‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 77 sur 161 · LA PAUVRETE · texte numérisé non relu

LA PAUVRETE

qu'ils deviennent noirs et que le vieux corbeau consente à les secourir, Dieu les nourrit bénévolement avec la rosée du ciel, et avec des insectes et des mouches qui s'attachent à l'écume de leur bec, parce que, comme ils ont toujours faim, ils crient très fort et ils ont constamment le bec ouvert.

5. Celui-là prouve que, loin d'être pauvre, il est avare, lorsqu'il demande des présents sans nécessité, ou s'il en reçoit fréquemment et avec plaisir. Il ne sait pas qu'il vend sa liberté. C'est vendre sa liberté que de recevoir des présents, a dit un philosophe (1). Et le Deutéronome nous défend d'en recevoir, parce que « les présents aveuglent les yeux des sages et corrompent les paroles des justes » (cb. 16, v. 19).

Comment aimerait-il la pauvreté, celui qui n'est pas capable de manquer de quelque chose et à qui il ne suffit pas d'accepter des cadeaux, mais qui en demande, qui les extorque habilement, et qui les garde sans aucune nécessité ?

(1) Publius Mimus (que le P.Robert, dans « Aurifodina », t.l, p. xn, appelle Mimus Publianusj — il vivait au 5e siècle avant Notre-Seigneur.

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