‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 98 sur 161 · CHAPITRE XV La Concorde · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV La Concorde

i et 2. La véritable concorde avec Dieu consiste à s'unir à la volonté divine dans le bonheur comme dans l'adversité, et à se conformer, autant que possible, aux mœurs divines et aux exemples du Christ Jésus. « Que l'homme imite son Créateur, dit saint Jean Chrysostome, et qu'il fasse, lui aussi, œuvre divine, à la mesure de ses forces, rien de plus convenable » (i). Cette union des volontés, Notre- Seigneur la demandait pour nous, à sa dernière heure : « Père, comme vous êtes en moi, et moi en vous, qu'ils soient en nous, eux aussi » (Jean, ch. /7, v. 21).

La véritable concorde avec le prochain consiste à avoir, en toutes choses, les mêmes goûts que les autres, et les mêmes sentiments, en ce qui regarde Dieu. Il en était ainsi dans l'Église primitive : « La

(i) 38e homélie sur S. Matthieu. P. G. t. 56, col. 842. Ces homélies, au nombre de 54, appelées : « Ouvrage incomplet », pour les distinguer de 91 homélies authentiques de S.Jean Chrysostome, sont d'un auteur arien du 5* ou du 6° siècle.

multitude des fidèles n'avait qu'un cœur et qu'une âme » {Actes, cb. 4, v. 32) pour le service de Dieu. C'est encore, — pour que nous en gagnions beaucoup, — nous conformer aux autres, dans la nourriture et la boisson, dans le sommeil, dans la manière de faire et dans les œuvres qui ne sont pas contraires à notre profession, ni à la loi de Dieu ou à la perfection. L'apôtre saint Paul dit de lui-même : «Je me suis rendu faible avec les faibles, pour gagner les faibles ; je me suis fait tout à tous, afin de les sauver tous » (/re aux Cor., cb. 9, v. 22). -

3. Ceci doit nous faire aimer la concorde : elle est une grande louange à Dieu, et elle lui plaît beaucoup. Il l'a dit lui-même par Salomon : « Trois choses me plaisent, et elles sont agréables au Seigneur et aux hommes : la concorde entre frères, l'amitié entre les proches, et la bonne entente du mari et de la femme » {Eccli., cb. 25, v. 1). Alors, hommes faibles et misérables, nous gardons icibas ce que les anges n'ont point voulu conserver au ciel !

Le souci qu'avait le Christ Jésus de mettre de la concorde entre Dieu et les hommes doit aussi nous la faire aimer ; de même, il établissait la concorde entre ses disciples, lorsqu'ils avaient discuté entre eux qui était le plus grand {Marc, cb. 9, v. 33) et lorsqu'ils s'indignaient contre les deux frères Jacques et Jean, parce qu'ils voulaient s'assepir, l'un à la droite du Christ, et l'autre à sa gauche {Matt.,

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