TIU INTRODUCTION
lieux privilégiés, apportant avec eux des instruments de toute grandeur et de toute nature, ce qui leur a permis de faire les découvertes les plus inattendues.
La Photographie ne pouvait manquer de venir en aide à l'étude du Soleil : elle nous a fourni des dessins représentant avec la précision la plus absolue les taches avec tous leurs détails, et les différentes phases des éclipses; elle nous a rendu d'immenses services dans ces courts instants des éclipses totales où l'œil se trouve surpris et reste incertain ; c'est elle qui nous a donné le moyen de résoudre en quelques instants des questions agitées depuis bien des années.
La persévérance avec laquelle on a observé les taches a permis de constater la périodicité de ce phénomène, et dans cette étude on a tiré un grand parti d'ouvrages autrefois décriés et tournés en ridicule, mais qui contenaient malgré cela des documents précieux. En comparant ces périodes des vicissitudes solaires avec d'autres phénomènes qui n'ont avec elles aucune relation apparente, on a pu établir que le Soleil n'agit pas seulement comme centre d'attraction et comme foyer de lumière, mais qu'il exerce une action incontestable sur les phénomènes magnétiques.
Enfin l'analyse spectrale a ouvert une immense carrière que nous aurions dû croire fermée pour toujours : elle nous a fait connaître la nature chimique des substances qui composent l'atmosphère solaire.
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et même d'une manière approchée la température de cette atmosphère. On a pu ainsi faire l'analyse qualitative de l'astre du jour, et l'on a même appris tout récemment à étudier en tout temps certains phénomènes que nous ne pouvions autrefois observer que pendant les éclipses totales. C'est ainsi que la Chimie, à son tour, est venue en aide à l'Astronomie. I^ belle découverte de la dissociation et la théorie mécanique de la chaleur nous ont enfin montré en quoi consiste la puissance calorifique du Soleil, et nous ont expliqué comment cette puissance peut rester la même pendant tant de siècles, malgré le rayonnement continuel qui semble devoir l'appauvrir en peu de temps.
Dans l'état où se trouve actuellement la science, j'ai cru qu'il était temps de réunir en quelques pages l'ensemble de ces merveilleuses découvertes qui font tant d*honneur aux savants de notre époque, et qui ont l'avantage de joindre l'agréable à l'utile.
Afin de suivre l'ordre des idées, j'exposerai d'abord les travaux des anciens, mais brièvement, sans m'occuper de questions inutiles, ni de résultats hypothétiques. De plus, afin de rendre cet Ouvrage accessible à un plus grand nombre de personnes, j'entrerai quelquefois dans des détails qui ne seraient pas nécessaires pour des savants, mais qu'on me pardonnera en considération du but que je rne suis proposé.
La ccMutemplation des Gcmrres de Dieu est une des plus noUes occupations de Tesprit, c'est le but principal de rétude de la nature; mais cette étude nous conduit souvent à des résultats utiles que nous ne saurions dédaigner. L'étude du Soleil ne parait pas, pour le moment du moins, nous présenter cet avantage. Quelles que soient nos recherches et les connaissances que nous pourrons acquérir, il ne sera jamais en notre pouvoir de régler Tinfluence du Soleil. Cependant, Taction de cet astre est trop intimement Uée avec les phénomènes de la vie, de la chaleur et de la lumière, pour qu'il soit inutile de chercher à connaître sa nature. Et d'ailleurs, qui sait s'il n'y a pas une relation intime entre certains phénomènes solaires et quelques phénomènes terrestres qu'il serait si important pour nous de prévoir avec quelque certitude?
Mais ce serait sortir de notre sujet que de l'envisager ainsi; les merveilles de la création ne doivent pas être exclusivement étudiées au misérable point de vue de l'utilité du moment. Nous savons par expérience que ce qui parait n'être aujourd'hui qu'une spéculation oiseuse peut devenir demain une source de richesse ; après tout, l'homme ne vit pas seulement de pain, il doit encore, pour entretenir la vie de son âme y s'assimiler les vérités abstraites ou sensibles dont l'ensemble constitue pour notre intelligence la parole du Créateur.
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Nous allons donc aborder cet important sujet auquel nous avons, pendant plusieurs années, consacré tous nos soins et toutes nos recherches. Nous ne nous bornerons pas à exposer nos propres travaux ; nous prendrons le vrai et le beau partout où nous le trouverons. Mais nous n'énoncerons aucune opinion sans avoir vérifié par nous-même les faits sur lesquels elle repose ; nous n'exposerons aucune théorie sans l'avoir constatée autant que le comporte la nature même du sujet.
Cet Ouvrage, que nous publions aujourd'hui pour la première fois, était composé en italien depuis plusieurs années; nous en avons donné un spécimen dans une conférence faite en 1867 aux élèves de l'École Sainte-Geneviève et reproduite par les Études religieuses, A la sollicitation de plusieurs de nos amis, nous l'avons écrit en français, en l'abrégeant un peu. Le R. P. Larcher, professeur de Physique et préfet des études à l'École Sainte-Geneviève, a bien voulu retoucher notre manuscrit, afin que le style ne laissât rien à désirer sous le rapport de la correction et de l'élégance; il a traduit notre pensée avec la plus grande exactitude, en conservant presque toujours les expressions que nous avions nous-même employées; nous ne saurions trop le remercier de la patience et du dévouement dont il a fait preuve dans ce long et pénible travail. Quoique cette précaution