‹ Le soleil: Exposé des principales découvertes modernes sur la structure de cet astre, sonChapitre 40 sur 47 · PLANÈTES · texte numérisé non relu

PLANÈTES

mSTAKCCS VRAIES.

DISTANCES APPROCBÉES,

d*tprte 11 loi ds Tiliaf .

Mercure

Vénus

La Terre

Mars

Petites planètes

Jupiter

Saturne

Uranus

Neptune

M. Hinrichs, en combinant les lois de Kepler avec l'hypothèse de la rotation primitive, a prouvé que la formule de Titius est la conséquence de la conden-

336 DBUXlfeMB PARTIE.

sation progressive de la nébuleuse solaire, condensation qui a dû être régulière et proportionnelle au temps, de sorte que les nombres qui mesurent les distances des planètes mesureraient aussi le temps qui a séparé leur formation. Les différences, assez petites, du reste, que Ton trouve entre les nombres calculés d'après la théorie et ceux qu'on déduit de l'observation, peuvent facilement s'expliquer par la résistance de l'éther et par les influences perturbatrices que les planètes ont dû exercer les unes sur les autres après leur formation. La résistance de l'éther doit avoir été plus sensible sur les planètes les plus anciennes : c'est pour elles, en effet, qu'on observe les plus grandes différences. Les distances des satellites, dans les systèmes secondaires, sont également sujettes à une loi semblable ; mais ici encore les écarts sont plus considérables pour les planètes les plus anciennes.

M. Hinrichs arrive à une conclusion fort importante . c'est que Ja loi de la condensation progressive se trouve reliée à la troisième loi de Kepler. I^a troisième loi de Kepler est elle-même une conséquence de la gravitation universelle agissant en raison directe des masses et en raison inverse du carré des distances. Ce grand principe dû au génie de Newton est en réalité un résumé des trois lois de Kepler dont nous rappelons ici l'énoncé : i® les aires décrites par les rayons vecteurs sont proportionnelles au temps; 2® les orbites sont des ellipses dont le Soleil occupe l'un des foyers; 3** les carrés des durées de révolutions sont entre eux comme les cubes des grands axes. On le voit donc, la loi de la formation du sys-

ACTIVITÉ BXTfiRIBURB DU SOLEIL. 887

tème planétaire serait une simple conséquence de la gravitation universelle.

Il est utile d'examiner avec quelques détails les circonstances principales de cette grande formation. Nous avons déjà dit que l'existence des petites planètes semble correspondre à une période de perturbation. Cette hypothèse semble confirmée par un certain nombre de faits qu'elle servirait à expliquer •

I® Toutes les planètes extérieures à cette zone ont une densité très-faible, généralement inférieure à celle de l'eau; les autres, au contraire, ont un poids spécifique cinq fois plus grand que celui de l'eau.

2^ Ij'espace occupé par les petites planètes est plus grand que celui qui sépare la Terre du Soleil ; quelques-unes d'entre elles se rapprochent tellement de l'orbite de Mars, que cette planète semble, pour ainsi dire, faire suite à la série des astéroïdes, de sorte que sa formation aurait été influencée par cette grande cause de discontinuité.

3® Toutes les planètes extérieures ont un nombreux cortège de satellites : Jupiter en a quatre, Saturne huit, Uranus quatre, Neptune en possède au moins un ; parmi les planètes les plus rapprochées du Soleil, la Terre est seule à posséder un satellite.

4® Les masses des planètes extérieures sont incomparablement plus grandes; la plus petite est à elle seule plus considérable que toutes les planètes intérieures réunies. Ce fait est dû, au moins en partie, à l'immense étendue dans laquelle était primitivement répartie la masse qui compose ces planètes.

