LA FORCE
et il eut la force de poursuivre ses ennemis (/er liv. des Rois, cb. /4, v. 28). Et Moïse fut tellement réconforté par la suavité que son âme éprouvait de la vision de Dieu et de son entretien avec lui, que, durant quarante jours, il n'eut pas besoin de nourriture {Exode, cb. 24, v. 18).
4. La fonction de la force, c'est d'affermir l'intelligence dans la connaissance de Dieu, et la volonté dans l'amour de Dieu et du prochain, de fortifier l'àme au milieu des adversités pour qu'elle ne s'en effraie pas, et en plein succès, afin qu'elle ne s'y laisse pas amollir ; de même, la force excite l'âme à l'exercice continuel du bien, et elle la soutient au point que le mal ne la domine jamais. Cette dernière force, Tobie l'avait en partage; l'autre était celle de Mathathias et d'Eléazar, de Job et de Daniel. Saint Paul et saint Etienne eurent la première. Celui qui reconnaît en soi-même quelque chose de cela, peut être sans inquiétude : il a la preuve qu'il possède la vraie force.
5. Et une preuve, au contraire, d'une force qui n'est pas la vraie, mais qui est très mauvaise, c'est de commettre contre Dieu quantité de gros péchés. Saint Anselme dit à ce propos : « Pécher, ce n'est pas être libre, ce n'est pas non plus une partie de la liberté », pécher, c'est bien plus une impuissance qu'un pouvoir, car le malheur et le mal ont sur une personne d'autant plus d'empire qu'elle est
o6 LE PARADIS DE L'AME
capable de faire ce qui n'est pas de son intérêt (i). s< Malheur à vous qui pouvez boire beaucoup de vin, disait le prophète Isa'ie, et qui n'êtes forts que pour vous enivrer » (cb. 5, v. //). Les persécuteurs de l'Église, rois et princes, ont eu jadis cette puissance ; elle est aujourd'hui encore, et elle sera toujours celle de l'Antéchrist et de ses associés.
(1) Dialogue sur le libre arbitre, ch. 1". P. L.t. 158, col. 490 (la première phrase seule est textuelle).