CHAPITRE VINGT-HUITIÈME
Quel est l'héritage du véritable pauvre d'esprit en cette vie.
Mon héritage en cette vie n'est pas, et ne sera pas autre, car je n'en veux nul autre, que d'être inconnu, méprisé, le dernier de tous, en sorte qu'on n'ait pour moi nulle attention, nulle estime, nulle considération, n'en méritant aucune, pauvre et méprisable comme je le suis. C'est pourquoi, de toutes mes forces, jour et nuit, intérieurement et extérieurement, je tâcherai d'entretenir en moi ces désirs, afin que lorsque l'heure de leur réalisation viendra, j'y sois préparé, l'ayant attendue depuis longtemps. Aux grands, les grandes choses; aux doctes, aux hommes de réputation, les honneurs ; ce n'est pas pour moi que ces choses sont faites. Je veux volontiers me contenter des petites et des moindres, n'étant moi-même d'aucun prix. La seule face de l'Époux me suffit.