5^ On a découvert un fait très-important en étudiant au spectroscope la lumière réfléchie par leurs

fr*-

338 DBUXlkMB PAITIB.

atmosphères. Les planètes extérieures montrent toutes pour la lumière solaire une puissance considérable d'absorption élective. Jupiter présente dans le rouge une bande noire que nous ne retrouvons pas dans nos raies atmosphériques. Saturne possède la même bande y mais encore plus foncée. Le spectre d'Uranus a deux raies spéciales très-fortes dans le vert et le bleu, et le jaune y fait complètement défaut. Le spectre de Neptune est encore plus singulier. Il présente trois bandes noires principales , la première entre le jaune et le vert, à égale distance des raies D et b du Soleil ; la seconde coïncide avec la raie b ; la troisième est située dans le bleu. Le jaune est assez brillant, mais le rouge fait complètement défaut ; le vert est assez abondant , ce qui explique la couleur verte que présente cette planète.

Ces planètes sont donc environnées d'atmosphères très-denses et très-étendues. L'existence de ces atmosphères se manifeste encore par des bandes dont elles sont sillonnées parallèlement à Téquateur. Jupiter présente dans son aspect des variations très-grandes et des phénomènes qui semblent avoir beaucoup d'analogie avec nos nuages et nos ouragans. Au contraire, les planètes intérieures ont des atmosphères comparativement minces et transparentes, ce qui permet de distinguer le relief que présente leur surface ; les variations qu'elles présentent sont sans doute dues à des nuages, mais on n'y reconnaît que des substances analogues, par leur pouvoir absorbant, à celles de notre globe terrestre. Ce n'est donc pas aller beaucoup au delà de ce que les faits semblent indiquer que de supposer les planètes extérieures à un état assez voisin de l'état nébuleux.

AGTiyiT« BXTtBIBURV DU SOLEIL. 339

6® Les planètes extérieures ont une vitesse de rotation qui est, en moyenne, deux fois et demie plus considérable que celle des planètes intérieures : une différence aussi grande, et qui ne présente aucune transition, ne saurait être l'œuvre du hasard.

M. Kirkwood a cherché une loi empirique qui reliât ensemble la masse des planètes, la durée de leur rotation et celle de leur révolution, et il est arrivé au résultat suivant : Considérons une planète quelconque ; supposons-la en conjonction avec la planète intérieure la plus voisine ; déterminons par le calcul le point où ces denji astres exercent des attractions égales, et appelons r la distance de ce point à la planète considérée. Faisons le même calcul relativement à la planète extérieure, et appelons r' la distance du nouveau point d'égale attraction. Posons r-\- r' = D. Il y aura ainsi, pour les différentes planètes, des quantités D, D', D", etc., précises et déterminées. Appelons n le nombre de révolutions sidérales que la planète considérée accomplit autour de son axe, pendant qu'elle exécute une révolution sidérale autour du Soleil . On trouve, d'après Kirkwood, n* : n'^ ; : D* : D'% ou bien:

n= n' ljy\ 9 relation semblable à celle de la troisième loi de Kepler, qui relie les distances aux durées des révolutions. Cette relation suppose qu'il existe une planète unique entre Mars et Jupiter, en lui attribuant une masse à peu près égale à celle qui résulte des calculs de M. Le Verrier. L'astronome américain S. Ch. Walker a fait voir que cette relation est une conséquence de l'hypothèse nébulaire. Elle dépend de tant d'éléments peu certains qu*on ne saurait, jusqu'à

34o DBUXifeHB PARTIE.

présent, la regarder comme une loi de la nature; elle constitue cependant un fait remarquable qui montre de plus en plus que toutes les masses qui composent le système solaire ont une origine commune.

Cette communauté d'origine est du reste constatée par un grand nombre de faits ; contentons nous de citer les plus saillants :

7® A. Dans toutes les planètes, et dans tous les satellites, le mouvement de translation et le mouve» ment de rotation ont lieu dans le même sens, qui est aussi celui de la rotation du Soleil. Cette direction ne peut être que celle du mouvement de la nébuleuse primitive.

B. Les planètes décrivent des orbites très-peu inclinées les unes sur les autres, si bien qu'on peut dire qu'elles sont presque comprises dans un même plan. I^s seules exceptions se trouvent parmi les petites planètes entre Mars et Jupiter : c'est-à-dire dans la région précise de la grande perturbation.

