‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 50 sur 161 · CHAPITRE TRENTE-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-NEUVIÈME

Gomment le cœur devient libre et léger.

Rien n'allège le cœur et ne le rend libre, rien ne l'affranchit de l'anxiété, rien ne le rend généreux devant le Seigneur : rien ne fait plus aisément rentrer daus le recueillement l'homme intérieur, après les distractions du dehors et les multiplicités où il s'est rencontré, que le détachement de tout intérêt propre. En toutes choses, intérieures ou extérieures, temporelles ou éternelles, il doit ne se laisser guider par aucune recherche personnelle, ne se tourner vers rien que ce soit qui le détournerait de Dieu, n'avoir aucun désir, aucun attachement propre. Au contraire, il poursuivra de toutes ses forces tout ce qui est de l'honneur et de la gloire de Dieu, tout ce qui concerne le bien commun, le salut, la paix générale, sans regarder s'il y trouve ou non son avantage.

L'homme arrivé à cette stabilité d'âme n'est pas porté à se dérober à aucune de ses obligations, petites ou grandes, lui qui peut voir, entendre, considérer, apprécier tout ce qui se dit ou se fait contre lui, ce qui est bon ou mauvais chez les autres, ce qui peut lui nuire, l'offenser, l'amoindrir, en un mot tout ce qui est incom-

modité, mépris, abjection; qui peut voir également ce qui est à son honneur et à sa gloire, sans que rien puisse altérer le moins du monde sa tranquillité. Aussi, cette âme ne se répandelle pas sur les biens sensibles : elle passe outre, elle se renferme dans cette fruition intime de la simple vérité et du chaste amour, afin que, rien ne l'empêchant plus de posséder ce bonheur, elle soit désormais toute en toutes choses avec Dieu.

TABLE DES MATIERES

Préface

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