GG
ini
ISi.S
IMV.I
loi) 1
1 G . oG
()" Les variations dos taclies rappolleiit iiatuivllcmciit les oljscurcissements du Soleil qui, au dire des historiens, se sont produits en plusieurs circonstances; mais il faut procéder avec beaucoup de discernement. Un grand nombre d(" ces phénomènes qui ont attiré lattention du peuple ne sont ([lie des éclipses mal observées et encore plus mal décrites ^' . Dans d'autres circonstances, l'obscurcissement a été produit par des brouillards secs très-persistants; tel est probablement
(') M. Roche, Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, t. LXlll. p. 38',.
relui (|ui. au dire de Kepler et de Gemma-Frisius, eut lieu en i547- ^^ " t^^t pas impossible que quelqu'un de ces phénomènes soit dû au passage d'un nuage de matière cosmique, ou à une quantité prodigieuse de petites taches, ou encore à une condensation extraordinaire de matière absorbante à la surface de la photosphère ; mais nous ne saurions rien affirmer de certain à cet égard.
C'est ainsi que, d'après Virgile, qui s'est fait l'écho d'une tradilion qu'on retrouve dans Thistoire, le Soleil s'est obscurci à la mort de César :
nie etiam extincto miseratus Caesare Romam, Qiuim caput obscura nitidum ferriigine texit, Inipiaque œtcrnam timueriiiit sœcula noctem.
En l'an 553 et en l'an 626 de l'ère actuelle, le Soleil resta obscurci pendant plusieurs mois; mais ces faits, d'ailleurs mal observés, et rapportés sans doute avec beaucoup d'exagération, se sont présentés à des époques qui paraissent complètement indépendantes les unes des autres, tandis que les variations que nous venons d'étudier offrent une régularité presque mathématique.
§111. — Recherches sur les causes de la périodicilé des taches.
Une périodicité aussi bien constatée devait naturellement inviter les astronomes à rechercher les causes qui peuvent la produire. La seule présence des taches dans la région zodiacale avait fait soupçonner à Galilée une relation de dépendance entre les taches et la position des planètes (* ); mais il
(') Seconde K-ttre ii \'elser.
i\ \ a I.i ([111111 s(»ii|>(;()n <|ui ir<'st pas suffisaniiiicnt justifié. Il nous est iiiipossiltlc de rien alfirnicr de ccrtiiu sur cette question. I .a i aux- (Icteiininaiili' de la periotlicité peut être iiileiieure au corps solaire, cl dcpcndic d<' ( ii'coiistaiices (|ui nous restei'oiit a jamais cachées. \.\\c peut aussi être extél'ieure : elle peut élre due à l'influence des planètes ou à I action du milieu (pie traverse le Soleil. Celte dernière iivpotliése est peut-être moins probable; il ne nous reste alors à examiner que l'influence des planètes.
Dapies AI. Wolt, leur attraction serait la cause réelle de la périoilicité cpu nous occupe, cette attraction produisant a la surface du globe solaire de véritables marées (\u'\ donnent naissance aux taches, et ces maré(\s elles-mêmes aNant des variations périodiques dues aux déplacements périodiques des astres qui les produisent. On avait même cru j)ou\()ir affirmer (pie la période principale coïncidait avec la révolution de Jupiter; mais M. Carrington a fait voir que cette coïncidence, j)iirement accidentelle dans une époque, ne se reproduit pas dans les périodes suivantes, et qu'on n'en peut tirer aucune conclusion sérieuse ('). L'action de Mercure et de A énus serait peut-être plus efficace. Leur distance au Soleil est peu considérable, ce qui rend leur influence plus sensible; mais, d'un autre coté, leur masse nous parait bien faible pour produire de .semblables effets. On ne peut donc pas trancher cette cpiestion .sans un examen sérieux; c'est aux astronomes mathématiciens qu'il appartient de l'étudier et de la résoudre par le calcul.
(') Nous sommes vraimeiil surpris de voir souvint cilor M. Cariington comme favorable à la coïncidence de la révolulioii de Jupiter avec la période des tache» : c'est lui, au contraire, qui a démontré que cette coïncidence est purement accidentelle pour repoque particulière qu'on avait examinée.
M. delà Rue et ses savants collègues, MM. Stewart et Lœvy, ont laborieusement étudié ce point de la physique solaire. Ils paraissent être arrivés à cette conclusion que les conjonctions de Vénus et de Jupiter ont une certaine influence sur le nombre des taches et sur leur latitude, et que cette influence est moins considérable lorsque Vénus se trouve dans le plan de Téquateur solaire. Et, de fait, un grand nombre des inégalités de la courbe reproduite plus haut [fig. 'ji) correspondent réellement avec des positions particulières de ces deux planètes.
Pour reconnaître avec plus de précision ces coïncidences et l'importance qu'il convient d'y attacher, M. de la Rue a fait un dernier travail dans lequel il a analysé séparément différents groupes de taches, s'attachant principalement à celles qui ont donné lieu à des séries d'observations plus continues et plus complètes, surtout lorsque les observations correspondent à la partie de la révolution la plus centrale. Après avoir étudié -^94 groupes différents, il est arrivé aux conclusions suivantes :
i'* Si nous menons un méridien passant par le milieu du disque solaire et représenté par un diamètre perpendiculaire à l'équateur, on trouve que la grandeur moyenne des taches n'est pas la même par rapport à ce méridien. Il parait certain que la correction de perspective ne suffit pas jjour expliquer cette différence , et qu'il faut introduire un autre élément pour obtenir que les dimensions apparentes des taches soient les mêmes de part et d'autre. L'explication de ce fait n'est pas encore bien certaine ; voici la plus probable : les taches sont entourées d'un bourrelet saillant qui semble disparaître en partie pendant le trajet. Ce bourrelet est plus relevé sur le bord antérieur que sur le bord postérieur; il en résulte que les taches doivent paraître plus pe-
- im -
tites lorsqu'elles sont dans la partie orientale du disf|ue. plus «grandes lorstju'elles sont dans la partie occidentale; car, dans la j)reniière posiliou, la \ue rencontre un obstacle plus ele\(' cpii cache une pai'tie de la taciie elle-même.