C. Les orbites des principales planètes sont trèspeu allongées. Quelques astéroïdes font exception à cette loi, mais leur masse est si petite qu'on peut n'en pas tenir compte.

D. La masse centrale est prépondérante, et dépasse de beaucoup celles de tous les satellites. Ces différentes circonstances ne sont pas accidentelles, car c'est d'elles que dépend la stabilité du système tout entier.

E. Les orbites sont très-peu inclinées sur ce plan fondamental du système soLiire découvert par Laplace, et qu'on appelle le plan invariable, parce qu'il reste constamment le même malgré les perturbations

ÀGTIYITt BXTtRIBURB DU SOLEIL. 34 1

qui résultent des actions réciproques. Ce plan ne peut être que celui de la rotation primitive de la nébuleuse solaire.

Cette hypothèse nous explique donc une foule de circonstances qui sont intimement liées ensemble, et qu'on ne saurait expliquer autrement. La théorie de Newton relie entre eux les phénomènes principaux du système solaire, et les réduit au seul principe de la gravitation ; de même Thypothèse nébulaire nous explique l'impulsion tangentielle et les circonstances physiques de second ordre que nous apercevons dans l'ensemble du système.

Pour mieux connaître le mécanisme du monde planétaire, nous devrions savoir quelles sont l'origine et la nature intime de cette force qui pousse les corps les uns vers les autres, et qu'on nomme attraction ou gravitation j parce que la chute des corps graves à la surface de la Terre n'est qu'un cas particulier de cette force; mais nous ne pouvons rien dire de certain sur ce sujet. Les mathématiciens et les astronomes admettent cette gravitation comme un fait primitif capable d'expliquer les mouvements des corps célestes, et ils lui appliquent les formules de la Mécanique sans se préoccuper de son origine. Les physiciens s'en tiennent également là, et ils ne pensent pas que l'état de nos connaissances nous permette d'aller plus loin.

Cependant, l'opinion la plus probable, celle qui tend à se répandre chaque jour davantage, attribue les phénomènes d'attraction à l'éther, ce fluide universel qui remplit le monde entier, et concourt avec la matière pondérable à la constitution de tous les corps. Mais en quoi consiste l'action de l'éther? On

34^ DBUIIÈMB PARTIS.

est loin d'être d'accord sur cette question. Ce qui est certain, c'est qu'il doit y avoir, entre le Soleil et les planètes, un moyen de communication de force et de transmission de mouvement; et comme l'existence du milieu éthéré est parfaitement prouvée par les phénomènes lumineux, on ne voit pas qu'il soit nécessaire d'imaginer un autre intermédiaire pour la transmission des mouvements.

D'un autre côté, les expériences relatives à l'électricité nous montrent que tous les changements de densité dans ce fluide rendent les corps qui le contiennent capables d'exercer des attractions; on serait donc porté à croire que la gravitation elle-même pourrait bien être due à une pareille différence de densité dans le milieu éthéré qui environne le Soleil ou toute autre masse pondérable. Nous ne faisons qu'indiquer ici ces conjectures que nous avons exposées ailleurs (i). Du reste, l'action de ce milieu se présentera bientôt à nous comme produisant des phénomènes d'un autre ordre que l'attraction. Aussi devons-nous le regarder comme l'un des agents les plus importants de la création.

Nous allons maintenant passer rapidement en revue les corps qui composent le cortège du Soleil.

§ 11. — Les planètes.

Le volume relatif des pliuiètes et du Soleil est assez bien indiqué dans \^fig. io5.

(i) Voir V Unité des forces physiques ^ Paris, 1869, chez Savy.

ACTITITS IXTElIBtriB DU SOLIIL.

La bande noire sur laquelle on a fait le ttessir présente le diamètre du Soleil, de sorte que poui

Fig. loS.

présenter la grandeur proportionnelle de cet a:

344 DBUXifeHB PARTIS.

il faudrait tracer un cercle ayant pour diamètre les deux bandes mises bout à bout. Les planètes sont figurées à l'intérieur par des cercles proportionnels à leur vraie grandeur.

