‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 116 sur 161 · LA JOIE · texte numérisé non relu

LA JOIE

même témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Si nous sommes fils, nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ » (Rom., cb. 8, v. 16 et /7). L'apôtre saint Paul avait cette certitude : « J'ai l'assurance que ni la mort, ni la vie... ni aucune créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu en Jésus-Christ » (Rom., cb. 8, v. 38 et 39) (1).

5. La joie est fausse lorsqu'on trouve son plaisir en ce qui passe : biens temporels, amitiés sensibles, avantages physiques, joies de ce monde ; cette joie nous enlace dans la tristesse. En effet, comme tout cela passe, la joie s'en va aussi, et la tristesse vient ensuite. Et si cette tristesse ne se retire du cœur, la joie véritable n'y entrera jamais : l'une et l'autre ne peuvent être ensemble, tels l'eau et le feu, qui s'excluent mutuellement.

Vous avez aussi parfois une joie toute naturelle à penser aux perfections de Dieu, à en parler ou à en entendre parler, ou à lire un traité de ses perfections, vous avez même de la joie à désirer le royaume du ciel (tous, en effet, nous désirons instinctivement le bonheur), mais cette joie purement naturelle est

(\) Ce témoignage de l'Esprit-Saint — sa parole intérieure — rassure le chrétien et lui donne une certitude — qui laisse entières les obscurités de la foi, — certitude personnelle, incommunicable, qui n'a de valeur que pour celui qui en est favorisé, mais qui lui suffit amplement pour mener jusqu'au bout le bon combat.

vaine, et il est difficile de reconnaître si on a affaire à une joie qui vient de la grâce et de Dieu, ou si ce n'est qu'une joie naturelle (i). Il serait heureux celui qui pourrait dire avec Isaïe : «Je me réjouirai dans le Seigneur (mon créateur) et mon cœur sera ravi d'allégresse en mon Dieu (rédempteur), parce qu'il m'a couvert du vêtement du salut » (ch. 61, v. 10).

(i) Ce paragraphe de la fausse joie corrige un peu le précédent. La joie du bien divin qu'il y a en nous (la grâce) n'est pas complète ici-bas, elle s'accompagne d'une certaine tristesse, puisque cette vie divine, il reste toujours possible que nous la perdions. La joie du Bien divin en soi est plus parfaite : nous nous réjouissons de ce que Dieu est Dieu, de ce qu'il a toutes les perfections, et de ce que personne ne peut lui ravir, ni diminuer en rien, essentiellement, le bonheur infini qu'il ressent en luimême et de lui-même.

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