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p;ir tlevciiir roiitls et cratériformes. Nous avons mi (jucl est
Firr. 'II.
Fi{J. 213.
le mécanisme par lequel s'accomplit cette régularisation [voir
t. I, p. 82 et suivantes) : c'est un afflux de la matière photosphérique ambiante qui se précipite clans la cavité. Si cette cavité était vide, l'afflux aurait lieu avec une vitesse immense ; mais, la cavité étant remplie de vapeurs, celles-ci opposent une résistance au progrès des courants : cette résistance cependant n'est pas indéfinie. Ces masses ont été lancées en haut par l'éruption, elles se sont refroidies par leur dilatation, et aussi parce qu'elles sont arrivées à la surface extérieure libre qui rayonne vers l'espace. Dans l'intérieur de la tache, il y a donc une résistance venant de cette masse refroidie, et une autre qui vient de la force mécanique de projection, du dedans au dehors, que possède la matière lancée dessus. Cela explique le rebroussement des langues et le désordre des courants dans l'intérieur de la tache; mais, lorsque l'éruption diminue d'intensité {au moins par intervalles), ces masses refroidies et plus lourdes commencent à descendre dans la photosphère, et alors celle-ci les envahit par ses courants, de sorte que la section verticale d'une tache serait à peu près représentée dans ces deux états par iesjig. 211 et 212.
On avait conclu de ces particularités que le centre ou le novau de ces taches était la bouche d'un cratère ; les observations spectrales nous ont amené à modifier en partie cette conclusion. Cet orifice doit être toujours invisible : i*' au bord dudisque, car ilestvu par imeligne tangente à son ouverture; 2° au milieu du disque, car il nous sera caché par la masse même qui est rejetée. Du reste, quoi([ue nous ne voyions pas l'orifice, nous voyons bien l'éruption elle-même, et le spectroscope la révèle par les raies brillantes de l'hydrogène et des métaux qu'on voit souvent dans l'intérieur des taches en grande activité. Le spectroscope nous prouve encore que le centre éruptif ne se trouve pas nécessairement dans le noyau même de la tache, il peut se trouver en im point quelconque
du voisinage. L'observation montre que les jets de matière ehromosphériqiie existent souvent au-dessus des facules brillantes; nous avons vu combien il est difficile de constater d'une manière précise le point où se produit l'éruption. De plus, la matière rejetée ])eut être lancée obliquement, elle peut tomber loin de l'orifice (comme nous l'avons constaté tant de fois) et être transportée par les courants loin du centre d'émission.
Dans ces éruptions, il faut encore distinguer les jets d'hydrogène, cpii en général ne forment pas tache, des matières métalliques. Nous voyons souvent une tache ayant à peine I ou 2 degrés héliocentriques de diamètre succéder à une éruption qui en occupe 6 ou 7 ; mais de cette grande étendue une petite portion seulement présente des jets métalliques. Nous pouvons donc être certains que les centres d'émission ne se trouvent pas uniquement dans les noyaux, mais qu'ils peuvent être dispersés dans le voisinage. D'après notre manière de voir, le noyau d'une tache est la région où la matière absorbante lancée par la force éruptive vient se placer entre l'œil de l'observateur et la photosphère du Soleil. Pour abréger, on peut bien appeler nuage cette masse de vapeur; mais, pour prévenir les malentendus, nous préférons le terme indifférent de nappe. Cette nappe absorbante ^ composée de matière éruptive, ne reste pas nécessairement et toujours tranquille et ramassée au-dessus de l'orifice d'où elle est sortie : les vapeurs peuvent être lancées dans toutes les directions et entraînées à de grandes distances. Nous avons vu plus d'une fois des jets paraboliques très-allongés occuper une étendue de 2 à 3 degrés, et même davantage; dans ce cas, nous pouvons assurer que les vapeurs vont se répandre à une grande distance de l'orifice d'émission. Le noyau est donc simplement la partie la plus dense et la plus absorbante de la
matière ériiptive, ce qui cependant n'empêche pas qu'il puisse quelquefois correspondre au siège de l'éruption .
Lorsque les orifices d'éruption sont nombreux, il doit arriver que plusieurs jets de vapeur, issus d'eux, se réunissent de manière à former une seule nappe; de même, plusieurs nappes, d'abord séparées et irrégulières, peuvent se réunir en une seule nappe plus considérable, avant en son centre une épaisseur ou une densité plus grande, ce qui constitue le noyau. Le spectroscope nous montre, en effet, ces jets multiples, et nous avons remarqué plus d'une fois que les grandes taches résultent souvent de la réunion d'un o;rand nombre de petites.
