REPRISE
C’est un jour, etc.
le BAILU. Ali I c’est ainsi... vous ne voulez pas m’écouter... eh bien! je ne vous dirai pas le superbe discours que j’avais improvisé pour la circonstance.
les pécheurs. Ah ! monsieur le bailli !
LE bailli. Prière inutile... (À pari.) Ça se trouve bien ; je n’en savais pas un moL .
tonton, entrant. Par ici, mousicur le recruteur, par ici !
tous. Le recruteur ! êlobac, tout le costume d'un sergent recruteur fl embrassant Tonton *. Merci, la belle enfant!
ÊLot. Encore!... c’est U septième fois
Étienne, le Bailli, Florac, Tonton, Éloi, Uuiiette.
qu’il l’etnbrasse ; ce n’est pas un recruteur, • . c’est un embrasseur.
le raim.i, regardant le Comte. Que voisje? est-il possible!
plorac , à part. Silence, bailli. ( Aux jeunes gens.) Eh bien ! les enfants, je viens chercher des braves... Trouvcrai-jc ici des marins pour sa majesté ?
louisette, à part. Mais, je ne me trompe pas... cette figure... C’est celle du comte de Florac.
florac. De la gloire, jeunes gens , de la gloire, et cinquante écus, voilà ce que je viens offrir aux défenseurs de la patrie.
louisette. Pourquoi ce déguisement ?
tonton. Ah !. monsieur le recruteur, j’en ai un de brave à vous proposer.
ÉLOI. Est - ce qu’elle voudrait se faire mousse ? ‘
FLOttAC. Où est-il, ce brave?
TONTON, montrant Eloi, et le poussant près de h lnrae. Le voici !
éloi. Moi!... je m’en défends.
Air : Je fuis la table ci la eba/MO»(les Cheville»).
J’ai peur de n’étre jamais brave,
Atiendu que j’eus toujours peur.
J’ai peur quand j’ descends â la cave,
Quand je monte au grenier i’ai peur.
•De toutes ces peut s j« m’honore;
Tout petit j’avais déjà peur ;
Et maintenant j’ai peur encore.
J’ai grand peur d’avoir toujours peur.
florac. Bah ! bah! on se forme à l’armée!
ÉLOI. Dites plutôt qu’on s’v déforme.
florac. Poltron!
louisette. Mais, inonsienr le bailli, le baptême.
florac, à part. C’est elle !
TOUS. Oui, oui, le baptême!
le bailli. Après avoir mûrement réfléchi... après avoir examiné les titres des con- , currenls, nous avons décidé que le parrain du baicau de Louisette serait.. .
florac. Moi.
TOUS. Le recruteur !
le raili.1 , s'inclinant. Eb quoi ! vous nous ferez cet...
florac. Taisez-vous! .
Étienne. Mais, monsieur le bailli...
le BAILLI. Silence!
louisette. Pauvre Etienne!
LE bailli. Quant à la marraine du bateau, les autorités du pays... ont fait choix...
florac, allant prendre la main de Louisette. Ont fait cltpix de la charmante Louisette. Étienne. Louisette !
LE RAIl.Lt. Ab !...
tonton» A-t-elle du bonheur !
* éloi. Ce n’est pas vous... c’est bien fait !
• louisette. Mais... je ne sais si je dois... florac. Vous ne pouvez vous en défendre.
i; MAGASIN
c'est le choix des autorités... n’est-ce pas bailli?
le railli. Certainement... certainement...
(.4 part. ) Ah ça, quel rôle me fait -on jouer... quel rôle joue-je?
Étienne, à part. Oh! c’est trop fort, et je ne souffrirai pas. (Passant au milieu.) Monsieur le bailli, Louisette est ma fiancée.. . en* l'absence de son père, je dois veiller sur elle... et je ne puis consentir...
le railli. Hein ! plaît-il ? qu’est ce à dire?
florac. Bailli, faites-nous justice des prétentions de cet homme.
Étienne, voulant s'emparer de Louisette.
Louisetle, au nom de votre père.. .
florac , repoussant Etienne. Arrière , camarade, arrière!
Étienne, voulant s'élancer sur Florac.
Misérable 1
le Railli, l'arrêtant. Au nom de la loi, pas un mot de plus; une rébellion devant moi, en ma présence!... que cela ne recommence plus, ou sinon... Que tout le monde se rende au bailliage ; nous allons y dresser le programme de la cérémonie, qui aura lieu dans une heure, et comme les autorités l'ont voulu.
Air : Adieu, de vous revoir (Bas-bleu).
Qu’on ne raisonne plus, •
Les discours seraient superflus.
Tout doit céder ici A l'autorité du bailli.
TOCS.
Qu'on ne raisonne plus, etc.