‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 114 sur 161 · CHAPITRE XXIII La Joie · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII La Joie

i . La véritable allégresse ou la joie consiste à trouver notre charme et notre consolation en ce que Dieu possède, s'il est vrai que tout ce qui peut nous réjouir se trouve en lui : la puissance, la sagesse, la bonté, la libéralité, la beauté, la bonté, la miséricorde, la justice, la vérité, la noblesse, la sainteté, la douceur, la fidélité, l'amour, l'humilité, et autres perfections de ce genre. Tout cela est à l'infini et éternel en Dieu (i).

2. Celui-là a la vraie joie qui fait toutes ses actions avec une conscience sincère, qui ne transgresse jamais, sciemment, ses vœux ou les comman-. déments, et qui veut toujours progresser et se conformer aux exemples de Jésus-Christ et à ses mœurs

(1) On se souvient que l'auteur, au premier chapitre, a déjà signalé ces mêmes perfections divines comme l'objet de la charité. Il y a avantage à rapprocher ces deux chapitres puisque la joie n'est pas, à proprement parler, une vertu, mais un acte de la vertu de charité. Celui qui aime Dieu se réjouit de ce que Dieu, son ami, possède toutes les perfections.

divines. L'apôtre saint Paul se réjouissait d'une telle conscience et s'en glorifiait : « Ce qui fait notre gloire, c'est le témoignage de notre conscience que nous nous sommes conduit dans le monde, et particulièrement envers vous, avec simplicité et sincérité devant Dieu, non pas avec une sagesse charnelle, mais avec la grâce de Dieu » (IIe lett. aux Cor., cb. i, v. 12).

3. Que Dieu, infiniment bon, se soit uni, entre toutes les créatures, la seule créature humaine, au point qu'on puisse dire vraiment que Dieu est homme et que l'homme est Dieu, et tout ce que Dieu a par nature, l'homme le possède par grâce, cela ne doit-il pas provoquer en notre âme une joie véritable ? « Dieu ne s'est pas uni aux Anges, mais au sang d'Abraham » {Epître aux Hébreux, cb. 2, v. 16). « N'est-ce pas quelque chose de grand et de merveilleux, s'écrie saint Jean Chrysostome, que notre chair soit assise, au ciel, bien haut, et que les Anges et les Archanges l'adorent! » (1)

Autre motif de joie : Dieu nous a rendus certains du bonheur éternel, bonheur garanti par les pro-

(1) L'auteur ne cite pas textuellement, il reproduit plutôt la pensée de saint Jean Chrysostome : ? homélie sur V epître aux Epbésiens, P. G. t. 62, col. 25 : « Que Dieu ait fait asseoir le Christ, au-dessus de toute principauté... c'est vraiment grand et admirable »... ; col. 27 : « les anges, les archanges et toutes ces puissances le craignent et le révèrent. »

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