‹ Le Soleil d'orChapitre 26 sur 27 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Deux jolis enfants, rosés comme des pommes d'amour, folâtrât sur le gazon d'une v^rte pelouse, sur .tes. bords du lac de Constance.

À quelques pas. d'eux, un couple gracieux suit amoureusement leurs ébats.

— Oh 1 pouvai^je espérer tant de bonheur I dit le jeune homme.

— Ne l'avez~vou8 point mérité, Georges? répond la jeune femme.

— Non, car...

— Car...?

— La France n'est pas libre. .. .

— Chut ! dit à ce moment un homme d'un âge mûr en lui mettant la main sur la bouche.

— Ah! monsieur Jeannet, ce n'est pas gentil cela! vous vous interposez toujours entre mon mari et moi. Je ne puis lui arracher son secret.

— Ma chère méchante, répond Jeannet en l'embrassant sur les deux joues, il y a des choses que les femmes ne doivent pas savoir.

— C'est pour cela que vous ne vous êtes point marié, monsieur le mystérieux !

— Peut-être.

~- Et vous avez bien fait. Pour moi, je ne voudrais pas être la femme d'un vilain cachottier comme vous. Depuis que vous êtes venu nous rejoindre en Suisse, après votre évasion, je n'ai pas eu un moment de tête-à-tête avec Georges! Tenez, le voilà qui vous fait déjà des signes ! Je me sauve pour vous laisser tous les deux, mauvais cabaleurs !

Ce disant, Clémence Cléry, ou plutôt madame Georges Duval, court, le- sourire aux lèvres, jouer avec ses deux enfants.

— Eh bien! dit alors Jeannet au jeune homme, avez-vous reçu des nouvelles de Louis Duchesnes?

— Oui ; jugez de ma joie, mon ami, il quitte définitivement le service et viendra résider avec nous'

— Et Lucie?

— Ma mère m'écrit qu'elle a jyis le voile. Mais où allez- vous comme cela? on dirait que vous êtes vêtu pour un voyage.

— Moi, mon enfant, répliqua Jeannet, j'appartiens au carbonarisme : la vente suprême m'a enjoint de lui conserver mon existence, et je la lui ai conservée en brisant mes fers. Aujourd'hui, elle m'enjoint de partir, je vais où ses ordres m'appellent. Adieu! vivez heureux ici, je ferai en sorte qu'on ne trouble pas la paix de votre ménage. Après le jour de la rédemption humanitaire seulement je me reposerai! adieu!

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