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AVANT-PROPOS

Considéré parmi toutes les étoiles qui forment notre Univers stellaire, le Soleil n’est qu’une étoile naine analogue à des milliers d’autres, et son étude ne présente pas grand intérêt pour le théoricien. Mais il n’en est pas moins l’astre le plus intéressant de tous pour l’homme : c’est du Soleil que nous viennent la lumière et la chaleur qui entretiennent la vie à la surface de notre globe, et l’on peut dire que tous les phénomènes terrestres dont dépend notre existence sont réglés par le rayonnement solaire. Aussi les astronomes et les physiciens ont-ils toujours cherché à perfectionner leurs moyens d'observation du Soleil, et à mieux connaître sa vraie nature et sa constitution intime.

Il est d’ailleurs une autre raison pour laquelle l'étude du Soleil sera toujours la base de l’Astronomie Physique : c’est qu’il est la seule étoile dont nous puissions étudier en détail la structure et la constitution, parce que c’est la seule qui soit assez voisine de nous pour nous apparaître autrement que comme un point, lumineux ; c’est la seule étoile dont nous puissions distinguer les diverses parties, c’est la seule dont le rayonnement nous parvient avec une intensité suffisante pour que nôus puissions l’étudier avec les plus dispersifs des spectrographes modernes. Aussi la connaissance des phénomènes solaires doit-elle être considérée comme un préliminaire nécessaire de l'étude des étoiles, et il n’est pas étonnant que le

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Soleil soit encore aujourd'hui l’objet régulier des recherches de plus de 10 observatoires répartis sur toute la surface de notre globe, et au premier rang desquels il faut mettre, pour l'importance des résultats obtenus depuis leur fondation, l'observatoire de Meudon en France et celui du Mont-Wilson en . Amérique. Je me suis proposé, dans ce livre, d'exposer l'état . de nos connaissances sur le Soleil ; c’est le sujet que j'ai traité dans mon cours à la Sorbonne en 1930, mais je me suis efforcé ici de présenter les faits d’obser- vation et les conséquences qui en découlent sans aucun développement mathématique. Je m'adresse ainsi à tous ceux qui, sans être des savants, se tiennent un peu au courant du mouvement scientifique moderne, et j'aurai rempli le dessein que je me suis proposé si j'ai réussi à leur montrer quelle est l'étendue des progrès réalisés depuis quelques dizaines d’années dans la connaissance des phénomènes extrêmement variés que nous présente le Soleil, et quelle est l'étendue -plus grande encore des progrès qui restent à faire pour connaître complètement les lois qui régissent la structure de ce monde extraordinairement actif et qui déterminent les mouvements sans cesse renouvelés de ses couches extérieures.

On verra ainsi dans les premiers chapitres comment nous sommes arrivés par l'étude du rayonnement solaire à déterminer de façon assez précise la tempétature moyenne des couches extérieures du Soleil, et même la répartition probable de la température

avec la profondeur ; mais on verra en même temps »

quelle est encore notre incertitude au sujet des à

AA fluctuations possibles de cette température et de leur

répercussion sur les phénomènes terrestres. De même, le chapitre III montrera comment différentes méthodes ont permis d'établir avec une assez bonne précision

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