LA TRISTESSE
5. Sans prêter attention aux dispositions souverainement sages de Dieu, se désespérer à cause de la perte des biens temporels ou se mettre à la torture (1) à cause du malheur ou de la mort de ses amis, ou pour une infirmité physique ou une réprimande, c'est un signe d'une tristesse mal fondée. Une tristesse semblable n'apporte aucune grâce, et elle met, pour ainsi dire, l'âme en pièces. << Comme la teigne nuit aux vêtements et le ver au bois, ainsi la tristesse ravage le cœur de l'homme » (Prov., cb. 2y, v. 20). « Le chagrin de l'âme jette l'esprit dans un profond abattement » {cb. /5, v. 10).
(1) Ce mot désigne une affliction excessive, car il est naturel de s'affliger quand on a perdu quelque chose que l'on aimait. Notre-Seigneur, dans sa parabole, ne semble pas blâmer « la femme qui ayant dix drachmes, si elle en perd une..., cherche avec soin jusqu'à ce qu'elle l'ait retrouvée » {Luc, cb. /5, v. 8), et se réjouit ensuite avec ses amies et ses voisines. Cette douleur est trop humaine pour qu'on puisse s'en défendre. Mais elle est mauvaise, si elle nous trouble tellement qu'elle nous empêche de « considérer les ordres de la sage providence de Dieu » pour nous y soumettre et accepter, avec résignation, le malheur et les épreuves qui cachent une grâce de Dieu et nous rapprochent davantage de lui.