Donc, pour nous résumer en peu de mots, chaque tache suppose une éruption, de l'intérieur à l'extérieur, de matières gazeuses et métalliques. Tant que dure la période violente de l'éruption , les masses lancées se croisent dans toutes les directions, et elles sont mêlées de filets de matière photosphérique, qui constituent les courants et les ponts et donnent aux taches des formes bizarres et irrégulières ; pendant cette période, les pénombres sont mal définies, et toutes les théories rendent également bien compte des phénomènes. Mais, lorsque cette première effervescence est apaisée, commence un double travail : i** la masse projetée se refroidit par la dilatation qu'elle éprouve et par son séjour dans une région où la température est moins élevée; elle retombe alors, tend à se réunir et à s'enfoncer dans la photosphère, de manière à rétablir le niveau qui a été dérangé dans la période précédente; 2° il résulte de là un mélange de la substance gazeuse refroidie avec la matière photosphérique qui l'environne. Alors, au mouvement confus et désordonné de la première phase, succède un afflux plus ou moins régulier de la matière photosphérique qui se précipite sous forme de
langues pour aller remplir le vide du au refroidissement des vapeurs métalliques : tel est, en effet, l'aspect que présente la pénombre, lorsqu'on l'observe avec un puissant instrument (t. ^ifig' 47 <?t P- 92). A ce sujet nous crovons devoir reproduire [PL I) la belle figure de M. Langlev, qui a exprimé d'une manière très-saisissante ces rebroussements et ces agitations déjà indiquées dans nos, Jl g. 27, 28, 47? ftf- Les constatations que M. Langlev a faites au moven de son puissant instrument sont venues confirmer nos propres descriptions ( ').
(') La figure de M. Langley, que reproduit la PL I, étant devenue célèbre et la base de certaines discussions, demande quelques explications. Elle représente une portion de la tache observée par M. Langley les 23, 2\ et 25 décembre iS^^. D'après ce que nous dit l'auteur lui-même (p. igS du t. IX de Y American Journal of science, march 1875), « elle est appelée tache typique, car elle est moins un dessin exact de ce qu'on pouvait voir dans un moment déterminé, qu'un assemblage des divers types présentés dans leur connexion ordinaire. Le tout a été puisé dans les observations; mais, pendant que les détails de la photosphère environnante ont été suppléés par d'autres études, tout ce qui se rapporte au corps principal est lu reproduction la plus exacte que je pouvais faire des formes de l'ombre et de la pénombre ».
Il est donc évident, d'après l'aveu de l'auteur, que le dessin n'a aucune prétention à reproduire un assemblage particulier, mais qu'il représente seulement le type général de la structure de la pénombre et des noyaux ou ombres. Après tout ce que nous avons dit dans cet ouvrage, les lecteurs ne seront pas surpris de cette structure. Seulement, grâce à la rare habileté de l'artiste astronome, la disposition des filets se trouve reproduite avec une admirable délicatesse ; leur épaisseur, mesurée sur la figure, estde^àj seconde d'arc, et il ne faut pas s'étonner qu'avec une lunette plus grande (i3 pouces anglais) on ait pu résoudre en filets plus minces ce qui, dans des lunettes moindres '94 pouces), parait une seule niasse homogène. D'ailleurs, abstraction faite de la force de l'instrument, nous avons bien souvent déplore de ne pouvoir reproduire exactement la délicatesse et la complication de ces formes, mais un tel travail, s'il peut se faire pour un essai parliculier, serait impossible pour toutes les taches, le temps nécessairepour cela manquant absolument, et la photographie n'en saisissant rien. Les têtes des filets, grossies et souvent rebroussées, sont parfaitement ce que nous avons tant de lois signalé (t. I,y%. 17, et p. g^, 8S et Ç>i). Cette espèce de chute, semblable à celle que présentent les ciétes des vagues d'une mer agitée, et que le ton du dessin fait admirablement ressortir, est très-bien prononcée, et nous voyons avec plaisir confirmé ici ce qui nous avait été contesté {voir t. I, p. 83). L'habileté du dessinateur atteint vraiment à l'idéal que l'observateur se forme en regardant ces phénomènes que seul un artiste astronome peut reproduire. Ce dessin confirme donc d'une manière saisissante ce que nous avons tant de fois signalé, ce qui pouss.iit .M. Srhiaparelli à nous écrire