SCENE PREMIERE
JULES, seul. (Il est assis d gauche, près de la table, et tient d la main une lettre qu*il vient d'écrire.)
Partir! m'expatrier encore I l'exposer aux horreurs d'une misère certaine; elle! ma Caroline, déjà si malheureuse et pourtant si dévouée!... Oh! non, lorsque j'ai promis cela j'étais fou, j'étais en délire. La résolution que je viens de prendre est la seule à laquelle je devais m'arrêter; et je vous remercie, vous, ô mon Dieu, qui, en me l'inspirant, m'avez aussi donné la force de l'accomplir!... Avant une heure j'aurai repris mes habits de soldat, et mon sort sera fixé : pour elle, grâce à ce peu d'or qui me reste, il lui sera facile de revoir la France, et cette lettre..... (La cachetant et mettant t'adresse.) Pauvre père! En lisant ces lignes à demi effacées par mes larmes, ton cœur sera déchiré; mais, j'en suis sûr, tu exauceras ma prière, tu auras pitié de celle à qui je dois une patrie, une famille, et tu sauras du moins que ton fils n'est pas tout-à-fait indigne de toi, puisque pour recouvrer l'honneur il a fait le sacrifice de ce qu'il avait de plus cher au monde ( // se dirige vers le fond, écarte un des rideaux et, sûr de ne pouvoir être vu, il ouvre une petite armoire pratiquée dans le mur, • — Avec la plus grande surprise : ) 0 ciel ! plus rien!... Caroline aurait-elle déjà...