LOUISETTE, ÉLOI, TONTON
Au lever du rideau, Louisette et près d'elle Êloi et Tonton sont groupés vers la gauche, et paraissent regarder vers l'extérieur.
louisette. Silence! il dort.... Pauvre Étienne! Ah ! malgré la colère que j'ai tou-
jours contre lui depuis son cruel abandon..., je ne puis m'empêcher de le plaindre, et l’é tat affreux où je l'ai revu...
tonton. Quequ’ça fait, madame, puisqu’enlin le v'Ia heureux, le vl’a près de vous, de vous , devenue une grande dame , une reineï Ainsi donc, son ambition sera satisfaite... il sera roi, c’est ça uu beau grade!
êloi. Je crois bien , et je serai suriutendant de sa bouche, sou premier fricolleur;
MAGASIN THEATRAL
en v'ià de la chance! Je serai attaché à son palais... royal!...
louisette. I(oi ! oli ! non, nous n'en sommes pas encore là. ... Je veux , oui , je veux l’éprouver d'abord, lui donner une petite leçon.
tonton. Une leçon ?
LOUISETTE. Oh! pas trop sévère... mais, enfin, jusqu'à ce jour, ce n'est pas moi, c'est le ciel qui l’a puni de son ambition ; ce n’est pas moi qui lui ai fait comprendre combien on souffrait , même au milieu du luxe et de la grandeur, quand on était délaissé par ce qu’on aime... Je veux qu’il le comprenne enfin', et qu'il soit nn peu malheureux encore avant de connaître tout son bonheur...
Par là , je m'assurerai en même temps si je suis toujours aimée, aimée |>our moi-même, et non pas à cause de cette couronne. Enfin, je veux être à la fois deux femmes pour lui, la reine de Bagdad et la petite Bretonne ; je veux voir quelle est celle des deux qu’il aimera le mieux; et malheur à lui... oh ! oui, malheur à vous, monsieur Étienne, si vous ne préférci pas Louisette à la reine !
TONTON. Prenez donc garde, majesté...
Si vous parlez si fort, il va se réveiller!
louisette. Tu as raison, et je m’éloigne :
car ce n’est pas sous ces habits qu'il doit me retrouver. Je l’ai mise au fait de tout, ma bonne Tonton; en pressant ce ressort, tu feras disparaître en un clin d'œil la tente où nous nous trouvons. Et lui ! lui ! qui tout à l’heure , pendant son sommeil , murmurait encore le nom de notre village, et qui s'y croyait transporté, sans doute... ch bien I
Air des Mémoires .
Il faut que par nos soins son erreur te prolonge. Il dort; pour son bonheur, je veille près de lui. Lui rendre à son réveil ce qu'il voyait en songo, Allons, je compte sur vous, mes amis.
Elle sort.
VVVVmWWVHV \ VVWVVVWWNXXVWVWWVW M W W WWWWW