SCÈNE XIV
Les Mêmes. TROUPES DE RENFORT.
TOUS. Les voilà ! les voilà !
Do nouvelles troupes arrivent en effet , et se mêlent aux autres qui les reçoivent avec le» plus vives démonstrations.
LE COLONEL. Jules Robert, car je sais tout maintenant, j'ai promis au major Lyonnis qu'en cas de réussite, je vous accorderais ce que vous me demandriez, parlez, que voulez-vous?
JULES, vivement. S\\\ ma grâce, colonel...
LE COLONEL. Votre grâce, et pourquoi donc vous aurait-on puni? n'avez-vous pas été remplacé. (S'adressant aux soldats.) Répondez tous : celui qui vient de risquer sa vie pour sauver deux mille de ses frères, mérite-t-ii une épaulette?
TOUS, s' avançant à t'a porte et aux fenêtres du fond. Oui! oui!
LE COLONEL. Jules Robert, vous êtes sous-lieutenant. [A M. Robert.) Quant à vous, monsieur, c'est au général en chef.
lui-même, que je rendrai eompte de votre tendre dévoûment el de la rare intrépidité dont vous avez fait preuve.
M. ROBERT. Eh! ne suis-je donc pas déjà suffisamment récompensé par le bonheur de mon fils?., non, non, colonel, laissez ignorer une action aussi simple ; la seule faveur que je sollicite , c'est que vous m'admettiez dans vos rangs pour achever cette campagne avec lui, pour prendre ma part de la gloire dont je réponds qu'il va se couvrir, et payer peut-être encore par un peu de mon sang, ma dette à mon pays.
LE COLONEL, lui prenant la main. Bien, bien; voilà une résolution digne de vous. (S* adressant à tous. ) Soldats, de nouveaux succès vous appellent, et vos frères vous attendent; au lever du jour, le départ. Le drapeau républicain qui déjà, flotte dans toute la Lombardie, flottera sans doute aussi bientôt sur les murs de Turin, de Milan et de Mantoue; souffrirons-nous que ces villes soient prises, sans que le général en chef ait pu reconnaître à l'assaut, les plumets de la trente-deuxième?.. Non, point de repos avant ces victoires ; car ce n'est qu'après elles seulement, que la France libre et respectée du monde entier, pourra donner à l'Europe une paix glorieuse; alors aussi, vos pères, vos mères, vos épouses, pourront se vanter de vous appartenir, et quand vous rentrerez dans vos foyers, vos concitoyens diront en vous montrant : Il était de Carmée d'Italie.
Ces paroles ont excité l'enthousiasme des troupes. Un cri général s'élève ; Oui, oui , le départi,, à Montenottel.* vive la république^... Le bruit du tocsin se fait entendre, des femmes; des en fans accourent effrayés et se jettent aux pieds du colonel qui les relève et les rassure : Jules et Caroline sont unis par M. Robert, et Lyonnis partageant leur bonheur, les désigne avec joie à ceux de ses camarades, qui l'entourent.