CHAPITRE XXI
L'Espérance
i . L'espérance parfaite et véritable, c'est l'attente certaine du bonheur futur ; cette attente provient de la grâce de Dieu et de nos mérites précédents ; et il faut ces deux causes à l'espérance, car la grâce de Dieu ne se conserve que par nos mérites, et les mérites seuls, sans la grâce, ne sauvent personne. Sans les mérites, l'espérance n'est plus l'espérance, elle est présomption.
2. Il a la véritable espérance, celui qui, malgré le fréquent exercice des bonnes œuvres, se confie en la seule bonté surabondante de Dieu et en la divine libéralité, mais nullement en ses mérites : sait-il seulement si ses bonnes actions sont agréables à Dieu ? puisque « toutes nos justices sont pareilles à un vêtement souillé » {haie, cb. 64, v,6).
Celui-là possède l'espérance véritable, qui offre à Dieu le juste sacrifice, selon cette parole du Psalmiste : « Offrez des sacrifices de justice, et espérez dans le Seigneur » (^5. 4, v. 6). Ce juste sacri fice, c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même.