‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 47 sur 161 · CHAPITRE TRENTE-SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-SIXIÈME

Quel fruit il faut retirer des exercices du culte et des Sacrements.

Considérer toutes choses d'un regard pénétrant, et, dans la mesure du possible, se perdre

dans la pure et essentielle fruition de la simple Vérité'; se transformer, en quelque sorte, pour ne faire qu'un avec l'Amour et, établi ainsi totalement en dehors de soi, ne désirer pas moins le bien et l'avancement du prochain que son propre avancement; recevoir extérieurement les divins sacrements avec une dévotion très grande et un souverain respect, et en goûter efficacement la vertu dans l'intime de l'âme, afin d'être un avec le Christ, de demeurer en lui et lui en nous. C'est pour arriver à cette union et à cette inhabitation que Dieu a disposé toutes choses* : tels sont le fruit, l'effet, la fin qui ont été prévus de Dieu, et qui consistent à ramener l'âme à son

i. L'auteur parle ici de la contemplation mystique. S'inspirant de la terminologie de Ruysbroeck, il l'appelle une fruition essentielle de la simple vérité. Cette contemplation se fait au fond même de notre être, dans cette région profondément cachée où Dieu habite. L'âme y est pour ainsi dire revenue à sa simplicité foncière; et ses mouvements, dégagés de toutes les complications que comporte le jeu ordinaire de nos puissances, semblent avoir revêtu la pureté même de l'essence. De là le nom de fruition essentielle. Cf. Ruysbroeck, L'anneau, ch. x (trad. franc., t. III, p. 260.)

2. Ruysbroeck, parlant de l'union à Dieu, avait dit de même : « C'est dans ce but que Dieu a créé le ciel et la terre, et toutes choses; dans ce but aussi qu'il s'est fait homme, nous a instruits et nous a consacré sa vie, se constituant enfin lui-même la voie qui mène, à cette unité. » (Noces spirituelles, 1. II, ch. 1, trad. franc., t. TU, p. 8$.)

origine première c'est-à-dire à Dieu lui-même. Faire tout le bien qui se présente, supporter tous les maux qui arrivent, telle est la vie du chrétien. Quant aux événements extérieurs, qu'ils nous élèvent ou qu'ils nous abaissent, tous passent avec le temps, et il n'y a pas lieu de s'en préoccuper. Appliquons-nous donc à agir avec zèle et avec ferveur selon la grâce qui nous est donnée, et demeurons bien tranquilles pour ce qui concerne les dispositions du Seigneur envers nous et envers les autres. Tout ce que le Seigneur n'aura pas voulu ou ne voudra pas nous accorder, trouvons-le bien, et conformons notre volonté à la sienne.

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