‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 107 sur 161 · CHAPITRE XX La Foi · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX La Foi

i. La foi vraie consiste à croire que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un seul vrai Dieu, et qu'en ces trois personnes il n'y a qu'une indivisible nature divine, une gloire égale et une coéternelle majesté. Chacune des trois personnes est incréée, infinie, éternelle, souverainement bonne, sage, toute-puissante, Dieu et Seigneur. Il n'y a cependant pas trois incréés, infinis, éternels, bons, sages, tout-puissants, ni trois dieux, ni trois seigneurs; mais un seul incréé, infini, éternel, bon, sage, toutpuissant, un seul Dieu et Seigneur. En ces trois personnes, aucune n'est avant ou après une autre : elles sont coéternelles ; aucune n'est plus grande ni plus petite : elles sont égales en tout et par tout ; elles diffèrent seulement par leurs propriétés : le Père n'est pas engendré, il ne tient son origine de personne; le Fils est engendré du Père, lumière de lumière, Dieu vrai de vrai Dieu ; l'Esprit-Saint n'est pas créé, il n'est pas engendré non plus; mais il procède également du Père et du Fils.

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La vraie foi nous ordonne également de croire que Notre-Seigneur Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, né du Père, éternellement, selon sa divinité, né d'une mère, dans le temps, selon l'humanité. Il est, en tout, égal à son Père, selon la divinité. Il a pris une âme, du néant, et sa chair, du sang très pur de la Bienheureuse Vierge Marie. Impassible et immortel selon sa nature divine, il est, selon l'humanité, sujet à la souffrance et à la mort.

2. De même, celui qui a la foi véritable, c'est fermement qu'il croit et sans aucun doute tous les articles de foi, les sept qui concernent la Divinité de Jésus-Christ et les sept qui ont rapport à son humanité (i).

3 . Pour nous exciter à croire, nous avons la foi des anciens croyants : Abraham, Isaac, Jacob, Moïse,

(i)Où trouver ces sept vérités concernant la divinité et l'humanité de Notre-Seigneur? Peut-être dans la longue énumération précédente des mystères de la foi ? On en compterait bien sept, qui regardent la divinité de Jésus, mais quatre seulement proposent à notre croyance la réalité de son humanité. Il semble plus probable que cela fasse allusion à une profession de foi, une sorte de symbole populaire, comme il y en( avait au Moyen-Age, qui résumait en deux groupes de sept formules brèves le mystère de l'Incarnation. Le P. Truillet supprime la difficulté et son intérêt, il traduit simplement : « le vrai fidèle croit fermement tous les articles de ce grand mystère (dans le texte, il y a : tous les articles de foi), et ceux qui regardent la divinité et ceux qui regardent l'humanité sainte de Jésus-Christ » fp. 148) (édition du P. Berthier, p. 122).

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etc. ; même de ceux qui n'étaient pas de la race des croyants, mais du pays des infidèles : Job, Rahab la femme de mauvaise vie {Josué, cb. 2; cb. 6, v. 22 et 23; èpître aux Hébreux, cb. 11, v. 31), et d'autres encore. C'est par la foi que tous les ancêtres ont été agréables à Dieu, et sans elle plaire à Dieu est impossible {Hêbr., cb. / 1, v. 6).

De plus, il y a les avantages de la foi : la vraie foi est toute-puissante, elle obtient tout; Notre-Seigneur Jésus-Christ nous l'a attesté : « Tout est possible à celui qui croit » {Marc, cb.ç, v. 22); « Tout ce que vous demanderez dans la prière, croyez que vous l'obtiendrez et cela s'accomplira » (cb.11, v. 24); « En vérité, si quelqu'un dit à cette montagne : Ote-toi de là pour te jeter dans la mer, et s'il ne doute pas dans son cœur, mais s'il croit que ce qu'il dit arrivera, cela se réalisera » {v. 27). Ainsi, à la prière d'Alexandre (1), les Monts Caspiens se réunirent en une seule mas'se (2).

(1) Pourquoi aller chercher cet exemple chez des païens ? (Nous avons un fait qui se rapproche davantage delà parole évangélique, dans la légende de S. Grégoire le Thaumaturge : sa prière fit déplacer une montagne qui empêchait de bâtir une église.) Sans doute, pour renforcer son argument, l'auteur paraît sous-entendre : « à plus forte raison, Dieu exaucera-t-il les prières des croyants ».

(2) Le P. Truillet a omis cette dernière phrase. Voici l'épisode tel qu'il est raconté dans l'Histoire Scolastique de Pierre Comestor {au livre d'Estber, ch. 5) : « Lorsque Alexandre arriva aux Monts Caspiens (qui séparent l'Armé-

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