2" AI. de la Hue a étudie parliculièrement les taches ohseivées à repo([ue où les planètes inférieures, Vénus et ^lars, se trouvent à des distances hélioc<'ntriques de la Terre égales à o,()0,i8o, a^odegrés; comme les lac lies (pii corre.spondent à ces époques sont nécessairement peu nombreuses, il v a ajouté celles (pii correspondent à des positions peu différentes, <'t il est arrivé à ce résultat : les taches sont plus grandes dans la partie du Soleil qui est opposée à Vénus et à Mercure, elles sont jdus petites du coté de ces deux planètes. On obtient le même résultat, .soit avec les figures de Carrington, soit avec les photographies de Rew.
3" Cependant on ne remarque pas que Jupiter ait une semblable influence. La révolution de cette planète est de si longue durée (pi'on n'a peut-être pas encore fait un a.ssez grand nombre d'observations. Cette influence devrait être fa( ile à remarquer, car si l'on calcule l'action des planètes comme on le fait pour h^s marées, en la regardant comme directement proportionnelle aux masses et inversement proportionnelle au cube des distances, l'influence de Jupiter l'emporte de beaucoup sur celle de Vénus.
Quoi qu'il en soit, on doit avoir une liante estime pour ces travaux si éminemment j)ropres à nous éclairer sur les relations qui existent vn[rc les taches et la position des j)lanètes.
M. Wolf croit apercevoir une certaine influence^ de Saturne; mais, on nous permettra de le dire avec fraiu bise, il est trop facile de se faire illusion dans la manière de grouper et de combiner les nombres pour que nous ]iuissions admettre ce dernier résultat.
M. de la Rue a remarqué que les grandes taches sont généralement situées aux extrémités d'un même diamètre. Cette même loi s'applique aussi bien souvent au développement des grandes protubérances. Cette coïncidence s'accorderait bien avec l'hypothèse d'une action analogue à celle qui produit les marées.
Quel que soit le degré de probabilité de ces explications, nous ne devons pas nous dissimuler que nous sommes encore loin d'une démonstration rigoureuse. Si nous considérons avec attention les variations périodiques des taches, nous ne tarderons pas à nous convaincre cpiil est impossible de les relier directement avec une fonction astronomique quelconque, car les taches se présentent d'une manière soudaine et irrégulière qui contraste trop manifestement avec l'action continue et progressive des perturbations de la Mécanique céleste. 11 n'v a qu'une réponse à faire à cette objection. Les taches et leurs variations seraient des manifestations visibles de l'activité périodique du Soleil, activité qui dépendrait ellemême de l'action des planètes et de leurs positions relatives. La cause ainsi définie de ^acti^ité du Soleil peut être très-régiilière ; cette activité elle-même peut varier d'une manière continue sans que les phénomènes qui en résultent possèdent les même continuité et la même régularité. C'est ce cjue nous vovons sur la Terre dans la succession périodique des saisons. La position du Soleil, et par conséquent sa manière d'agir sur notre globe varient avec une continuité remarc[uable, et cependant les phénomènes météorologicpies cpii en résultent sont irréguliers et capricieux. Nous verrons bientôt que les savants inclinent de plus en plus à croire cpie les taches ne sont que des effets secondaires produits par des causes plus importantes et plus radicales.
Qu'il y ait là quelque mystère caché, c'est ce qui résulte
avec cv idriicc di' ce fait tivs-curiciix (jiic la période iiiidcrciiiialc de la Naïaation dos taclics coiiicidi' (runc inanicrc aiis-,i inattciidiic (|ii(' (ertainc awc la pci'iodc des Nariatioiis du niaiinctisiiic Icnvstro. Nous nous coutcntons (riudicjucr ce fait inijxn'laut , nous rcscrNanl d'en narlcr en dclail i()i'S(|U(' le moment sera \ eiui.
(Juelle (|ue soit notre ignorance relativement au\ causes <|ui peuvent produire les variations de l'actixité solaire, nous pouvons du monis tirei* une conclusion des lenianpies j)réccdentes : c'est (pie le Soleil est loin dètre parvenu à un étal de calme et de tran([uillité; il est, au conti'aire. le siège d une nn!nens(^ activité; cette acti\ité est sujette à de nond)reuses variations périodiques cpii doivent, à leur tour, influer sur l'intensité de ses radiations calorificjnes et lunnneuses, et réagir ainsi sur les planètes qui reçoivent de lui la chaleur, la lumière et la vi(^
LIVRK m.
DK I.'ATMOSI'III Kl. SOI. mi; I
Dans les Cliapilivs précédents, nous avons souvent parlé d'inic atniosplière gazeuse et transparente envclopj)ant le Soleil, et dont l'existence résulterait nécessairement des idées que nous avons admises sur la nature de la couche photosphérique. Nous devons maintenant aborder l'étude de cette atmosphère et examiner les preuves directes de son existence. Ces preuves seront déduites : i'^ de l'absorption cpi'elle exerce sur les radiations lumineuses, chimiques et calorifiques; 2" des études spectroscopiques; S'' des j)héiiomènL's qu'on observe pendant les éclipses totales. Ce troisième Livre sera consacré aux deux premières questions ; nous parlerons des éclipses dans le quatrième.