Nous avons déjà parlé des relations qui existent entre leurs distances ; nous nous contenterons d'indiquer ici, pour chacune d'elles, les détails les plus importants de leur constitution physique, en ce qui peut nous éclairer sur leur mode de formation.

Mercure. — Cette planète est la plus voisine du Soleil, et la plus petite de celles qui sont anciennement connues. C'est elle qui a la plus grande densité, (6,849 en prenant celle de l'eau pour unité). Elle présente des taches très- sensibles, surtout auprès du bord intérieur du croissant où la lumière est plus faible, ce qui prouve qu'elle est environnée d'une atmosphère, et même cette atmosphère parait plus dense que celle des planètes voisines. On y trouve des variations assez considérables dues sans doute à des nuages. Cette planète est difficile à observer.

T^i durée de la rotation de Mercure est de 24** 5" 28*. L'intensité de la radiation solaire y est 6,69 fois plus forte que siu* la Terre, mais l'excentricité de son orbite doit produire à sa surface de grandes variations de température. Comme il est presque toujoiu's plongé dans les rayons du Soleil on n'a pu l'examiner au spoctroscope que près de l'horizon, position très-défavorable, et l'on n'a rien constaté de particulier dans son atmosphère. La durée de sa révolution est presque égale à 88^ (87,97). ^•'^ masse est o,o5, celle de la Terre étant prise pour unité.

Vénus. — Cette planète se trouve dans des con-

ICTITITÉ IXTÉEnURB DU SOLBIL. ^45

didons plus analc^es à celles de la Terre; son volume est presque le même; sa masse est O987; sa densité 5,10; l'intensité de la radiation solaire y est double de celle qu'éprouve la Terre. Mais en revanche, l'axe de rotation étant, d'après le P. de Vico, incliné de 53® 12' sur le plan de l'orbite, l'arc diurne doit y être très- variable, et par con.séquent les climats doivent présenter des extrêmes bien plus tranchés que chez nous. L'année de Vénus est de 224S 7, et le temps de sa rotation de 24^ 21™ 21^,9. L'atmosphère de cette planète est assez grande pour produire un crépuscule très-sensible; nous avons même pu constater que la partie éclairée par ce crépuscule correspond à un arc de 1 8 degrés ; voici dans quelles conditions nous avons pu faire cette remarque. La planète se trouvait en conjonction inférieure, et par suite son croissant était réduit à un filet très-mince. Malgré la finesse des pointes, nous avons pu reconnaître que ce croissant embrassait plus d'une demi-circonférence, et que, de part et d'autre, il dépassait de 18 degrés l'étendue qu'il aurait dû présenter sans le phénomène du crépuscule. Quelquefois même on a cru voir le disque éclairé dans toute son étendue, et l'on a aperçu d'autres lueurs qui pourraient bien être produites par des aurores boréales.

Le spectroscope nous apprend que l'atmosphère de Vénus a une composition analogue à celle de la Terre ; elle contient en particulier de la vapeur d'eau produisant des nuages, et, en effet, outre les taches fixes, on en voit encore d'autres qui sont assez variables.

La. Terre. — Disons ici quelques mots de la Terre

346 DiuutaB pàrtib.

considérée comme corps céleste. Sa densité est égale à 5,5. Son rayon équatorial est de 6377^^,398. Vue du Soleil, elle sous-tend un angle de 17^^,8; son diamètre apparent est donc, à cette distance, égal à celui que nous offre Vénus à sa distance moyenne. Pour un spectateur placé en dehors d'elle, elle présenterait des taches constantes et des zones variables, les premières dues aux mers et aux continents, les secondes dues aux nuages. Il y aurait deux zones sombres situées de part et d'autre de Téquateur, formées par les régions sereines et transparentes des vents alizés ; au delà se trouveraient des zones brillantes, plus ou moins interrompues, correspondant aux régions de pluie des tropiques. Dans le voisinage des pôles, l'aspect serait très - variable suivant les saisons.

