CHAPITRE XXXVII Le Mépris du monde
i. Le véritable mépris du monde consiste à renoncer aux biens et au faste du siècle, aux dignités et prélatures spirituelles, à se détacher aussi de toute amitié et des mœurs mondaines, à cause de l'espérance de l'éternelle béatitude. Saint Jean nous y exhorte par ces paroles : « N'aimez point le monde, ni ce qui est dans le monde »(/re lettre, ch. 2, v. 1 5).
2. Saint Augustin avait ce mépris : il ne prenait aucune joie à tout ce qui se faisait dans le monde; et tandis qu'il parlait à sa mère avec grande douceur, le monde lui déplaisait et s'avilissait avec tous ses plaisirs (1). Sainte Agnès aussi, sainte Catherine, sainte Cécile et d'autres vierges ont méprisé les royaumes de ce monde et tout l'éclat du siècle à cause de l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
3. Le monde, à la fin, est tellement infidèle à ceux qui l'aiment que cela doit nous exciter à le mépriser et à le hair lui-même! Les hommes du
(1) Confessions, livre 9, ch. 10. P. L. t. 32, col. 774-