‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 45 sur 161 · I. Ps. XX VI · texte numérisé non relu

I. Ps. XX VI

Tant que dure cet état de malaise, on ne saurait atteindre à l'union au Verbe el jouir de cet embrassement de l'Époux, auquel il faut être tout entier.

Si quelqu'un veut vraiment et efficacement cet embrassement du Verbe, de l'Époux, il faut qu'il soit à ce point dépouillé, libre, vaillant et dégagé de tout, qu'il n'ait, pour ainsi dire, ni choix, ni désir, ni dans les grandes, ni dans les petites choses, mais qu'avec Dieu même il s'en repose sur les desseins éternels de sa Providence. 11 doit, pour la paix du cœur, ne dépendre en rien ni de l'estime des hommes ni des événements; mais quoi qu'il arrive, à travers tout et au moyen de tout, il doit s'efforcer de se renouveler incessamment dans ce regard assuré qu'il porte sur le Verbe, et dans son union avec lui, union dans laquelle il doit se maintenir puissamment, constamment, pour le dedans comme pour le dehors.

Pour cela, il est nécessaire qu'il se fasse une âme dilatée, libre et dégagée, dont rien ne gêne les allures, et qu'il exclue tout ce qui n'est pas Dieu, afin que rien d'étranger à lui ne puisse pénétrer jusqu'au sanctuaire du cœur. 11 faut que cette àme s'endurcisse, à la façon de la pierre, devant les événements, de sorte qu'elle n'en reçoive nulle atteinte, mais qu'ils reculeut devant cet obstacle qui les repousse. Qu'est-ce qui pourrait l'empêcher de se faire ainsi un gain

de toutes choses? En tout ce qui arrive, qu'elle se dise donc toujours : « Le Seigneur a voulu ceci ou cela, afin que j'en devienne plus parfait et plus agréable à ses yeux. »

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