‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 149 sur 161 · CHAPITRE XL La Confession · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL La Confession

i et 2. La confession véritable consiste à manifester, sincèrement et sans rien voiler, ses péchés au prêtre qui a les qualités requises par les lois (de l'Eglise). Notre-Seigneur (i) a imposé cette confession, en disant aux lépreux : « Allez, montrez-vous aux prêtres » (Luc, cb. iy,v. /4). Et saint Jacques : « Confessez donc vos fautes l'un à l'autre » (cb. 5, v. 16).

Une confession conforme à la vérité exige qu'elle soit entière, pure, discrète, fidèle et parfaite, selon cette parole des Lamentations de Jérémie : « Répandez votre cœur comme de l'eau devant la face du Seigneur » (cb. 2, v. /9).

Le fait de « répandre »> indique l'intégrité. Caries péchés dont on ne s'est jamais confessé, on ne doit

(1) Il y a d'autres paroles de Notre-Seigneur, qui fondent, mieux que celles-là, la nécessité de ,1a confession : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel » (Matt., ch.18, v. 18). « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez » (Jean, cb. 20, v. 23).

pas intentionnellement les dire goutte à goutte, mais tous les péchés auxquels on peut penser en même temps, il faut les répandre tous ensemble devant un seul prêtre (i).

« Comme de Veau », cela désigne la simplicité et la pureté de la confession. On ne doit pas faire sa confession par crainte servile ou par force, mais purement à cause de Dieu.

« Répandez votre cœur », on exprime par là la discrétion. Il n'y a pas que les paroles et les actes, ni les péchés d'omission ou de commission à confesser, il faut dire aussi les pensées mauvaises et les affections auxquelles on s'arrête, les intentions désordonnées ainsi que la volonté de nuire, les jugements malveillants et les soupçons téméraires. Car, au grand jour du jugement, dit Origène (2), ce sont les pensées qui accuseront les âmes et les défendront, non pas les pensées que nous aurons alors, mais celles que nous avons maintenant en

(1) Le P. Truillet, pour rendre ce passage plus intelligible, l'a traduit largement ; voici sa traduction : « Répande^, ce qui signifie l'intégrité de la confession ; car il n'est point permis de distribuer entre plusieurs prêtres les péchés graves qu'on n'a jamais accusés, ce qui n'est point répandre ses fautes, mais les laisser couler, pour ainsi dire, goutte à goutte. Il faut, au contraire, répandre aux pieds d'un seul et même prêtre tout ce dont notre mémoire nous rappelle, en ce moment même, le souvenir », p. 250, 251 ; et P. Berthier, p. 228/229.

(2) Sur le 2e ch. de l'épitre aux Rom. P. G. t. 14, col. 894.

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