SCENE III
ÉTIENNE, seul.
O mon Dieu ! mon Dieu ! qui m'a transporté ici, et par quel miracle?... Ai-je perdu la raison ? Ah ! tâchous, si je puis, d’étre encore maître de moi et de rassembler Ut tous mes souvenirs!... Oui, j’y suis, je me rappelle , un naufrage ! tous mes malheureux compagnons engloutis... et moi seul... sauvé, rejeté mourant sur le rivage... et puis... on m’a transporté dans un riche {valais , où je suis tombé épuisé de fatigue... et puis je me
souviens encore dans mon sommeil le
pays, la plage où s’est écoulé ma jeunesse... (Regardant autour de lui.) Encore, encore, et la montagne... et le clocher de mon village... et la cabane de mon vieux père! Ah!
toujours, toujours ce rêve. (La cloche sonne l' Angélus. Musique religieuse en sourdine. ) La cloche de l 'Angélus... et pr là tous nos villageois à genoux dans la chapelle de l'er-
mite... Et moi aussi, je tombe à tes genoux, mon Dieu ! et je t’implore.
Air de Colaho.
Ah! prends pitié du trouble de mes sens;
A ta clémence, ô mon Dieu, je me livre;
J'ai confiance, et toi seul, je le $ens.
Peux chasser loin de moi cette erreur qui m'enivre; Mais cette erreur, elle est si douce, hélas!
Puisqu'il te plaît, par ce riant mensonge,
De m’envoyer tant de bonheur en songe,
O mon Dieu / ne m’éveille pas!
Par pitié, ne m'éveille pas!
Mais les voilà tous qni sortent de l’église , qui viennent de ce côté... des habits de fête, des bouquets I. -
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