Les phénomènes géologiques et volcaniques nous prouvent que l'intérieur de la Terre est à une température très-élevée, reste de sa chaleur primitive. Cette température est telle que, d'après les appréciations les plus modérées, à une profondeur de quelques centaines de kilomètres, toutes les substances doivent être en fusion. Sa surface est composée de matières solides ayant un poids spécifique moins considérable; les plus lourdes se trouvent ^ une plus grande profondeur, et souvent dans les mines, nous les trouvons à un état qui prouve qu'elles ont été volatilisées. Sous ce rapport, nous trouvons quelque chose d'analogue avec la disposition des substances qui composent le Soleil. Du reste, la densité moyenne du globe est beaucoup plus grande que celle des matériaux qui

ÀCTITlTt UTtUBUM DU SOLEIL. 34?

composent son écorce; il faut donc bien que l'inténeur contienne des substances ayant une densité plus considérable.

Mars. — Cette planète possède aussi une atmosphère, mais si mince qu'elle permet de voir les continents beaucoup mieux encore que sur Vénus(^g'. i oG et 107). Près des pôles, on voit des taches blanches

FÎB. 106.

qui vont en croissant et en décroissant, suivant les saisons, ce qui prouve que ce sont des amas de neige ou de nuages. Dans la saison d'hiver, ces taches prennent un grand développement; mais en été, elles se réduisent à une calotte peu étendue. Ixs tnches plus éloignées des pôles nous ofTrent une double couleur, rouge et bleue, parsemée quelquefois de jaune ou de blanc. Les taches bleues, en présentant des teintes plus sombres, correspondent aux mers, le rouge aux continents, le jaune aux nuages, ce jaune n'étant que

348 DBDxitaii PAim.

le résultat du contraste dû k la juxtaposition du blanc

et des autres couleurs. Une partie du rouge est éga-

lement dû à des efFets de contraste ; mais cette couleur doit aussi tenir aux matériaux qui composent la .surface de la planète. Dans ces vastes étendues, on voit quelquefois apparaître des taches blanches : ce .sont des nuages. Quelquefois même on aperçoit des tourbillons bien contournés en spirales; ce sont sans doute des bourrasques. T^ révolution est de i"32il,n; la rotation a lieu en 2'|''37'"23'. L'année étant plus longue que sur la Terre, l'axe plus incliné sur le plan de l'orbite (3o" i8'), l'exceutricité étant plus considérable, les saisons doivent offnr des différences bien plus tranchées. Is radiation solaire y est o,43 de celle que nous éprouvons ; la niasse totale est o, 1 3 de celle de la Terre.

Petites plawètes. — Nous savons encore bien peu

ACTITITt EXTÉRIEURE DU SOLEIL. 349

de chose sur la constitution physique de ces astéroïdes. Leur volume est très-petit, et il n'y en a pas un seul qui soit aussi gros que la Lune. A en juger par l'éclat dont ils brillent, les plus considérables doivent avoir des dimensions qui permettent de les comparer à la Sicile ; mais les plus récemment découverts sont tellement petits qu'ils semblent servir de transition entre les planètes et les aérolithes. Leurs masses sont également très-faibles. Ils sont si nombreux, leurs orbites se croisent en tant de points qu'un choc ne serait pas impossible, comme l'a trèsbien montré M. Littrow de Vienne. Ce choc les briserait infailliblement et pourrait donner naissance à des aérolithes. Nous avons déjà dit que leurs masses réunies ne forment pas le tiers de la masse terrestre.

Jupiter. — C'est la plus grosse de toutes les planètes. Sa masse est j^^ de celle du Soleil, ou 334 fois celle de la Terre ; elle est trois fois plus considérable que celle de toutes les autres planètes réunies. Aussi est-il incontestable qu'elle a dû exercer une influence assez grande sur la formation des planètes plus voisines, en particulier sur celle des petites planètes. Jupiter est entouré d'un magnifique cortège de quatre satellites, dont le plus petit dépasse de beaucoup la Lune, et dont le plus gros présente des dimensions qui permettent de le comparer à la planète Mars. ^jujig. io8 représente leur grandeur relative.

