DÉCOUVERTE DU MOUVEMENT DE ROTATION
Fabricius découvre en 1611 les taches du Soleil et leur mouvement apparent. — Galilée détermine la durée de leur visibilité et celle de la rotation du Soleil.
Le globe du Soleil tourne autour d'un de ses diamètres, d’un mouvement uniforme, en un temps qui est à peu de chose près de 25 jours et demi.
La découverte de ce fait, d’une si haute importance pour l’astronomie, remonte aux premières années du xvn e siècle, à l’époque ou l’on put observer la surface du Soleil avec les lunettes récemment inventées : c’est à l’astronome hollandais Jean Fabricius qu’elle est incontestablement due, et qu’en revient tout l’honneur, comme le prouve le mémoire qu’il publia en juin 1611. Mais Giordano Bruno et Képler 1
1 . Il est assez remarquable, dit Humboldt ( Cosmos , III), que Giordano Bruno, qui monta sur le bûcher huit ans avant l’invention du télescope et onze ans avant la découverte des taches solaires, crut à. la rotation du Soleil autour de son axe. En 1609, Képler publiait son ouvrage Astronomia nova seu Physica cœlesHs, où il démontre, par les observations de Mars, les deux premières lois qui portent so*i nom . C’est dans un passage de ce livre qu’il expliquait le mouvement de& planètes par la rotation du Soleil.
avaient soupçonné le mouvement de rotation; et Galilée, qui découvrit de son côté les taches du Soleil la môme année que Fabricius, ne tarda point à arriver à la même conclusion que le savant Hollandais. Voici dans quelles circonstances eut lieu cette importante découverte.
Fabricius, examinant un jour avec une lunette le disque du Soleil, vit avec surprise à sa surface une tache noirâtre d’assez grande dimension qu’il prit d’abord pour un nuage. Un examen plus attentif lui prouva qu’il se trompait, mais l’élévation de plus en plus grande du Soleil et l’éclat éblouissant de l’astre (on ne se servait point encore de verres noirs pour l’observation) le forcèrent à remettre au lendemain matin l’étude de ce phénomène singulier. « Mon père et moi, dit-il, nous passâmes le reste de la journée et la nuit suivante avec une extrême impatience, et en rêvant sur ce que pouvait être cette tache ; si elle est dans le Soleil, disais-je, je la reverrai sans doute ; si elle n’est pas dans le Soleil, son mouvement nous la rendra invisible; enfin, je la revis dès le matin avec un plaisir incroyable ; mais elle avait un peu changé de place, ce qui augmenta notre incertitude; cependant nous imaginâmes de recevoir les rayons du Soleil par un petit trou dans une chambre obscure et sur un papier blanc, et nous y vîmes très-bien cette tache en forme de nuage allongé : le mauvais temps nous empêcha de continuer ces observations pendant trois jours. Au bout de ce temps-là, nous vîmes latac/iequi était avancée obliquement vers l’occident. Nous en aperçûmes une autre plus petite vers le bord du Soleil ; celle-ci, dans l’espace de peu de jours, parvint jusqu’au milieu.