‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 112 sur 161 · L'ESPERANCE · texte numérisé non relu

L'ESPERANCE

Dieu est dans le Christ « pour se réconcilier le monde » (IIe lettre aux Cor., ch. 5, v. 19)... Il nous livre les secrets de son cœur par les blessures de son corps. Ce grand signe sacré de la miséricorde se manifeste à nos veux ; et il se révèle « l'intime de la miséricorde de notre Dieu par quoi le soleil levant nous a visités d'en-haut »(Luc, ch. 1 , v.j8). N'est-ce pas son cœur que ses blessures mettent à découvert ? Et y a-t-il moyen, ô Seigneur, de faire paraître plus lumineusement ceci : que vous êtes doux et suave, et d'une immense miséricorde ? Personne, en effet, n'a une plus grande pitié que celui qui donne sa vie pour des condamnés à mort. Aussi, mon mérite, c'est la miséricorde de mon Seigneur. »

Sa miséricorde, le Seigneur nous l'a manifestée de beaucoup de manières : par ses jeûnes et ses veilles, par ses prières, ses sueurs, ses fatigues et ses larmes ; il a été aussi flagellé ; il a souffert, il a été crucifié, pour suppléer de la sorte à tout ce qui nous manque.

3. Ce qui doit nous porter à l'espérance de la béatitude, c'est l'amour vraiment supérieur du Christ Jésus. N'est-ce pas cet amour qui l'a poussé et comme contraint de mériter notre salut au prix de tant de souffrances? Et ce salut une fois assuré, pour que nous n'allions pas le perdre, il a mis le plus grand soin à nous donner des Anges protecteurs, les Ecritures pour notre instruction, avec ses

propres exemples, et les exemples de ses saints, pour nous montrer le chemin ; enfin il nous a donné son corps et son sang qui nous fortifient.

4. Il prouve qu'il a la véritable espérance, celui qui résiste au mal virilement, et qui s'affermit dans le bien : celui-là aussi qui entreprend, en homme de cœur, des œuvres difficiles, et qui y persévère avec courage. Il est écrit : « Ayez bon courage, et que votre cœur s'affermisse, vous tous qui espérez dans le Seigneur >" (Ps. jo, v. 25).

5. C'est la preuve d'une espérance fausse que de transgresser ses vœux ou les commandements de Dieu, de n'avoir pas le souci de s'amender conformément à l'Ecriture, de trop présumer, sans mérites, de la bonté de Dieu. Une espérance semblable est vaine. <.< L'espérance de l'impie, c'est comme un flocon de laine emporté par le vent, ou une écume légère que disperse la tempêté, comme la fumée qu'un souffle dissipe, et le souvenir de l'hôte d'un jour qui passe » (Sagesse, cb. 5, v. 14).

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