FIg. 108.

35o DEUXIfiHI PARTIR,

Le volume de Jupiter est 1 5oo fois plus considéraljle que celui de la Terre, mais sa densité est beaucoup plus faible ; elle est égale à i ,29, moindre que celle du Soleil et à peine plus grande que celle de l'eau. La gravité à sa surface est deux fois et demie plus considérable qu'à la surface de la Terre; il doit en résulter une pression très-considérable, circonstance qui, jointe à la faible densité que nous venons de signaler, ne permet pas de croire que cette planète soit à l'état solide. Son aspect annonce d'ailleurs de très-grandes agitations, et les zones qu'on y observe sont loin d'oflrir un système simple et stable. INous avons déjà parlé de leurs variations dans le paragraphe précédent. "Lsifig. 109

Flg. 109.

représente l'aspect qu'offraitJupiterle looctobre 1 856; on y voit une grande tache noire qui n'est pas l'ombre d'un satellite, et qui ne saurait être qu une ouverture faite dans une couche de nuages, sans doute par un ouragan. \Ajig. iio (6. décembre 1867) fait voir

ACTlVITt BXTÊRIID» DU SOLEIL. 35l

quelles modifications profondes ses zones peuvent éprouver dans un temps très-court. Ici la tache est

l'ombre d'un satellite. L'axe de rotation étant très-peu incliné sur le plan de l'orbite, ces modifications ne sauraient être attribuées au Soleil, car les saisons doivent être peu variées. L'atmosphère très-dense doit être encore le siège de révolutions analt^ues à celles que la Terre a subies elle-même aux époques géologiques; nous avons déjà fait remarquer que sa composition est différente de celle de l'atmosphère terrestre.

L'année de Jupiter dure ii'3i4^834; sa rotation dure 9''55°2t^,5. Cette rotation, si rapide dans un corps aussi volumineux, développe une force centrifuge très-considérable, d'où il résulte un aplatissement très-grand et très-facile à constater.

Saturne. — Cette planète est la plus grande après Jupiter. Sa masse est j^ys ^^ celle du Soleil, io3 fois

352 DBUXIÈMB PARTIE.

celle de la Terre. Son volume est proportionnellement très-grand, car sa densité est seulement égale à 0,73, de sorte qu'on peut lui appliquer à plus forte raison ce que nous venons de dire de l'état nébuleux de Jupiter. On est confirmé dans cette opinion par les bandes nombreuses que présente sa sur£aice, et par les zones d'absorption que présente son spectrjBy et qui sont encore plus fortes que celles de Jupiter. Ses pôles ont une couleur approchant du bleu, tandis que l'équateur est d'un blanc éclatant.

Saturne possède le plus beau cort^e qui eziale dans notre système solaire : outre huit satellites, dont le plus gros est comparable à la planète Mars, il est entouré de ce merveilleux anneau qui subsiste là comme pour témoigner de l'origine de tout le système solaire 9 et pour confirmer l'exactitude des hy-. pothèses que nous avons précédemment exposées. Cet anneau est très-mince, proportionnellement à sa largeur. Il se compose, en réalité, de trois anneaux distincts et séparés; le plus extérieur {^fig^ ht) est un peu sombre, le suivant est plus brillant, le troisième est tout à fait nébuleux et transparent. Les contours de l'ombre de la planète sur l'anneau nous prouvent que les surfaces de ces anneaux sont courbes, et que leurs génératrices sont des ellipses. On y voit de grandes différences d'intensité lumineuse qui accusent des irrégularités très-remarquables dans la densité et dans la composition des différentes parties.

L'année de Saturne est de 29*166^97, et comme l'anneau est incliné sur notre écliptique de 28** 10' 44*? la Terre se trouve tous les quinze ans dans son plan, au moment où il passe à ses nœuds qui sont situés

ÀCTlTITt EXTIMBVM PC 80UIL. 353

à i66''53' et 346*53' de longitude. Alors l'anneau n'est visible que par sa tranche, et on l'aperçoit comme

Flg.i

un mince filet très-délié dépassant la planète de part et d'autre. La figure, au contraire, le représente dans la position la plus favorable, la plus écartée de celle que nous venons de décrire.

