CHAPITRE VIII La Prudence
i . La prudence parfaite et véritable s'applique constamment à la connaissance de la nature divine et de la grande misère de l'homme. Saint Augustin soupirait après elle quand il s'écriait : « O Dieu toujours le même, puissé-je vous connaître et me connaître moi aussi ! » (i)
2. Celui qui possède la vraie prudence travaille à reconnaître avec soin ce qu'il y a de meilleur, et il s'y attache de toutes ses forces ; ce qu'il y a de plus mauvais aussi, et c'est de tout cœur qu'il le déteste. Fréquemment il examine et compare le sort futur des bons et des méchants : quelle jouissance ce sera pour les uns que d'être unis à jamais au Souverain Bien, quelle peine amère pour les autres que d'en être séparés éternellement ! De tous ses efforts, il évite tout ce qui éloigne, même pour un temps, de la familiarité avec Dieu, autrement dit :
(i) Livre second des Soliloques, ch. \, P. L. t. 32, col.