaleuicnt en file, jusque sur 1<: devant de la maison de Jules. Le colonel et quelques officiers paraissent an fond, présidant à l'appel que fait un s ous-oflieier, tandis qu'un aulrc, un rôle à la main, semble écrire au fur et à mesure qu'il l'ait enlendre les nom». Pendant ce temps, Albani sur le devant de la scène, à droite, s'entretient à voix basse avec quelques villageois.

LE SOUS-OFFICIER, faisant l'appel. Sixième compagnie

silence à l'appel... Paul Leroux... Sosthène Rcmy...

ALBANI, aux villageois. Mais, malheureux, parlez donc plus bas : voulez-vous vous perdre tous et me compromettre, moi, une autorité?

LE SOUS-OFFICIER, continuant. Jean -Michel Delille...

PREMIER PAYSAN, bas a ses camarades. Ils sont moins nombreux que nous ne croyons; si le projet que je viens de vous communiquer peut réiusir, c'en est lait d'eux.

LE SOUS-OFFICIER. Georges- H ippolyle Berlin...

DEUXIÈME PAYSAN, d Albani. Songez que vous êtes des nôtres?..

LE SOUS-OFFICIER. Alexandre Yerdier...

ALBANI, bas auœ villageois. Pour Dieu! je vous en prie, laisezvous. C'est convenu, mais encore une l'ois il ne faut rien laisser paraître... [S* adressant subitement au capitaine qui l'observe et s'est approché de lui.) Superbe compagnie! et tous gaillards qui ont Pair décidés...

LE CAPITAINE, d demi-voix. A ne vous faire aucun quartier, si vous vous avisez de ne pas marcher droit.

LE SOUS-OFFICIER, appelant toujours. Louis Jules Robert...

M. ROBERT, se faisant distinguer en tête du rang où il a pris sa place. Présent...

Lyonnis s'arrête et le considère avec la plue grande surprise.

LE SOUS OFFICIER , terminant l'appel. Joseph Delamarre... et Pierre Auguste Perrier... (Au colonel.) Sur les huit hommes manquant dans cette dernière compagnie, un seul a répondu: en tout quarante-deux absens.

LE COLONEL. Il suffît; que leur condamnation soit publiée. et insérée à l'ordre du jour. Major Lyonnis, vous vous informerez des motifs qui pourraient excuser celui-ci. (// désigné M Robert.) VA \ ous les soumettrez au conseil.

M. ROBERT, d part. Il est sauvé!

En achevant , le colonel a invité ses officiers à !e suivre , et il passe avec eux dans les rangs. Pendant ce temps Lyonnis aborde M. Robert, et Tamenant sur le devant de la scène:

LYONNIS, bas. Me connaissez-vous, monsieur?., osez donc me soutenir que vous êtes Jules Robert?., j'étais son ami lorsque je le croyais digne de ce titre.

M. ROBERT, de même et passant subitement de l'effroi d V espérance. Son ami!., en ce cas vous ne sauriez me trahir; vous ne rendrez pas mon dévouement inutile, n'est-ce pas?., vous aurez pitié de la douleur d'un père qui vient sauver l'honneur de son filsj ou mourir à sa place.

LYONNIS , vivement surpris. Qu'entends-je ! vous, son père !.. {avec émotion, et lui prenant lamain.) Comptez sur moi, monsieur, je vous prouverai que mon âme est digne de comprendre la vôtre.

LE COLONEL, après avoir passé dans les rangs. Officiers, je vous fais compliment de l'ordre qui règne dans vos compagnies; vous, en fans, persévérez dans votre belle conduite , vous en recevrez la récompense; car aujourd'hui du moins, une brillante carrière est ouverte à votre ambition : ce n'est plus seulement à la faveur et à la naissance que se donneront les honneurs et lés grades; c'est au talent, au courage, et le dernier d'entre vous, à peut-être dans sa giberne une épaulette de général.

M. Robert a repris sa place , mais les rangs sont bientôt rompus , et les soldats se précipitent vers leur colonel en témoignant la joie la plus vive, tandis qu'Albani et les paysans qui l'entourent semblent convenir entre eux, des moyens d'exécuter leurs projets. — Tableau.

Fin du premier acte.

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