L'équateur de la planète coïncide avec l'anneau, et il est incliné de 36''48'4o" sur le plan de l'orbite. La chaleur du Soleil y est seulement égale aux o,oi i de celle que nous recevons. Vu de la planète,. l'anneau présente des phénomènes singidiers, et il produit des occultations diurnes du Soleil très-variables suivantle.>i latitudes; mais à part quelques zones peu étetidues, il ne produit pas d'éclipsé permanente. Il n'est peut-être pas complètement opaque, et sa constitution pourrait bien être comparable à celle de nos nuages. Nous

354 IBDXlftHB PAETIB.

avons constaté qu'il est légèrement ellijptique, et qu^il fait sa révolution en i4^ia™ environ; c'est lé temps nécessaire, d'après la théorie, pour la révolution d'un satellite dont la distance à la planète serait égale à la distance moyenne de Tanneau. Quant à la planète, sa révolution se fait en lo'^ao" l 'f.

Les satellites, au nombre de huit, sont tous extérieurs à l'anneau. Les plus rapprochés sont très-petits, les plus grands sont plus éloignés. Nous renverrons pour plus de détails à notre ouvrage intitulé : Tableau physique du système solaire.

Uranus. — Nous savons fort peu de chose sur cette planète. Comme toutes les planètes extérieures aux astéroïdes, elle a une densité très-faible (0,82), et son atmosphère jouit d'un pouvoir absorbant trèsconsidérable. Nous avons étudié son spectre, et nous l'avons trouvé très-différent de celui du Soleil et trèsanalogue à celui des comètes. I^ fig, 1 1 2 représente

Fig. lia.

Tintensité de la lumière dans ses différentes parties. IjC jaune y fait complètement défaut. Dans le vert et dans le bleu il y a deux raies très-larges et très-noires qui n'existent pas dans le spectre solaire ; aussi seraiton tenté de croire qu'elle est un peu lumineuse par elle-même.

La masse d'Uranus est seulement égale à 22 fois celle de la Terre. Cette planète possède quatre satellites dont l'existence est bien constatée; le plan de leur orbite est très-incliné sur celui de la planète.

INous ignorons la durée de sa rotation, et nous ne connaissons pas davantage la direction de son axe. Sa révolution est de 84*5^,83.

Neptuice. — Cette planète est célèbre parce que sa découverte a été un véritable triomphe pour le principe de la gravitation. Son diamètre est G fois plus grand que celui de la Terre. Sa densité n'est pas bien connue, mais elle est très-faible, et son volume est plus considérable que celui d'Uranus. Sa couleur verte, analogue à celle de Teau de mer, montre que son atmosphère exerce une forte absorption sur les rayons solaires ; ce fait est confirmé par les observations faites au spectroscope. Le vif éclat dont brille cette planète* malgré l'énorme distance du Soleil, pourrait même faire croire qu'elle est un peu lumineuse. Nous n'avons jamais vu son contour bien nettement terminé, ce qui s'accorderait parfaitement avec l'hypothèse d'un état nébuleux. Sa masse est -,-5-0170 ^^ celle du Soleil. Elle possède un satellite qui fait sa révolution en 5^,877, et dont le mouvement est rétrograde. Nous ne connaissons pas la diu*ée de sa rotation; sa révolution s*exécute en 164*325^,7.

Telles sont les principaux corps célestes qui font partie du système solaire ; ce sont les seuls que nous connaissions, mais nous ne saurions affirmer qu'il n'en existe pas d'autres. On a soupçonné l'existence d'une planète dont l'orbite serait intérieure à celle de Mercure; on a même fait beaucoup de bruit d'une observation due à M. Lescarbaut, mais que rien n'est venu confirmer, quoique, à plusieurs reprises, on ait vu sur le disque du Soleil des points noirs animés d'un mouvement assez rapide. On a fait beaucoup de re-

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