LA VÉRITÉ
vérité est agréable aux chastes et aux humbles, elle qu' prêche la chasteté et l'humilité, et elle a en horreur les péchés opposés à ces vertus, parce qu'elle contredit absolument les orgueilleux et les impudiques affermis dans leurs vices.
La vérité, — nouvelle raison de l'aimer, — est plus forte que tout (on le prouve dans le livre d'Esdras) (1), et elle est immuable, selon ces paroles du Seigneur Jésus : « Le ciel et la terre passeraient plus facilement qu'un seul trait de la Loi périsse » (Luc, ch. 16, v. 17). «Je vous le dis en vérité, jusqu'à ce que passent le ciel et la terre, un seul iota ou un seul trait de la Loi ne passera pas, que tout ne soit accompli » (Matt., ch. 5, v. 18).
4. Ne pas omettre de dire la vérité, pour son utilité propre ou au bénéfice d'autrui, et malgré la perte des richesses ou de la vie elle-même ; ne pas dissimuler la vérité ni la cacher aux autres ; ne jamais faire de mensonge intentionnellement et se proposer de ne rien dire de faux ; et, à moins que cela ne s'impose, ne jamais reprendre sa parole (à l'exemple de Balaam qui disait : « Même si Balac me donnait plein sa maison d'argent et d'or, je ne pourrais changer quelque chose à la parole de mon Dieu, ni dire plus ou moins que ce qu'il m'a
(1) f litre d'Esdras, ch. 5, v. 12, et ch. 4, v. 53 à 41 . Ce livre, on le sait, n'est pas considéré comme inspiré, et le texte : « la vérité est supérieure à tout », n*a aucune valeur scripturaire.
io6 LE PARADIS DE L'AME
ordonné y) (Nombres, cb. 22, v. 18), voilà autant de signes de la vérité. Jérémie, Michée, Daniel et les autres prophètes, aucun motif ne fut assez fort pour les faire dévier, tant soit peu, de la vérité, dans leurs actions ou dans leurs paroles.
5. Une marque de fausseté, c'est d'avoir quelque chose sur les lèvres et autre chose dans le cœur, et de manquer facilement à sa parole, sans raison d'utilité ou de nécessité. << Il n'est pas le seul à trahir la vérité, dit saint Jean Chrysostome (i), celui qui, en la transgressant, dit ouvertement le faux à la place du vrai ; on est encore traître à la vérité, si on ne la publie pas ou si on ne la défend pas hardiment, elle que l'on doit proclamer et défendre en toute franchise et liberté. Le prêtre n'est-il pas obligé de prêcher librement la vérité qu'il a entendue de Dieu ? De même, la vérité que les prêtres lui disent reconnue dans les Écritures, le laïc doit fidèlement la défendre ; s'il ne le fait pas, il trahit la vérité. »
(1) 25e Homélie sur S. Malt. P. G., t. 56, col. 762 (ces homélies ne sont pas de S. Jean Chrysostome, voir p. 91, note 1.)
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