‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 108 sur 161 · LA FOI · texte numérisé non relu

LA FOI

4. Une preuve de la vraie foi, c'est l'exercice fréquent des œuvres vertueuses, car de même que le corps n'a plus de vie sans l'âme, ainsi « la foi sans les œuvres est morte » (Jacq., cb. 2, v. /7).

5. Ne pas croire à l'Écriture universellement, mais penser que tout arrive par hasard ou suivant le cours de la nature, et non conformément à la

nie de la Médie), les Juifs des dix tribus captives lui envoyèrent une délégation. Un décret leur défendait de sortir; et ils faisaient demander à Alexandre la faculté de retourner chez eux. Celui-ci s'informa du motif de leur captivité, et il apprit qu'ils avaient manqué de fidélité au Dieu d'Israël en offrant des sacrifices à des veaux d'or, et que des prophètes avaient prédit qu'ils ne reviendraient pas de l'exil. Là-dessus, le roi Alexandre leur répondit qu'on les enfermerait d'une façon plus étroite encore. Et pendant qu'on bouchait les défilés avec de grandes constructions enduites de bitume, il se rendait bien compte que le travail des hommes n'y pourrait suffire, et il demanda au Dieu d'Israël d'achever l'ouvrage. Alors, les pics des montagnes se rapprochèrent, et il n'y eut plus de passage en cet endroit. Evidemment, Dieu ne voulait pas la sortie des Juifs... Mais, comme le dit Josèphe, « si c'est pour un infidèle que Dieu a accompli un si grand prodige, que ne fera-t-il pas pour ses fidèles? » (P. L., t. 198, col. 1408.)

L'histoire scolastique, oeuvre de Pierre deTroyes, plus tard chancelier de l'Eglise de Paris, mort en 11 78? (on l'appelle Pierre Comestor, à cause de son grand zèle à s'instruire : il « dévorait » les livres), fut longtemps le seul manuel d'Histoire Sainte en usage dans les écoles.

L'auteur du Paradis de l'âme amène en exemple, sans explication, la prière d'Alexandre. 11 la supposait connue de ses lecteurs. Ceux-ci avaient sans doute appris la chose dans l'Histoire de Pierre Comestor.

Providence de Dieu, c'est une preuve qu'on n'a pas la foi véritable. De même, selon saint Jean Chrysostome, « celui-là ne croit pas vraiment que Dieu existe, qui fait secrètement, sous le regard de Dieu, ce qu'il a peur de faire publiquement en présence des hommes » (i). Et d'après saint Jérôme, « celui qui craint de mourir dans l'état où il a l'audace de vivre, n'est pas un vrai chrétien >>.

Hélas 1 il y a eu beaucoup d'hérésies autrefois (2). Saint Jérôme (3) dit à ce propos : « Nous autres, nous reconnaissons que nous sommes libres, tout en affirmant qu'il nous faut toujours le secours de Dieu. Ils sont tous dans l'erreur, et ceux qui, avec

(i) Le P. Berthicr (p. 1-24, note 1) indiquait comme référence V homélie sur le psaume /3. On n'y retrouve pas le passage en question. (Cette homélie n'est pas de saint Jean Chrysostome. P. G. t. 55, col. 550-558.)

(2) L'auteur ne se soucie pas autrement de rattacher ce paragraphe aux développements qui précèdent. Il doit s'agir, dans la première citation de saint Jérôme (qu'on n'a pas retrouvée), non de l'état de péché en général, mais du péché d'hérésie (péché contre la foi). La liaison est si peu apparente que le P. Truillet a cru bien faire d'y suppléer de cette façon : « De l'infidélité sont nées toutes les hérésies, celles surtout qui ont nié le libre arbitre. Oui, nous proclamons que l'homme est libre, mais qu'il atoujours besoin du secours de Dieu », etc., p. 150 (éd. du P. Berthier, p. 124).

(3) Le P. Berthier (p. 124, note 2) indique cette référence : j* livre contre les Pèlagiens. On n'y a pas retrouvé le texte cité. On peut donc croire que l'auteur reproduit plutôt la pensée que les termes mêmes de saint Jérôme. Il ne cite pas; il résume. P. L., t. 23, col. 500; col. 573 (à moins que la référence ne soit pas exacte).

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